Petit journal "Résistons ensemble", No 124, novembre 2013

Publié le par dan29000

Voici dans le texte le No 124, NOVEMBRE 2013, du petit journal mobile
recto-verso A4


"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et
sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa
rédaction,
à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de réaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article531



sommaire
' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' '

> « Ni oubli ni pardon »

> [ S U R L E V I F ]
Au Petit-Bard, la brutalité d’une expulsion locative

> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Liberté pour Georges Abdallah !
« Sale macaque », crachats et tirs de flashball à Garges-lès-Gonesse (95)
Mort après une décharge de Taser
À Paris, la police « encage »

> [ S A N S P A P I E R S N I F R O N T I È R E S ]
Aux damnés des frontières
Europe : les meurtriers hypocrites versent des larmes de plomb
Pas d’expulsion !
La solidarité = un délit et la délation = un devoir ?
La boucle sans fin

> [ A G I R ]
Lille : Dans le cadre de « semaine pour l’égalité et contre le racisme »
« Mes gênes m’appartiennent »-procès pour refus ADN de Rodolph.

+++++++

RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 124/ Novembre 2013

*/« /**/Ni oubli ni pardon/**//**//**/»/*

Le 11 octobre 2013, après une première relaxe, la cour d’appel du
tribunal civil de Rennes déboute Pierre –ce jeune lycéen qui a perdu
l’usage d’un œil en 2007 suite a un tir policier au Lanceur de Balles de
Défense LBD. Nouvelle génération de flashball en expérimentation sur les
quartiers populaires et les mouvements sociaux. Lorsque la police tue,
ou mutile, on ne peut que constater les efforts entrepris pour salir les
cibles de ces violences et enterrer l’affaire. L’éventualitémême d’un
procès, c’est -à-dire, le simple fait de poser la question de la
responsabilitépolicière est une lutte. Pour Pierre l’affaire frôle le
non-lieu, c’est seulement les éléments, fruit du travail du collectif de
soutien, amenés en main propre au procureur qui ont permis au procès
d’exister. Rien que ça c’est un rapport de force.

En face les policiers sont rodés et ont les moyens de se faire entendre.
Au tribunal, ils jouent àdomicile: la salle est remplie de flics, un
juge complaisant avec les forces de l’ordre qu’il côtoie au quotidien et
leurs avocats, experts, qui savent se montrer agressifs dans la
plaidoirie, le scénario se répète. Et ce, pendant que Pierre se bat avec
les baveux successifs (plus pressés de palper leurs honoraires que de se
bouger sur l’affaire) pour faire accepter ses choix de plaidoirie. Un
exemple frappant du difficile rapport avec les avocats, qui poussera le
jeune homme, soutenu par ailleurs, àse représenter seul lors de l’appel
au civil, expérience libératrice.

Alors la mobilisation s’est construite, sans illusion pour la justice,
mais avec la volontéde faire émerger une parole politique.
Accompagnéd’autres personnes ayant étémutilées - l’organisation
collective, les témoignages de chacun - il s’agit de montrer que ce ne
sont pas des cas isolés, qu’il ne s’agit pas d’accident, et donc qu’il
ne s’agit pas de « bavures». Qu’il ne s’agit pas uniquement du
flashball, mais du flashball et de son monde. Dans ce cas le LDB, cette
arme àfeu àusage militaire qui se tient comme un fusil, avec un viseur
holographique ne laissant aucune place àl’erreur. Arme qui participe
d’une politique sécuritaire dont l’expression est la militarisation de
la police et ses conséquences en termes de mutilation et de morts. Et
dans cet arsenal macabre, le taser n’est pas en reste comme on a encore
pu tristement le constater cette semaine avec la mort d’un homme de 21
ans dans le Loiret.

Alors si la justice reste stérile, le combat qu’on y mène (en plus
parfois de répondre àl’imminence de la menace d’une sentence), est un
moyen de lutter contre l’oubli, d’arracher une dignitévolée, de mettre
ànu ce système qui tue, qui mutile, en toute impunité. L’expérience de
Pierre doit être partagée et permettre de multiplier ces jonctions
encore trop rares aujourd’hui.

