Résistance des Fralib : pourquoi les salariés veulent boycotter Unilever

Publié le par dan29000

Pourquoi les salariés de Fralib veulent le boycott d’Unilever

Entretien, par Benoît Borrits| 18 novembre 2013

Pourquoi les salariés de Fralib veulent le boycott d'Unilever

 
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Alors que les Fralib annoncent une journée de boycott des produits de la multinationale Unilever pour le 7 décembre prochain, Élodie Groutsche, syndicaliste CGT de l’entreprise fait le point sur le conflit qui oppose les salariés Fralib au groupe Unilever depuis plus de trois ans.

 

Regards.fr. Quelle est la situation du conflit suite au jugement du 22 octobre 2013 ?

Élodie Groutsche. Suite à l’annulation le 28 février 2013 du troisième plan social proposé par la direction, le groupe Unilever a décidé de suspendre unilatéralement le paiement des salaires à compter du 1er avril 2013, se retranchant derrière le fait qu’il ne dispose plus des locaux et des machines pour faire travailler le personnel. C’est un faux prétexte. Ces locaux ont été acquis par la Communauté Urbaine de Marseille et restent à la disposition de Fralib si ceux-ci souhaitent redémarrer la production. Nous avons dû saisir le juge d’exécution pour faire préciser la portée de ce jugement. Le rendu du 22 octobre est très clair : suite à l’annulation du troisième plan social, il enjoint à la direction de reprendre la procédure au début et de présenter un quatrième plan social intégrant l’ensemble des 182 salariés y compris ceux qui ont conclu des transactions séparées avec la société.

Le paiement des salaires a donc repris ?

Pas du tout et ce, alors que ce rendu confirme que nous sommes toujours salariés de l’entreprise. Nous sommes dans l’attente de la signification de cette décision auprès de Fralib et dans l’immédiat, la direction est muette. Un comité central d’entreprise a été convoqué le 8 novembre. La réunion a été immédiatement suspendue et il a été convenu de se retrouver le 19 novembre. Il est clair que ce rendu est une claque pour Unilever qui se décrédibilise face au reste du patronat. Désormais, le groupe aurait tout intérêt à ne pas appliquer la décision de justice mais pour cela, il est nécessaire d’engager une négociation sérieuse. Notre objectif est le maintien du site de Gémenos par le redémarrage de notre activité sous forme de SCOP. Mais pour que nous ayons le temps de retrouver des clients et recréer des filières d’approvisionnement, nous exigeons que le groupe nous laisse la marque Éléphant qui n’est utilisée qu’en France et nous confie des volumes de sous-traitance pour quelques années.

Quelles actions envisagez-vous à l’avenir ?

La question est donc directement politique. Lors de la campagne électorale de 2012, le candidat Hollande s’était engagé à tout mettre en œuvre pour sauvegarder l’emploi sur le site de Gémenos. Les promesses doivent être respectées et pour cela, nous organisons le vendredi 29 novembre un meeting de soutien à notre lutte à la Bourse du travail de Paris. Ce meeting sera un écho à celui qui avait eu lieu le 24 février 2012 en pleine campagne présidentielle dans lequel François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Philippe Poutou et Florence Arthaud nous avaient apporté leur soutien. Nous invitons donc tous les partis et personnalités politiques à notre prochain meeting pour préciser leur position quant au soutien à notre lutte.

La pression sur le groupe Unilever ne se relâchera pas et le boycott de l’ensemble des produits Unilever doit s’organiser. Le 7 décembre sera une journée de mobilisation nationale dans tous les supermarchés pour sensibiliser les citoyennes et citoyens aux pratiques de ce groupe. Des tracts seront distribués sur lesquels figureront l’ensemble des marques Unilever. Les consommateurs seront invités à boycotter les produits ou encore mieux, à remplir des caddies de produits Unilever qui seront laissés dans le magasin avec un tract expliquant les raisons de ce boycott.

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SOURCE/. regards.fr

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