Le Christ selon l'Afrique, le nouveau roman de Calixthe Beyala, chez Albin Michel

Publié le par dan29000

Edeme Boréale.

Joli nom Boréale.

Boréale a vingt ans et habite Douala.

Boréale n'a pas vraiment une vie facile, on pourrait même dire qu'elle cumule. Un amant pas trop fidèle, une patronne pas marrante, une mère qui ne la met pas en valeur et enfin une tante. Laquelle tente voulant lui faire porter son enfant.

Boréale est domestique chez une Française, c'est toute sa vie contrastée que le lecteur partage au fil des pages.

Pourtant dans son nouveau roman Calixthe Beyala ne se contente pas de brosser ce superbe portrait de femme qui ne croit en rien et cultive son côté rebelle. Il s'agit aussi d'une vraie chronique sur Douala. Douala, ville portuaire et capitale économique du Cameroun. Ville de naissance aussi de Calixthe Beyala... Douala vu depuis Kassalafam, quartier populaire où se pressent nombre de prédicateurs, de prophètes déferlant en un carnaval absurde. Les habitants attendent, la démocratie, les droits de l'homme ou la croissance économique.

On ne présente plus Calixthe Beyala qui publie depuis 1987 avec "C'est le soleil qui m'a brûlée". Couverte de prix, traduite dans de nombreuses langues de l'anglais au japonais en passant le vietnamien. Cette romancière, contrairement à d'autres, on ne citera pas de noms, ne se contente pas d'écrire. Elle réalisa un film sur Manu Dibango, fit de la radio et surtout fut initiatrice de l'association "Collectif Égalité" créée en 1998 où elle pointait du doigt l'endémique sous-représentation des minorités visibles dans le paysage audiovisuel français. Elle est également engagée dans la lutte contre le sida et pour le développement de la francophonie. Présidente du Mouvement des Africains-Français, c'est une femme totalement engagée comme nous les aimons. Notre site ne peut que partager la plupart de ses combats, contre la mondialisation facteur d'uniformisation des cultures ou contre un certain Paris littéraire bien trop germano-pratin et donc manquant de couleurs.

Difficile de ne pas recommander ce roman aussi vivant que chatoyant où les nombreux dialogues se savourent sans modération. Et cerise sur le gâteau, en fin de volume, le lecteur déjà subjugué a droit à une magnifique liste de remèdes musicaux pour guérir les souffrances : contre l'amour évanoui, contre les guerres et leurs frappes chirurgicales, contre le comportement des hommes, contre la solitude ou quand le grand amour tarde à se matérialiser. De Bob Marley à James Brown, d'Aretha à Brassens, en passant par les Beatles et Tracy Chapman.

Une belle réussite qui confirme tout le bien que nous pensons déjà de Calixthe Beyala.

 

Dan29000

 

Le Christ selon l'Afrique

Calixthe Beyala

Éditions Albin Michel

2014 / 265 p / 19,50 euros

 

+ DEDICACE FNAC MONTPARNASSE, mercredi 12 mars à 18h

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miloulou 14/03/2014 23:44

Je n'arrive à expédier l'article sur mon facebook.