Plus d’infos: http://27novembre2007.blogspot.fr/

Contact du collectif: faceauxarmesdelapolice@riseup.net

Écouter le témoignage de Pierre
http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article650 recueilli par l’Actu des
luttes émission de la radio Fréquence Paris Plurielle (FPP 106.3)

*/Chronologie/*

1995, la police se dote du flashball, sont concernées des forces
spéciales comme le GIPN et la BAC.

2002 l’utilisation du flashball se généralise, les révoltes en 2005
servent de prétexte, àun développement de son usage pour toutes les «
violences urbaines».

2007 les révoltes de Villiers-le-Bel serviront ànouveau de prétexte
àl’introduction d’un flashball plus puissant, le lanceur de balles de
défense (LDB).

Le 27 novembre la même année, lors des mouvements lycéen et étudiant
contre la LRU, Pierre est la cible dfun tir de LDB du policier Mathieu
Léglise, il est touchéau visage et perd lfusage de son œil. Il fait
partie d’une longue liste de blessés, tous cibles de tirs policiers au
flashball ou au LDB, comme Joachim en juillet 2009 àMontreuil ou plus
récemment Mme KébéàVillemomble en juin 2013.

2012 le tribunal de Nantes relaxe le flic sous le prétexte qu’il a obéi
aux ordres, Pierre fait appel.

Le 11 octobre 2013, la cour d’appel de Rennes, confirme la relaxe au
civil de Mathieu Léglise.

>  [ S U R L E V I F ]

*/Au Petit-Bard, la brutalit/**/é/**/d/**/’/**/une expulsion locative /*

Les habitants du quartier du Petit Bar àMontpellier ont su s’organiser
et l’association /Justice pour le Petit-Bard/ *a obtenu d**’ê**tre
pr**é**venue par la pr**é**fecture avant toute expulsion*. Mais le 24
septembre sans aucune concertation, huissier et police débarquent pour
expulser un couple de retraités. Dans l’urgence une douzaine de
personnes tente de parlementer, mais l’huissier venu avec la BAC répond
par la violence. Un membre de l’association présent ce jour-làtémoigne:
/« //Il y a un policier qui l//’//a prise par les cheveux, il lui a pris
le bras par derri//è//re et lui a mont//é//jusqu//’//au cou.//»////«
//On avait l//’//impression que/[certains policiers] /cherchaient juste
//à//mettre des coups de matraques, qu//’//ils avaient des comptes
//à//r//é//gler./[…] /Donc, d//é//j//à//dans leur t//ê//te, ils venaient
pour une punition collective. On avait l//’//impression qu//’//ils
avaient affaire //à//des ennemis.//////»/

Suite àl’expulsion quatre personnes sont poursuivies pour « outrages et
rébellion». Le 25 octobre au procès le parquet requerrait trois mois
avec sursis pour les quatre prévenus.

>  [ C H R O N I Q U E D E L ’A R B I T R A I R E ]

*/Libert/**/é/**/pour Georges Abdallah/**//**/!/*

Samedi 26 octobre, près de 400 personnes ont manifestédevant la prison
de Lannemezan pour la libération de Georges Abdallah. Il est détenu dans
les geôles françaises depuis 30 ans, son seul « crime»est son engagement
pour la cause palestinienne. Déclarélibérable depuis plus de 10 ans, il
demeure l’otage de l’État français. Àdeux jours de la manifestation, 8
militant-e-s progressistes et antifascistes ont étéinterpellé-e-s àPau
pour avoir occupéle local du PS afind’exiger sa libération.

*/« /**/Sale macaque/**//**//**/»/**/, crachats et tirs de flashball
/**/à/**/Garges-l/**/è/**/s-Gonesse (95)/*

Il y avait 150-200 personnes àla gare de bus de Garges-lès-Gonesse ce
samedi 2 novembre au rassemblement organisépar le Collectif de soutien
et le Collectif Anti Négrophobie. Il était, une fois de plus,
prouvéqu’il n’est pas bon d’être noir, arabe, immigréet/ou pauvre en
France. Intrusion de la police dans l’appartement de la famille
Saounera, gaz lacrymo, gifle, flashball, coup de poing dans le visage de
la maman, coup de matraque sur la sœur, puis sur un voisin de 70 ans qui
proteste…puis menaces, insultes racistes: /« //Si t//’//es pas contente
rentre dans ton pays//////»//, //« //Sale macaque//////»/, suite àla
protestation des voisins on entend: /« //S//’//ils ne d//é//gagent pas,
allume-les////!//////»/…Quant àun des fils, Amara, que les policiers
sont venus chercher, il était relâchéle jour même. Il était àl’hôpital
le jour du vol de sac àmain avec violence que la Police lui reprochait.
Plus:
http://www.streetpress.com/sujet/113288-sale-macaque-crachats-et-tirs-de-flashball-quand-la-police-reveille-une-tour-hlm


