Répression à Nantes : reportage de Thierry Kruger et autres témoignages

Publié le par dan29000

1 - REPORTAGE SUR LES VIOLENCES AUTOUR DE LA MANIFESTATION DU 22 FEVRIER 2014. Mon ultime caméra s'est perdue là, donc je fais par écrit.

La manifestation contre l'aéroport de Notre Dame des Landes était annoncée depuis plusieurs mois. Sur
Facebook, un site annonçait plus de 5000 "oui" pour venir à celle-ci. Je m'attendais, en extrapolant, à 20 000 personnes pas moins. Les derniers chiffres que j'ai entendu font état de 30 à 40000 personnes. Plus de 30 tracteurs ont convergés tôt vers Nantes.

Un manifestant m'informe que Jean-Luc Mélenchon est présent. Un collègue m'a dit qu'il a vu l'activiste Eric Pététin* en train de filmer, un gars qui a lutté contre une route traversant la vallée d'Aspe en sabotant des engins de chantier et ce qui lui avait valu de la prison.

Vers 13h30 le commissariat en face le CHU, créé sous l'ère Sarkozy, est bombardé de bombes à peintures, un petit feu est devant sa porte. Sa façade et enseigne sont remplies d'éclaboussures roses. A côté une inscription en forme de frise ondulante répète le même slogan : que la police protège le capitalisme et dessous, une autre frise répète 'ah ah ah'.

Vers 14h un engin de chantier - il y a des travaux d'embellissement autour du quai Baco - brûle. Un ouvrier à la retraite est pas content crie que l'engin vaut 20 000 euros. Je compare aux coût de l'aéroport, plus de 1 millard. De fait pas d'ouvrier sur le chantier.

Sur la place du Commerce les cafés ont retirés leurs chaises dehors. La FNAC est exceptionnellement fermée. Un correspondant de EELV m'avait averti qu'on s'attendait à "un beau bordel". Ouest France disait dans son dernier numéro les craintes de la préfecture quant à des incidents.

La préfecture, fait absolument inédit à Nantes, a décidé de barrer de grilles anti-manifestant le débouché vers Commerce du cours des 50 Otages, qui se voit interdit aux manifestants, qui ne peuvent que bifurquer à gauche jusqu'à la place du Commerce. Le long de ces grilles des tracteurs ont été placé en interposition par les syndicats paysans pour éviter les incidents.

Vers 14h30 je suis devant ces grilles. De chaque côté une ouverture de 2 à 3 mètres où se massent des CRS. Au milieu deux camions munis de lance à eau. Outre que c'est la 1ère fois que je vois des grilles, c'est la seconde fois, au moins, que je vois des lances à eau à Nantes.

Vers 15h monté sur un tracteur à 1 m des grilles, les premières bouteilles partent en direction des policiers, une lacrymo tombe à mes pieds et m'enfume, puis ça commence à partir : bouteilles vides contre lacrymos (marque Nobel Securité et GR FL LANCER MA FUM LAC CMO) alternant avec des jets d'eau. Il n'y a pas de bombe au poivre et le jet d'eau, j'ai testé, n'est pas assez puissant pour assommer et donc risquer de tuer.

Des paysans commencent à retirer les tracteurs devant les grilles, l'un d'eux disant 'ce sont des petits branleurs' en parlant des autonomes. Pour avoir longuement observé je puis dire qu'il y avait plusieurs petits groupes, une quarantaine ? auront jeté des projectiles, une centaine auront été en soutien. Un gars utilise une crosse de hockey pour dégager les lacrymos. Des sympathisants restent à côté, en tout quelques centaines de personnes.

Un reste de la manif reste sur les côtés Commerce et CHU, quasi tout du long des 'incidents'. En tout plusieurs milliers de personnes.

A la sortie droite des grilles,les CRS sortent pratiquer un 'arrachage' en capturant un jeteur de projectile, puis enhardis, tentent une sortie. Une charge les repousse. J'entend "Résistance et sabotage!" dans mon dos "Vinci dégage", des filles chantent un célèbre chant de la commune 'gare à la revanche ...'. Le 'hockeyeur' perd sa crosse, que je ramasse.

Des clowns activistes viennent un temps en avant, sous les jets d'eau. Je me tourne, car ma veste est imperméable et pas fermée devant pour le prendre sur le derrière ... La guérilla urbaine commence.

