Fralib vivra, boycottons Lipton !

Publié le par dan29000

Fralib vivra


Lors d'une soirée-débat suivant une projection de Tous au Larzac à Aubagne, des larzaciens ont rencontré des ouvriers de Fralib en lutte pour garder leur usine. Une aventure qui n'est pas sans rappeler celle des Lip. A soutenir.

 
Plus de trois ans que ça dure. En septembre 2010, les 182 salariés de Fralib, à Gémenos, près d'Aubagne, apprenaient la fermeture du site sur lequel ils travaillent et qui appartient à Unilever, géant mondial des produits alimentaires et ménagers. Dans cette usine on fabrique des sachets de thé et d'infusion sous les marques Lipton et Eléphant.

Résistance ouvrière en Provence

Une majorité des ouvriers de Fralib n'acceptent pas ce démantèlement, refusent les indemnités de licenciement et, forts de leur savoir-faire, expriment le dessein de reprendre l'activité à leur compte. Aidés d'un cabinet d'expertise, ils affinent le projet et optent pour le statut de SCOP (Société coopérative ouvrière de production), qui en plus de sauver leur outil de travail, leur permet de « mettre en œuvre une alternative autheelephant160 fonctionnement capitaliste d'une entreprise », valorisant le capital humain plutôt que le capital financier. S'ils tiennent à sauver leurs emplois, les Fralib entendent aussi donner un sens à leur travail, et inscrivent leur projet dans une vision plus globale, avec la « volonté de respecter l'environnement, les consommateurs, et de développer les productions nationales et locales ». Ils se soucient de l'origine des produits, veulent mettre en place une filière équitable, privilégier les circuits courts et réduire l'impact carbone.
 
Pendant des mois la lutte sur le terrain a été tendue, avec occupation de l'usine et affrontements avec les vigiles embauchés par Unilever, qui conduisent certains à l'hôpital ou au tribunal. Mais depuis septembre 2012, la communauté urbaine de Marseille, qui soutient le projet de SCOP, a acheté le terrain et les bâtiments de l'usine, et Unilever, contraint par la lutte, a cédé l'ensemble de l'outil industriel pour un euro symbolique.
 

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Cependant la lutte se poursuit sur le terrain juridique. En février, une grande victoire a été obtenue avec l'annulation par la cour d'appel d'Aix-en Provence du « plan social » d'Unilever, qui doit reprendre toute la procédure depuis le début, la décision annulant les licenciements. D'autre part un bras de fer est engagé pour l'usage de la marque Eléphant. Cela fait 120 ans qu'elle est en Provence : les ouvriers estiment qu'elle leur appartient et qu'elle doit y rester. Ils en ont besoin pour mettre en œuvre et pérenniser leur projet, et demandent à Unilever de la leur céder, avec les volumes de vente correspondants. Ils jugent qu'Unilever doit ainsi assumer ses responsabilités vis-à-vis de Gémenos. Ce n'est évidemment pas le point de vue de la multinationale, qui a considéré plus rentable de recentrer son activité de thés et infusions sur trois autres sites répartis en Europe, loin des préoccupations de relocalisation de l'économie.
 
En septembre dernier, les machines ont à nouveau tourné sur le site de Gémenos. Des sachets de tilleul, récolté dans la Drôme et certifié biologique, sont sortis de l'usine dans un emballage fabriqué en France. Espérons que cette première production militante préfigure celles à venir de cette SCOP qu'ils s'appliquent jour après jour à rendre possible.
Thierry Castelbou
 
Boycottons Lipton
 
En soutien à leur combat, les Fralib appellent à un boycotter le thé Lipton et toutes les marques de groupe Unilever (il y en a beaucoup : Amora, Knorr, Miko, Carte d'or, Magnum, Fruit d'or, Alsa, Cif, Persil, Dove, Signal, Monsavon, Skip, Omo...).
 
On peut suivre l'actualité de la lutte sur le blog cgt.fralibvivra.over-blog.com et la soutenir financièrement : chèque à l'ordre de « Force et bon thé », Force et bon thé – Bourse du travail – Cours Bomont -13400 Aubagne (compte n° 1984975W029).
 
Un film, Pot de thé/Pot de fer, disponible en DVD, retrace la première année de lutte.
 
SOURCE / LARZAC.ORG

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