Boy, un nouveau roman captivant signé Richard Morgiève, chez Carnets Nord

Publié le par dan29000

Le vrai charme, avec Richard Morgiève, est que cet homme est réellement inclassable. Certes, il est romancier. Mais le réduire à cette fonction qu'il assume depuis plus de trois décennies, serait dommage. Notre homme est aussi un scénariste reconnu, avec une dizaine de films à son actif, et un acteur et parfois un peintre. Quant à l'écriture, là aussi, Richard Morgiève n'est pas qu'un romancier. Il débuta sa carrière en écrivant des poèmes, puis des pièces de théâtre, et même de la littérature jeunesse.

Autodidacte, il est souvent là où il n'est pas attendu. Ce qui est particulièrement excitant dans ce petit monde de la littérature française où tant d'auteurs sont toujours là où nous les attendons !

Idem pour ses romans.

Après le succès de United Colors of Crime en 2012 que nous avions déjà particulièrement aimé, Morgiève revient en ce début d'année avec un nouveau roman tout à fait inclassable vu son originalité.

Originalité affirmée dès le titre : Boy

Boy est une jeune femme...

Fil noir et rouge de ce roman flamboyant, Boy est au centre de ce roman qui avance vite. Au fil des pages se dessine un roman d'amour... Ou plutôt un thriller... Ou plutôt un roman sur les rapports fille-père... Ou encore un roman philosophique sur l'identité sexuelle, un roman questionnant parfois la violence endémique de notre société.

Boy joue, à d'étranges jeux dangereux.

Le roman débute en forêt, non loin de Paris, avec une scène de meurtre. Dès les premières pages, le lecteur est pris au piège et va s'attacher à Boy, personnage d'une grande subtilité.

Boy cherche, se cherche. Ce qui n'est jamais aisé.

S'aimer, se détester, secourir un vieux père ou l'abandonner, cultiver le courage ou la lâcheté ?

Avec brio, le nouveau roman de Richard Morgiève confirme tout le bien que nous pensions déjà de cet auteur lors de la sortie de Mouton et de United Colors of Crime. Ce qui n'est pas peu dire.

 

Dan29000

 

Boy

Richard Morgiève

Éditions Carnets Nord

2014 / 288 p / 18 euros

 

EXTRAIT :

 

« Une panne d’électricité éteint la ville devant eux. À chaque mètre qu’ils font, la lumière recule. Les rues s’enlisent lentement dans l’obscurité, les passants semblent sortir de rien. De temps en temps une enseigne lumineuse résiste, notamment cet Oasis Kaboul jaune et orange, vert. Les phares des voitures entretiennent une illusion, celle d’un monde à la merci de l’homme, un monde sécurisé. Mais le monde n’existe pas, songe Boy. On l’invente pour ne pas crier, ne pas se percer les tympans. »

 

 

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