Un jeune homme à barbe légère et chapeau mou, à vélo, vient faire des bulles et s'interposer dans le no man's land. Un écolo ? s'ajoute à ce gars décroissant. J'arrive à mon tour et puis c'est un 4e avec un bonnet phrygien rouge, sensibilité 'Parti de Gauche'. On a l'impression d'être des casques bleus : les pétards filent vers la maréchaussée auxquels répond les grenades lacrymogènes, le sons des bouteilles fracassées sur le sol retentit dans notre dos. On reste sans bouger de longue minutes, alignés tout les quatre en regardant vers la grille. C'est un moment de paix intérieure.

Reste à la fin le type au bonnet phygien qui va sur les CRS pour leur dire son rejet de la violence de l'Etat, il parlemente en vain. Je suis a un mètre des CRS, au coin de la rue des reporters filment, derrière, des projectiles. Je l'interviewe à 1 mètre des CRS, ça devient dangereux, l'homme est happé par eux pour le protéger des jets, je file côté reporter en me planquant sur le mur, tandis qu'une bouteille vide me frôle le coude. L'explosion de pétards, la fumée, tout cela nous rend invisibles aux autonomes qui peuvent nous tirer dedans sans nous voir. Il faut donc décrocher.

Un caddy en flamme est balancé, un fragment de palette en feu tirée par une corde est approché. Sur la partie gauche de la muraille de grilles, l'autre ouverture est attaquée. Des manifestants dépavent la voie du tram 1 à l'arrêt Commerce, j'entend les piquetis du dépavage. Des abris-bus sont taggés : "un flic une balle", le sol aussi, beaucoup de choses sur Vinci, puis de plus en plus sur la police. Une sucette publicitaire est éventrée.

Deux magasins d'agence de voyages attaqués : l'un à la vitrine striée après deux ou trois jets de pavés (FRAM) mais elle a tenue, le seconde, plus proche de l'ouverture gauche des grilles, à sa vitrine brisée puis son bureau fut vidé de ses meubles, dont un bureau à classeurs, une imprimante et un ordi qui sont jetés à la rue et à moitié cassés. Il n'y a pas de pillage, juste destruction. Une autre vitrine, celle d'un magasin de téléphonie mobile est touchée. Tous ces commerces sont sur le petit espace entre Place du Commerce et le débouché du cour des 50 Otages.

Je relève une poubelle en métal brûlant près du commissariat près de Commerce, une autre en plastique, quelques bornes anti-stationnement, cauchemar des aveugles, tant en pierre ou métal descellées. La partie dépavée n'est pas bien grande, mais est un peu supérieure à celle d'Angers durant une manif anti CPE devant la préfecture en 2006.

Je retrouve un des sacs publicitaires, rouge, d'une des agences de voyage sur le lieu des affrontements. Il me vient l'idée, toujours avec la crosse, de m'allumer un cigarillo. Je songe à une scène ridicule d'un film avec Belmondo, je songe à Jean Yanne. Je mets dans mon sac-caba des grenades éteintes puis ...

Je marche au pas de l'oie (mal imité), crosse sur l'épaule comme un fusil, bras battant en mesure avec mon 'sac à main' à grenades, regardant droit devant moi en fumant crânement mon cigarillo, puis je repasse une seconde fois entre les belligérants. Je suis un petit soldat inconscient du consumérisme. Je suis un lobotomisé du consumérisme. Ensuite un jet d'eau m'attaque, mais n'éteint pas mon cigarillo. Les pétards et bouteilles revolent, je cesse mon manège situationniste. Ah ah ah.

D'autres CRS sont perpendiculairement placés près de la place du Bouffay, des affrontements de ce côté-ci. Des agents de la BAC sont avec eux. Ils bloquent cette rue puis un autre escadron va vers l'avant sur l'île Feydeau : nouveaux affrontements dans ses ruelles. Ensuite un autre s'installe plus avant quai Baco, nouveaux affrontements. Devant le CHU une barricade de barrière de chantier est élevée, qui bloque la route et oblige les assaillants à se replier sur les côtés, dans la zone boisée du parc Baco où pleut des lacrymos ou du côté du CHU. Une ambulance arrive puis, rebrousse chemin. Les grenades sont aisément éteintes dans l'herbe, le vent dominant est ouest-est : ici la fumée va vers les CRS ...

Des fourgons barrent à présent la rue perpendiculaire au barrage de grilles. Les voies Est et Nord sont bloquées, puis la voie Ouest, côté Place du Commerce en direction de la Place Royale, qui garde l'entrée des beaux quartiers. Les policiers avancent devant le CHU avec sur leur droite une sorte de buldozer auquel est fixé une grille anti-manifestant. Sur sa gauche un autre groupe de CRS. Cette fois ils forment une sorte de U qui enserre sur trois côtés plusieurs centaines de personnes.

