Riseup... Mais c'est quoi ? Voilà toute l'histoire de Riseup.net

Publié le par dan29000

La montée de l’État de la Surveillance / L’histoire de Riseup.net

La montée de l’État de la Surveillance

 

Salut à toi, belle âme qui utilise Riseup :

Est-ce qu’on a toujours besoin de fonds pour l’année prochaine ? Oui ! On a rassemblé 55,000$ de dons, c’est fabuleux ! Merci à toi, et pense à faire un don à Riseup dès aujourd’hui, si tu peux, merci.

 

Vu qu’établir des communications privées sûres c’est notre boulot, on voudrait te parler d’une des organisations contre lesquelles on se bat : la NSA (National Security Agency, Agence Nationale pour la Sécurité), au portefeuille grassement garni, aussi connue sous le nom de sombre programme secret des États-Unis pour l’espionnage, pour lequel Edward Snowden a, tout a fait à propos, tiré la sonnette d’alarme.

Savais-tu que la NSA a dessiné une carte du monde entier en se basant sur tous les liens de communication établis par email, chat et transactions financières ? Cette carte leur raconte l’histoire de chacun.e d’entre nous. Elle sait qui on connaît. Elle sait qui sont nos allié.e.s et nos relations au sein du monde activiste.

Et, comme si c’était pas assez gerbant, la NSA essaye de saper la sécurité globale d’internet en installant des portes de sortie dans les standards de cryptage et en les affaiblissant pour pouvoir les espionner au mieux. Illes dépensent $250,000,000 USD par an pour ça. Ça diminue globalement la sécurité de tout l’internet, et rend plus facile aux personnes, gouvernements et sociétés l’exploitation, la magouille et l’espionnage de toutes et tous.

Alors que la NSA clame ne s’intéresser qu’au terrorisme, illes ont déjà ciblé des politiques et des entreprises étrangèr.e.s, notamment au Brésil ou au Mexique. C’est du pur espionnage à l’ancienne, de l’espionnage industriel. Le terrorisme n’est qu’une excuse pour justifier la violation éhontée de nos libertés civiles.

Enfin, on se doit de supposer que tout cela n’est que la partie visible de l’iceberg. On se doit d’imaginer que d’autres agences d’espionnage sont en train de faire le même travail d’espionnage un peu partout dans le monde sans qu’on soit au courant (pas encore).

Qu’est-ce qu’on peut y faire ? On peut se battre contre ça légalement, on peut soutenir les journalistes et les personnes qui lèvent le voile sur ces secrets, et on peut investir dans des infrastructures (comme Riseup) qui construisent des outils alternatifs pour combattre ces barbouzes.

Merci, Amour, et Rage

Les petits oiseaux de Riseup, 22 novembre 2013

 

L’histoire de Riseup.net

Cher utilisatrice, chère utilisateur, de Riseup :

Voici l’histoire qui raconte comment on est devenu.e.s le Riseup d’aujourd’hui. Fais un don si tu peux, merci !

Il était une fois, vers la fin de l’an 1999, quand l’internet était encore dans sa prime jeunesse et que le nouveau millénaire était imminent, deux-trois geeks qui sortirent remonté.e.s à bloc des manifs contre l’OMC à Seattle. Après une semaine de gaz lacrymos, de prison, à se déguiser en papillons de carton et à chanter comme des dératé.e.s, illes s’assirent dans leur salon pour discuter de ce dont le mouvement avait besoin pour la prochaine décennie. De ces réflexions naquit Riseup.net, fournisseur indépendant de listes de diffusion et de courrier électronique. Illes créèrent Riseup à la maison sur deux-trois serveurs, et attirèrent bientôt quelques geeks de plus qui se joignirent à la cause.

Chaque année a vu Riseup grandir de plus en plus, et c’est devenu un peu plus compliqué dans le sens qu’on avait de plus en plus de boulot et de personnes qui comptaient dessus. Certaines personnes sont venues puis reparties du collectif, et on a passé quelques dures années de vaches maigres, où on se demandait si c’était vraiment le meilleur moyen de dépenser notre temps et notre argent. Mais Riseup a survécu, obstinément.

On devint de plus en plus forts en matière de services stables et sûrs. D’autres personnes rejoignirent le collectif, de l’or pour activistes : le genre de personnes qui travaillent dur au quotidien sur les moindres petits détails, le genre à se pointer aux réunions et à prendre vraiment soin de ce projet chimérique, et le genre de personnes qui restent éveillées toute la nuit en période de crise pour exercer leurs talents de hackers hors pair, ce qui tenait du miracle pour celles et ceux du collectif (comme moi) qui sont des écrivain.e.s mais pas des geeks.

Donc quelque part vers 2007, le collectif devint stable en terme de membres, et le groupe d’environ dix personnes d’alors était grosso modo le même qu’aujourd’hui. Dans les huit dernières années on est devenu.e.s un vrai collectif, très lié. On a travaillé ensemble à Riseup pendant longtemps, et doucement mais sûrement, pour la plupart d’entre nous, ça a pris une place prépondérante dans nos vies. On célèbre nos fêtes importantes ensemble — pour celles et ceux d’entre nous qui vivent pas loin les un.e.s des autres — et on prend véritablement soin les un.e.s des autres. Un des plus beaux succès cachés de Riseup c’est quand Gadfly et Arara se sont rencontré.e.s dans un de nos refuges et sont tombé.e.s amoureu.se.s. Parfois on s’est énervé.e.s, on a eu des conflits, on s’est mis.es en colère (on est des êtres humains, pas des robots, après tout), et ça a même amené certaines personnes à quitter le collectif, mais dans l’ensemble on est resté.e.s étonnamment stables puisqu’à part une personne, on est tou.te.s passé.e.s du stade de radical.e jeune, fièr.e et rêveur.euse à celui de radical.e d’âge moyen, bougon.ne et rêveur.euse.

Et puis aussi, au cours des huit dernières années, Riseup est devenu une force avec laquelle compter. On est la plus grande association bénévole qui fournit des courriers électroniques dans le monde, en dehors des systèmes universitaires. On fait tourner un des nœuds TOR les plus utilisés au monde. On est souvent cité.e.s et répertorié.e.s comme l’un des seuls fournisseurs d’internet éthique, autonome et sûr. Au niveau légal on a eu à en découdre avec la droite bien de droite qui voulait nous forcer à balancer des infos sur nos utilisatrices et utilisateurs, et on a gagné. On utilise et développe des logiciels qui assurent grave. On s’organise avec d’autres collectifs techniques de part le monde pour voir ce qu’on peut faire pour contrer l’espionnage généralisé et comment on peut continuer à bosser là-dessus ces dix prochaines années. On a de grands cœurs, et de grandes idées, et on pense bien gagner.

Donc voilà c’est nous. Ou tout du moins une des histoires qui circule sur nous. Soutiens-nous si tu peux !

Bises,

Les petits oiseaux de Riseup, 16 novembre 2013

 

SOURCE / JURALIB

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