Contacts: https://www.facebook.com/soutiensaouneragarges

*/Mort apr/**/è/**/s une d/**/é/**/charge de Taser/*

Le dimanche 3 novembre dans le Loiret, un jeune homme de 21 ans est
décédéaprès avoir reçu la décharge électrique d’un coup de Taser. Une
dizaine de gendarmes interviennent pour séparer deux cousins qui se
bagarrent. L’un d’eux fait usage de son Taser, le jeune homme meurt dans
la foulée. Une enquête est ouverte, et rapidement le parquet parle de «
phénomène d’alcoolisation massif»et de drogue, comme si cela pouvait
justifier cette mort. Et finalement /« //Le Taser a
//é//t//é//utilis//é//dans des conditions normales, dans un contexte de
violence et d//’//attroupement//////»/, alors de ce côté-làles
conclusions semblent écrites d’avance.

*/À/**/Paris, la police /**/« /**/encage/**//**//**/»/*

Samedi 19 octobre, place de la République, 200 personnes se sont
rassemblées dans le cadre de la journée de mobilisation européenne pour
le droit au logement et contre la spéculation. Vers 14h45, les
manifestants se dirigent vers la bouche de métro. Les CRS interviennent
soudainement pour les en empêcher, les bousculent et les molestent afin
de les encercler en formant une sorte de ronde tout àfait effrayante.
Les manifestants, dont des femmes et des enfants, resteront ainsi «
encagés»3 heures durant. Deux mères de famille s’en sortent avec des
entorses, une dizaine d’autres personnes avec des contusions ou des
côtes fracturées. Cela rappelle des souvenirs pas si lointains
finalement: il y a 3 ans, en octobre 2010, en pleine mobilisation contre
la réforme des retraites, au minimum 600 manifestants lyonnais s’étaient
eux aussi retrouvés séquestrés durant 6 heures place Bellecour àLyon
(depuis une plainte est toujours en instruction et le /Collectif 21
octobre/poursuit la mobilisation autour de l’affaire, infos:
www.collectif21octobre.fr).

>  [ S A N S P A P I E R S N I F R O N T I ÈR E S ]

*/Aux damn/**/é/**/s des fronti/**/è/**/res/*

Des centaines d’Africains subsahariens tentent par la force du nombre de
passer les frontières hérissées de hautes technologies des enclaves
espagnoles africaines de Ceuta et Melilla. 700 migrants les 16 et 17
octobre dont 3 à400 d’un coup par le passage routier du Maroc àCeuta. Un
mois plus tôt, 91 personnes sur 350 avaient réussi àrentrer dans Ceuta
par la zone de Tarajal, pendant qu’une tentative de même ampleur se
déroulait àMelilla. Selon l’association locale Rif des droits de
l’Homme, 41 migrants sont morts dans ces tentatives depuis deux ans.


    Europe: les meurtriershypocrites versent des larmes de plomb

300 noyés en Méditerranée, 9O corps retrouvés au Sahara, que valent ces
vies? Les migrants décédés de Lampedusa reçoivent la
nationalitéitalienne, mais pas les survivants, ils seront sûrement
expulsés. Àpart les larmes de plomb, des crocodiles sont plus humains,
les responsables des « démocraties»ne parlent que de rendre plus
impénétrables les frontières. Frontex, drones, Eurosur, nouveau système
de surveillance électronique, même le droit maritime millénaire est
bafoué : les pécheurs italiens qui ont osésecourir des naufragés seront
poursuivis. Alors que les trusts, monopoles, États, marchands d’armes,
exploiteurs de toute sorte créent des guerres et misères en Afrique.
Mais interdiction de vouloir y échapper. Crevez sur place, voilàle message.