La technique employée est celle de la nasse, selon les manuels de guérilla urbaine théorisé par les Etats Unis après leur expériences désastreuses à Mogadiscio (Somalie), enseignement qu'ils ont tiré d'un livre français de stratégie, ignoré chez nous, qui décrivait pourquoi les français furent battus au Vietnam.

Tandis que la nasse se forme, entre la Place du Commerce et à monter vers le CHU il y a un cercle de tambours, avec une cheffe d'orchestre au centre, une flûtiste, jouant devant une roulotte bâchée contenant des costumes pour faire la fête. C'est le dernier reste de la manifestation. Sur le rond point les derniers clowns activistes ...

A ce moment là on voir encore les traditionnels drapeaux bretons, un drapeau à bandes multicolores (gay), de l'Euskadi (Pays Basque), d'Alternative Libertaire (rouge et noir), un grand drapeau noir, auparavant plusieurs drapeaux noirs à tête de mort, apparu lors de la 1ère année contre la LRU vers 2008 chez des lycéens ou / et étudiants. Il reste encore une banderolle d'Europe Ecologie les Verts, quelques traces aussi du Parti de Gauche, des drapeaux quadrangulaires avec le symbole de NDDL : un avion en noir barré, inscrit dans un cercle rouge, sur fond jaune. Les tracteurs ont encore avancé vers l'Ouest en s'éloignant du Commerce.

La fête cesse lorsque les CRS, avançant avec une prudence insigne, font pleuvoir les premières grenades lacrymo tout à côté, beaucoup tombant dans l'herbe du morceau de parc sur la gauche. Je n'ai constaté aucun tir tendu (en direction des têtes, illégal) et vu un manifestant avec un gros pansement sur le pouce et un doigt. Je n'ai pas constaté perso que des grenades aient abîmé une main de manifestant (il y en a eu cf plus bas). Il reste toujours plusieurs centaines de badeaux, des gens sur les abribus, à regarder les derniers pavés du côté Cour des 50 Otages, d'autres regardant les affrontement sur l'île Feydeau, d'autre en amont et devant le CHU ...

J'apprend à ce moment là qu'un CRS aurait été méchamment blessé, peut-être par un pavé, qu'il y a eu plusieurs arrestations. La première, que j'ai vu, a été un simple 'arrachage' sans matraquage (je filmais avec ma feue caméra) où le quidam a été emporté en 5 secondes.

J'avais filmé BFM TV filmant l'engin de chantier brûlant, puis le commissariat enpeinturluré. Une collègue de Citizen Nantes a filmé TF1 filmant des choses qui brûlent. Un type en casque blanc avec peint en noir PRESSE avait une mini-caméra au sommet de son casque. La photo ci-dessus est de Libération, journal de Marché et a été posté avec un article focalisé sur les 'incidents'. Un homme de 55 ans m'a dit qu'on se dirait à Kiev : c'est très exagéré. Je croise un manifestant d'âge mûr avec un casque militaire américain ou français des années 50 ou 60, Guerre de Corée ou d'Algérie. Des feux avec des éléments de mobilier urbain ou de chantiers noircissent la rue devant le CHU, devant la barricade, dérisoire, de grilles. D'autres sont à l'emplacement de l'arrêt de tram Commerce.

Je tombe alors sur un gars de mon quartier, en chaise roulante qu'il fait rouler avec ses mains et qui ne peut passer le cordon de police qui barre maintenant la route Commerce - Château. Je décide de rentrer avec lui, ayant perdu ma petite caméra côté manifestant, batterie épuisée mais avec moults images rapprochée, dommage ... Je laisse ma crosse de hockey à des autonomes, car elle est bonne pour écarter les grenades sans risque, emmène mon sac caba avec des 'capots' de grenades, comme une 'ménagère de moins de 50 ans' et vas-y que je le pousse jusqu'au petit Supermarché où on va tout les deux, à 1 km 500 de là, s'acheter seulement un pain chacun. L'homme, prénommé Thierry voulait aller à la FNAC, fermée exceptionnellement ce jour-là, et s'était retrouvé dans le no man's land, prisonnier dans la nasse.

Nous sommes passé côté Commerce par l'entrée gauche des grilles où les policiers surveillait les passages vers ce cour. Quand on est arrivé au petit supermarché, le jour tombait : j'ai dû quitter les lieux une demi-heure maximum avant l'heure du coucher du soleil.

J'ai reconnu bien des personnes, constaté que les autonomes ont entre 20 et 30 ans, n'étaient pas plus de cent à deux cents, dont guère qu'à peine une cinquantaine de très actifs, cela sur 30 à 40 000 manifestants. En comptant les sympathisants, dont le nombre ne varie guère, quoiqu'en hausse, depuis 2006/07, cela fait au maximum 1 % des manifestants qui se sont castagnés.

