La dernière fête, Gil Scott-Heron, éditions de l'Olivier

Publié le par dan29000

 

Cela va bientôt faire trois ans que Gil Scott-Heron est parti. Si ce nom ne vous dit rien, sans doute connaissez-vous cette phrase célèbre, qui est aussi le titre d'une de ses chansons les plus connues : "The Revolution will not be televised".

 

Musicien, mais aussi écrivain, Gil Scott-Heron fut surtout durant toute sa vie un homme engagé. Alors quand furent publiées ses mémoires aux USA en 2012 sous le titre "The last holiday", l'évènement fut d'importance, car ses pages étaient bien au-delà des mémoires habituelles. Il offrit au monde entier un beau moment de la contre-histoire de la société américaine des années 60 à 90.

Ce qui n'est pas peu dire.

Né à Chicago en 1949, il grandit dans le Tennessee avant d'habiter New York, dans le Bronx. Dès l'âge de vingt ans il publie son premier livre "Le vautour", tout en commençant à sortir une longue série d'albums de "Pieces of a man" (1971) à "I'm New here" en 2010 lors de son grand retour après de nombreuses années d'absence. Souvent accompagné par des musiciens de jazz, dont l'immense Ron Carter, il fut considéré, à juste titre, comme un des précurseurs du rap, offrant lors de ses performances des chants scandés nommés "Spoken word".

Assez vite il s'imposa comme un des grands défenseurs de la cause noire, via ses textes engagés qui décrivaient la misère et la violence endémique des ghettos où la drogue faisait des ravages. Dénonciateur de l'apartheid, de la politique de Nixon et Reagan, il fut une des belles figures de la résistance noire durant plusieurs décennies. Sa poésie avait toujours un but :

 

"Je voulais amener les gens qui m'écoutaient à comprendre qu'ils n'étaient pas seuls et qu'il était possible de changer les choses."

 

Cette traduction en français est donc précieuse.

 

Deux grands noms planent sur ces Mémoires, son ami Stevie Wonder, avec lequel il fit une tournée mémorable, et Martin Luther King. Sans oublier ses rencontres avec Bob Marley ou Michael Jackson.

 

Gil Scott-Heron, comme beaucoup de musiciens, chuta durement au début des années 2000. Son côté obscur prit le dessus et il connut l'enfer du crack et de la prison. Mais comme Miles Davis, il réussit à revenir à plus de soixante ans. Un dernier album réussi et des concerts.

 

Lire ce livre est indispensable pour bien saisir ce personnage fascinant et mieux comprendre une partie de l'histoire nord-américaine. Aussi important que "12 years a slave", le film de Steve McQueen actuellement sur nos écrans.

 

Dan29000

 

La dernière fête

Gil Scott-Heron

Traduit de l'anglais(États-Unis) par Stéphane Roques

Éditions de l'olivier

2014 / 304 p / 23 euros

 

 

 

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