*/Pas d/**/’/**/expulsion/**//**/!/*

Les réseaux militants constatent: il y a plus de jeunes majeurs lycéens
sans papiers expulsés sous le pouvoir socialo que sous l’UMP. La récente
expulsion d’un lycéen arménien Khatchik, 19 ans a déclenchéla
mobilisation de ses camardes, une vingtaine de lycées parisiens sont
bloqués, des milliers de jeunes déambulent en plusieurs cortèges,
débordant les syndicats lycéens et étudiants. Àchaque fois ça gueule,
les têtes de cortège harcèlent voire débordent les CRS. Face àla
circulaire de Hollande suite au cas de Leonarda, qui ne fait que
sanctuariser l’école sans remettre en question la politique migratoire,
des organisations et des syndicats ont appeléàdes manifs le 5 novembre,
pour la rentrée scolaire. Notons que le 17 octobre des groupes de civils
ratissaient Barbès (Paris) et arrêtaient des dizaines de sans-papiers.
La jonction avec les lycéens ne s’est alors pas faite. Ce n’est que
partie remise!


*/La solidarit/**/é/**/= un d/**/é/**/lit et la d/**/é/**/lation = un
devoir/**//**/?/*

Un militant de 70 ans a étécondamnéle 2 octobre par le tribunal du Havre
àune amende de 500 euros avec sursis, il était poursuivi pour avoir
établi deux « fausses»attestations d’hébergement en faveur d’une femme
de nationalitécongolaise sans-papiers afin qu’elle puisse déposer une
demande de titre de séjour. Le tribunal applique donc une loi soi-disant
abrogée en décembre 2012, ouvrant la voie au retour du « délit de
solidarité »qui permet de poursuivre ceux qui auraient « tentéou
facilitéle séjour de sans-papiers sur le territoire». Le 23 octobre, la
sénatrice-maire Natacha Bouchart UMP s’adresse aux habitants sur sa page
face book: /« //il ne faut pas h//é//siter //à//laisser un mail sur
cette adresse/[…] /lorsque vous voyez des no borders ou des migrants
s//’//implanter ill//é//galement dans une maison. Ainsi la police pourra
intervenir/[…] /Les services de la ville arrivent ensuite pour nettoyer
ce qu//’//il est possible et condamner le b//â//timent//////»/. Effrayant.

*/La boucle sans fin /*

Le 2 octobre àLyon, un Tunisien sans papiers de 23 ans s’immole en
pleine comparution devant le juge des libertés et de la détention.
Pendant que le jeune légèrement brûléest hospitalisé, les juges et
greffiers remplaçants décident son maintien en rétention. Deux jours
après le procureur de la République le met en examen pour « tentative de
soustraction àune mesure d’éloignement»et « mise en danger de la vie
d’autrui». Malgrél’émoi et le remue-ménage chez les avocats du service
des étrangers du barreau de Lyon et du syndicat de la magistrature le
juge d’instruction valide les deux motifs de poursuite ainsi que
l’emprisonnement. En fait, trois mois plus tôt, le jeune sans-papiers
résistait déjààson expulsion au pied d’un avion pour Tunis.
Condamnéalors àtrois mois de taule ferme àVillefranche-sur-Saône pour
refus de se soumettre à« une reconduite àla frontière», il était
replacéen rétention dès sa libération. Cinq jours après il s’immolait
devant le JLD.

> [ A G I R ]

*/Lille/**//**/: Dans le cadre de /**/« /**/semaine pour
l/**/’é/**/galit/**/é/**/et contre le racisme/**//**//**/»/*

Forum police/justice: /Comment lutter contre les crimes racistes et les
politiques s//é//curitaires qui stigmatisent prioritairement les
immigr//é//s, les Rroms, l//’//islam et les quartiers populaires////?/le
26 novembre à20h au Cinéma l’Univers.

*/« /**/Mes g/**/ê/**/nes
m/**/’/**/appartiennent/**//**//**/»/**/-proc/**/è/**/s pour refus ADN
de Rodolph./*

Ce procès est en lien avec l’opposition au projet d’aéroport de
Notre-Dame-des-Landes mais il porte avant tout sur le refus de
prélèvement ADN. Rodolphe risque d’être, de nouveau, condamnépour refus
de prélèvement. Disons non au flicage génétique! RDV le mardi 03
décembre 2013 à14h àla cour d’appel de Rennes.




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SOURCE / ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

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