Devinez la place que prendra les 99 % de manifestants pacifiques.

Il faut retenir que les incidents étaient ATTENDUS et que des commerces s'étaient préparés (voyez plus haut). Le fait de barrer le cours des 50 Otages d'une grilles, comme durant le sommet anti G8 de Gênes a été une décision provocatrice, car JAMAIS je n'avais vu une manifestation empêché sur le cours des 50 Otages.

Sun Tzu, grand stratège chinois parlait de terrain choisi par l'ennemi. C'est celui que je viens de vous décrire et les autonomes et leurs sympathisants se sont jetés tête la première dedans. Je n'ai constaté, le fait est d'importance, aucun cocktail molotov, comme en Grèce, en Espagne, en Ukraine et c'est pourquoi on ne peut pas parler d'émeute, ni de guérilla urbaine. La police a été, contrairement à son habitude, d'une prudence bien plus grande, mais cela à toujours été le cas lors des grandes manifs anti Ayraulport, le sobriquet usité des anti-aéroports de NDDL. Un député Vert m'avait dit lors d'un des tournages de notre prochain film que l'Etat évitait de castagner quand il y a des manifestants paysans.

C'est après mon départ que la police s'est bien lâchée ...

* Ce gars est dans mon dernier film : "La possibilité d'être humain"

Thierry Kruger, de Nantes
petit reporter, 22/2, 20 h

2 - CHOSES VUES D'UN JOURNALISTE : BLESSÉS, BOMBES SONIQUES

"Bravo pour ce reportage. Je retrouve chacun des éléments que tu décrits. On y était. Je faisais parti des badauds. La question reste toujours la même : quelle information et surtout quelle place les médias auraient fait à cette manifestation sans ses heurs ? La seconde question est et sera : comment peut on se battre contre une telle débauche de moyens ?

Tu as bien décris une partie de l'après midi, coté barricade. Permets moi d'évoquer la partie commerçante. Le rideau était tellement étanche qu'on aurait pu croire, si ce n'est la présence de nombres autocollant de l'Acipa*, que rien ne se passait. Pire, on se croyait sans trop de difficulté dans un roman de science fiction. Les gens se posaient des questions certes. Etaient impressionnés par la violence qu'ils voyaient, entendaient de loin. Mais cela ne les concernaient pas. On les laissait faire du shopping alors que des terroristes tentaient de dérégler l'appareil.

Autre point Thierry, j'ai vu les premiers flashballs de ma vie. Des gens ont été blessés. Des doigts ont été arrachés par des bombes soniques. Les médias n'en soulèvent même pas la moindre évocation....

Bref, aujourd'hui, j'ai compris que la démocratie n'était plus. Nous nous en doutions. Les gens parlaient effectivement de Kiev. Jusqu'où dans un tel cas de révolter, notre état serait aujourd'hui prêt à aller pour sauver notre modèle ?"

* L'asso du 44 regroupant des dizaines de milliers anti Ayraultport

Jezek Ben Ali, journaliste écolo,
Nantes, post FB, 22/2, 21h30

3 - TÉMOIGNAGE D'UN JOURNALISTE-PHOTOGRAPHE FLASHBALLÉ

poste d'une photo de sa blessure :

https://www.facebook.com/ymonteil?fref=ts

"Toute la finesse policière. Alors que je filmais et ne représentais aucun danger j'ai senti un choc au niveau de la poitrine. Suis tombé net et ai tout de suite compris qu'un tir de flashball a courte distance m'avait touché. Et c'est rien comparé aux blessés pleine face...."

Yves Monteil, journaliste, photographe
à Citizen Nantes, post v 22h30, 22/2

4 - TÉMOIGNAGE D'UNE MANIFESTANTE : BARRICADE RUE KERVÉGAN

"Un bon résumé de cette journée.......surréaliste......

J'en reviens avec une grosse bosse et deux doigts tout bleus (une lacrymo en pleine tête, j'ai eu le reflex de me baisser et de me protéger la tête avec mes mains) .........

Ce soir, l'hélico et les forces de l'ordre étaient toujours présent en grand nombre, la rue Kerveguan ressemblait au film "Les Misérables" avec barricades de gros pavés et sous les pavés arrachés, le sable ......

Tout de suite, cette phrase m'est venue à l'esprit: "sous les pavés, la plage!!!" ... Aujourd'hui, il n'a plu que des grenades et des pavés, le ciel était bleu à travers la fumée !!!!!!!"

