Finlande : la construction de l'EPR, déjà en retard, est en arrêt

Publié le par dan29000

EPR finlandais : le chantier en arrêt à durée indéterminée

 

Après le chantier de l’EPR de Flamanville, c’est à celui d’Olkiluoto, en Finlande, d’entrer en pause. Démarré en 2005, il cumule lui aussi les retards et surcoûts.

 

 

Depuis quelques temps, des différents importants opposent Areva, le constructeur, à l’opérateur finlandais TVO. Les deux groupes se réclament mutuellement des milliards d’euros de dédommagement pour les retards et surcoûts du chantier (Areva réclame 2,7 milliards de TVO et TVO 1,8 milliards d’Areva), Areva accusant notamment TVO de pinailler tandis que TVO lui reproche les surcoûts.

Dès décembre 2013, TVO avait reproché à Areva d’avoir retiré des travailleurs du chantier sans l’en avertir. Le 28 février, le quotidien finlandais Kauppalehti a révélé qu’Areva n’allait pas renouveler les contrats de 50 contremaîtres sur le chantier, et que les autres contrats arrivant à échéance en mars ne seraient pas renouvelés non plus. Ce qui signifie que les travaux vont être arrêtés pour une durée indéterminée.

Depuis, TVO et Areva refusent de s’engager sur une date de mise en service… Sous réserve qu’Areva et TVO arrivent à s’entendre pour reprendre le chantier, le raccordement au réseau de l’EPR d’Olkiluoto, initialement prévu pour 2009, serait donc repoussé à 2018, voire 2020… ! Comme l’a récemment exprimé Jacques Repussard, patron de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, "dire qu’on va construire un EPR en quatre ans, ce n’était pas très sérieux"...

Espérons dans tous les cas qu’Areva et TVO auront la sagesse d’arrêter les frais et d’abandonner définitivement et au plus vite ce puits sans fond !

Voici ci-dessous la traduction de l’article paru le 28 février dans Kauppalehti (merci à Ulla, Odile et Michel pour la traduction) :

28.2.2014

Areva gèle le chantier d’Olkiluoto

La querelle concernant les compensations et le système d’automation non terminé est sur le point de provoquer l’arrêt de la construction d’Olkiluoto3. L’achèvement de cette centrale nucléaire se trouve une fois de plus repoussé. La construction du réacteur Olkiluoto3 est sur le point d’être presque complètement arrêtée.

Selon les informations recueillies par Kauppalehti, Areva n’a pas prolongé les contrats de travail des contremaîtres qui se terminaient aujourd’hui et la même chose va probablement se produire avec les contrats de travail des contremaîtres se terminant fin mars.

D’habitude, à cette époque de l’année, les contrats ont déjà été renouvelés pour l’année qui vient.

Aujourd’hui, une cinquantaine de contremaîtres finlandais et français vont arrêter de travailler sur le site. Le seul travail qui doit continuer sera de mettre la dernière main à la façade de la centrale, de mettre le diesel en service et d’assurer la maintenance de la centrale.

Depuis le début de février, quand a eu lieu le test de pression, pratiquement rien d’autre n’a été fait.

Le troisième réacteur d’Olkiluoto était censé être prêt en 2009. Areva n’a pas communiqué de nouveau calendrier et n’a pas changé sa propre estimation prévoyant que la centrale serait terminée cette année.

"Prête peut-être en 2018-2020"

TVO a estimé l’an dernier que la centrale serait terminée au plus tôt en 2016.

Areva était censé annoncer le calendrier d’OL3 en début d’année, mais cela n’a pas été fait.

Selon des estimations données à Kauppalehti aujourd’hui, la centrale sera prête en 2018, voire même 2020.

« Chaque mois d’arrêt du travail sur le site signifie trois mois supplémentaires pour finir de construire la centrale. » Cette affirmation émane de sources travaillant sur le site mais qui ont demandé à rester anonymes.

Selon leur estimation, l’arrêt des travaux sur le site est dû tout particulièrement au différend opposant Areva et TVO sur les compensations financières résultant du retard des travaux et de la non-complétion de l’ingénierie du système d’automation.

Areva réclame 2,7milliards d’euros de compensation à TVO. TVO de son côté a déclaré avoir perdu 1,8 milliard d’euros à cause du retard et exige aussi des compensations d’Areva.

Lors de la pose de la première pierre d’OL3 en septembre 2005, les coûts de construction étaient estimés à environ 3,5 milliards d’euros. Le fournisseur de la centrale, Areva a estimé publiquement il y a environ un an que le coût final d’OL3 pourrait aller jusqu’à 8,5 milliards d’euros.

SOURCE / SORTIR DU NUCLEAIRE

 

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