Mort de l'ange noir du rock and roll, Lou Reed, hommage d'un blogueur à un rockeur

Publié le par dan29000

Lou Reed is dead, c'est le mensuel Rolling Stone qui nous l'apprenait dimanche soir. Bad sunday !

 

L'homme de Brooklyn avait tiré sa révérence.

 

Pratiquant le piano dès son enfance, il fut une des nombreuses victimes, adolescent, de la psychiatrie US qui pensait qu'il fallait combattre l'homosexualité par des électrochocs dévastateurs. Très tôt le rock and roll influença sa vie. Il se mit donc à jouer et à écrire des chansons et de la poésie. C'est au milieu des sixties que prend forme sa carrière, en rencontrant Nico, John Cale et Andy Warhol et sa factory. Il est difficile en 2013 de se rendre compte de l'aspect subversif et provocateur des chansons de Lou Reed à cette époque, traitant de la mort, de l'homosexualité, de la transexualité et du sexe en générant, sans oublier la drogue dont abusait tout le milieu underground artistique. L'histoire du Velvet Underground fut brève. Lou Reed se retira de la scène, puis revint en solo pour quelques décennies.

Puis ce fut l'immense succès de l'album Transformer en 1972, produit par David Bowie avec Perfect day, Vicious et surtout Walk on a wild side, repris par plusieurs générations de chanteurs depuis. 36 minutes magiques... 

Puis ce fut Rock and roll animal et le  Live en 1975. Plus tard dans les années 80, il participa au Sun city contre l'apartheid et ce fut surtout le bel album NEW YORK, véritable portrait de sa ville frappée par le Sida et la précarité sociale explosant (Dirty boulevard). Au début des années 2000, The raven parut, sans convaincre, hommage à Edgar Allan Poe, avec la collaboration de David Bowie. Le maître du chanté-parlé nous rendit une dernière visite en Bretagne en 2011 aux Vieilles charrues.

Il était de ces très rares artistes qui composait, écrivait, jouait de plusieurs instruments, photographiait et pouvait mettre en scène leur show, ce qui est rare dans le milieu du rock and roll, hormis David Bowie et une poignée d'autres... 

Enfin la liste des gens qui furent influencés par LOU REED est trop longue pour prendre place ici, mais comme pour David Bowie, son importance fut primordiale dans l'histoire du rock et il en modifia le parcours par la noirceur et la poésie de ses textes, sa rythmique souvent reconnaisssable et sa manière de vocaliser dont s'inspira plus tard Gainsbourg et d'autres. Il y eut un avant et un après LOU REED comme cela fut le cas pour MILES DAVIS dans le jazz.

Sa musique venait de loin, des débuts du blues, disons Robert Johnson, et aboutit plus tard à l'opéra de Bob Wilson... Ce qui lui valait des admirateurs, de Vaclav Havel à Salman Rushdie entre autres. 

En cette triste soirée d'automne pour des millions de gens de par le monde, on peut penser que sa récente grève du foie est en cause...

Durant une carrière exceptionnelle de presque un demi-siècle, il accompagna avec radicalité nos vies et enchanta nos nuits fiévreuses. Dans un monde de plus en plus sombre, il était un de ces artistes rebelles qui savait mettre en mots et en notes, nos rages et nos désespoirs quotidiens. Sa musique vivra bien au-delà de sa présence...

Ce soir Sally can't dance, nous non plus...

 

RIP.

 

Dan29000

 

 

EN DUO AVEC JOHN CALE AU BATACLAN DE PARIS EN 1972

Publié dans musiques

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