Guillemette ***
post FB, 22/2, 23h25

5 - IMPRESSIONS D'UNE MANIFESTANTE : LE DÉGOUT

"Un retour au bercail dégoutée par autant d'enflures bleues. Les médias ont de nouveau orchestrés la retransmission de la manif contre l'aéroport en encensant la torpeur ! c'est les flics qui ont chargé la lacrymo et nous a laissé dans des nuages suffocants à pleurer et faire hurler des gamines de 5 ans, du lacrymo plein les yeux ! des personnes âgées qui n'avaient rien à voir dans la manif et ne pouvaient pas sortir des lieux sans se prendre plein de lacrymo.

Un dégout renforcé de ce système policier. Qui sont les casseurs? Ceux qui balancent des fusées de détresse et soignent les blessés ou ceux qui fonctionnent par groupe musclés type robocop avec canons à eau qui t'envoient dans le décor, lacrymos et flash ball sur des gosses ! Playmobils la main sur le gâchette du flash ball dès le début de la manif. J'ai plein de potes qui ont été blessés par des tirs de flash ball, hématomes sur la cuisse, le ventre, les fesses, le nez (défoncé et la gueule en sang )

Tout cet armement sans même un système de secours pour évacuer les victimes de leur folie !

Je n'ai jamais vue une manif qui partait aussi vite en répression musclée et barbare. écœurant.."

Coco ***, post sur FB v 21h30

6 - TÉMOIGNAGE DE PABLO, CAMÉRAMAN : AUTRE POINT CHAUD

"Devant la médiathèque Jacques Demy, il y a eu des affrontements. Les keufs barraient toute la largeur. Là, une bouteille en verre est passée à 10 centimètres de ma tête. J'étais visé parce que je filmais. Elle s'est écrasée sur un pare-brise derrière moi (...) Si si, j'ai vu des cocktails molotov ..." (chez des autonomes)

Il m'indique encore, à propos des services municipaux "Ils sont en train de nettoyer partout" et que demain, il n'y aura plus trace des tags ...

entretien téléphonique 22/2, 23h15

7 - MENTION D'UN SECOND JOURNALISTE FLASHBALLÉ

"Mon patron de NetworkVisio.com qui y était s'est mangé un coup de flashball aussi."

Louis-Benoît ***, journaliste
post FB, 23/2, 0h15

8 - VOL DE CAMERA FILMANT LES VIOLENCES

"Je me suis fait tirer ma cam par un mec qui était avec moi ... Ce type est chauve et était avec moi"

Je rappelle que la mienne est tombée et s'est aussi fait chourer. Un dredeu à même essayé de me tirer mon sac rempli de grenades. J'avais vu Orlanda avant avec sa caméra v 17h30, comme moi tout est perdu. Louche tout ça !

Orlanda ***, journaliste
post FB, 23/2, 1h10

9 - IMPRESSIONS DE JOELLE

"J'ai trouvé tout ça bizarre aussi, des engins de chantier ont explosé (2 au moins) et les heurts ont commencé très tôt ..."

post FB, 22/2, 21h50

10 - ARTICLE WEB-JOURNAL CITOYEN, DE DROITE & ANTI-AYRAULPORT

"Avec nos correspondants à Nantes La manif anti NDDL a été un très fort succès numérique (40 à 60.000 personnes) qui est déjà oublié à cause des débordements. Ces derniers sont d'ailleurs une méga-perche tendue au gouvernement pour discréditer toute l'opposition à l'aéroport. A croire que les casseurs roulent pour Valls"

Extraits de l'article (liste des zones d'affrontement et abimées) : "le tram de Médiathèque à Bouffay, la rue Kervégan, Du Gueslin, Bon-Secours, le coin du cours Olivier de Clisson, l'allée Brancas, les façades de la rue de Strasbourg, la place de la Petite Hollande..."

post web-journal Facebreiz, 22/2

http://www.facebreizh.fr/n31-france/article-nantes-la-manifestation-contre-notre-dame-des-landes-degen.html?id=8065

11 - SONDAGE d'AGIR POUR L'ENVIRONNEMENT

mail reçu vers 2h, 23/2 : 24 % des sondés pour l'Ayraultport, 56 % contre et 20 % ne savent pas. Ce quart est ce qui reste de militants butés ...

http://www.agirpourlenvironnement.org/sondage-notre-dame-des-landes/

CONCLUSION : Devant tout ces témoignages d'agression des journalistes le Flanbisme rejoint le Sarkozysme dans la puanteur délétère de l'autisme d'état, car si on a repéré quelques attaques par jet des autonomes, ce sont des INCONNUS qui aussi, avec les flics nous ont agressés et pis, volés ...

 

 

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