Argenteuil : une grève des loyers pour dénoncer l'état du foyer des remparts

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ARGENTEUIL POUR DÉNONCER L’ÉTAT DE LEUR FOYER, ILS SUSPENDENT LE PAIEMENT DU LOYER

La colère des Chibanis

Maïram Guissé | Publié le 4 janv. 2014, 07h00

 

 

 Argenteuil. Des résidents du foyer des remparts souhaitent que la cafétéria, qui a brûlé, soit refaite.

Argenteuil. Des résidents du foyer des remparts souhaitent que la cafétéria, qui a brûlé, soit refaite. (LP/M.G.)

Des résidents du foyer des remparts à Argenteuil en ont ras-le-bol. Dans le hall, des feuilles avec le titre « en grève » s’affichent sur les portes de l’ascenseur. Le plafond encore noirci par l’incendie qui s’est déclaré dans la cafétéria toujours fermée - le 2 mai dernier, mine les visages des chibanis(NDLR : qui veut dire vieux en arabe). Ces travailleurs migrants venus en durant les Trente Glorieuses sont nombreux à vivre leur retraite dans des foyers comme ceux d’Argenteuil.

Leurs revendications? « Que des travaux soient enfin réalisés. Nous voulons que les lieux soient sécurisés, notamment au niveau des portes d’accès, que la peinture des chambres soit refaite et l’entretien mieux pris en charge… », précise Letaïef Dhraoui,  du comité des résidents. Pour se faire entendre, ils ont décrété la grève qui se traduit pour certains d’entre eux par l’arrêt du paiement de leur loyer.

A l’instar de Messaoud. Jamais, ce retraité de 73 ans, arrivé à Argenteuil en 1951 et dans ce foyer, géré par Adoma (ex-sonacotra) en 1972, ne s’est mis en grève. « C’est la première fois que je fais cela », insiste-t-il, entouré de quelques voisins. Chaque mois, il a toujours versé les 257 € de loyer pour une chambre de 7m². « Mais là c’est trop. La cafétéria, c’est le lieu de rencontre, où l’on aime se retrouver, on ne peut pas laisser cette pièce fermer », insiste-t-il. Quelque part, il se sent isolé. Comme Mahmoud, 76 ans. « Si un feu arrivait dans un immeuble HLM, on ferait les travaux nécessaires, alors pourquoi on ne fait rien pour nous, réagit-il. On ne demande pas grand-chose, juste que notre cadre de vie soit digne et que les travaux soient lancés », martèle-t-il. A ses côtés, Sebti, 67 ans, peste : « on ne vit pas, on survit ». « Ici, on partage notre quotidien avec les cafards… », reprend le retraité. L’état des chambres fait aussi débat.

Dans ce foyer, où vivent 350 résidents, la population a vieilli. « 70% sont retraités », indique Letaïef Dhraoui. Comme pour le foyer de la Butte-blanche à Argenteuil, il souhaite une réhabilitation des lieux afin d’adapter la résidence au vieillissement de la population. « Des rambardes pourraient être installées dans les toilettes et salle de bains par exemple », détaille Letaïef Dhraoui.

Une réhabilitation est prévue par Adoma. « Il y a un an, nous avons installé l’ascenseur dans le cadre du vieillissement de la population pour un budget de 200000 €, rappelle William Wermert, directeur territorial adjoint d’Adoma. Le foyer des remparts doit être réhabilité, mais le conseil de consultation des résidents doit valider les plans présentés or, il a du retard. » Concernant les autres revendications des résidents, Adoma assure les entendre. « Après l’incendie, il y a eu une mise en sécurité », insiste Clarinda Neiva, directrice territoriale d’Adoma. Son adjoint reprend : « la cafétéria sera refaite et deviendra aussi un espace polyvalent avec un distributeur de boissons et une machine à laver, cela coûtera plus de 100000 €. »
 
SOURCE / CGT OPIHLM ARGENTEUIL

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