Maïs OGM NK603 : Une presse scientifique sous influence

Publié le par dan29000

Une presse scientifique sous influence : l’exemple de l’étude sur le maïs OGM NK603

 

Article mis en ligne le vendredi 29 novembre 2013

 

http://sciencescitoyennes.org/

 

Jeudi 28 mars se tenait une conférence de presse à Bruxelles pour dénoncer les nouvelles pressions autour de l’étude de l’équipe du Pr. Séralini sur des rats nourris au mais OGM NK603 et traité avec l’insecticide Roundup. Ces pressions ont conduit à la décision de la revue de retirer l’article de Gilles-Eric Séralini et al. dans la revue Food and Chemical Toxicology (FCT). La FSC y voit une nouvelle offensive du lobby pro-OGM et, a minima, des conflits d’intérêts proches de la caricature

 

Sommaire

1 - FSC - "Une presse scientifique sous influence : l’exemple de l’étude sur le maïs OGM NK603"
2 - CRIIGEN - Communiqué de presse
3 - Générations Futures - "OGM : un retour en force du lobby pro-OGM !"
4 - Inf’OGM - "Sommé de retirer son article scientifique par le journal qui l’a publié, Séralini refuse"
5 - GM Watch - ’Journal retraction of Séralini study is illicit, unscientific, and unethical’
6 - Independant Sciences News - "L’affaire Goodman : Monsanto cible le coeur de la science"

1 - FSC - "Une presse scientifique sous influence : l’exemple de l’étude sur le maïs OGM NK603"

Communiqué de la Fondation Sciences Citoyennes du 28/11/13

En septembre 2012, Gilles-Eric Séralini (GES) et son équipe publiaient dans Food and Chemical Toxicology (FCT), une grande revue scientifique internationale, la plus longue étude de toxicologie (2 années) jamais réalisée sur un maïs génétiquement modifié (NK603) ainsi que sur l’herbicide Roundup auquel ce maïs a été rendu tolérant, deux produits de l’entreprise Monsanto. S’est alors engagée à l’encontre de Séralini une campagne de dénigrement d’une violence extrême, cherchant non seulement à discréditer le scientifique mais aussi l’homme lui même. Le rouleau compresseur d’un puissant lobby scientifico-industriel s’est mis en marche depuis cette parution avec pour mission prioritaire d’organiser le retrait de l’article de cette revue, ce qu’il est en passe d’obtenir. Un courrier daté du 19 novembre envoyé par la revue FCT au professeur Séralini va en effet dans ce sens.

Il est crucial de revenir sur les conditions de cette rétractation tant elle montre les dérives qui guettent la presse scientifique. FCT est un journal à comité de lecture (c’est-à-dire où toute acceptation de publication est consécutive à une expertise par les pairs), un système considéré comme une garantie de qualité et d’indépendance par le monde scientifique et au-delà. L’article de GES et de son équipe est donc passé par cette étape avant sa parution.

Lire la suite : http://www.sciencescitoyennes.org/une-presse-scientifique-sous-influence-lexemple-de-letude-sur-le-mais-ogm-nk603/

2 - CRIIGEN - Communiqué de presse

Communiqué du CRIIGEN du 28/11/13

La revue internationale Food and Chemical Toxicology (FCT) a demandé le retrait de notre étude publiée il y a plus d’un an (Séralini & al., 2012, Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize. Food and Chem. Tox. 50:4221-4231) sur la toxicité à long terme de l’herbicide Roundup et d’un maïs OGM le tolérant. Après l’analyse de toutes nos données, l’éditeur-en-chef certifie qu’il n’y a ni fraude ni données incorrectes, ni mauvaise interprétation intentionnelle. Cependant, il prend parti sur le fait qu’on ne puisse pas tirer de conclusions, à cause de la souche et du nombre de rats utilisés. Ces critiques inacceptables ont déjà fait l’objet d’un débat publié il y a un an par la même revue (Séralini & al., 2013, Answers to critics : why there is a long term toxicity due to NK603 Roundup-tolerant genetically modified maize and to a Roundup herbicide. Food and Chem. Tox. 53:461-468). Elles ont été promues par la société Monsanto dans la presse, alors qu’un de ses dirigeants Richard Goodman a pénétré au bureau de FCT au poste chargé de l’édition des recherches sur les biotechnologies, après parution de notre étude. Ce retrait ne serait pas autorisé par les normes éthiques internationales auxquelles adhère la revue (nommées COPE), puisqu’il y a ni erreur ni fraude. Par contre, la courte étude de Monsanto publiée dans la même revue pour prouver l’innocuité de leur produit comporte erreurs ou fraudes, et ne fait pas l’objet d’une controverse. Bien que réalisée avec la même souche et le même nombre de rats, ses comparatifs sont faux, car les croquettes des rats témoins sont contaminées par des OGM à des doses comparables aux rats traités. Cela est en lien avec le nombre de rats demandé, très grand, pour les études de cancérogenèse. Ces doubles critères subjectifs sont inadmissibles et mettent en danger la science et la santé publique.

Lire la suite : http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=94&Itemid=144

3 - Générations Futures - "OGM : un retour en force du lobby pro-OGM !"

Communiqué de Générations Futures du 28/11/13

Etude In Vivo. Lors d’une conférence de presse à Bruxelles ce matin, Corinne Lepage, député européen, le Pr. Gilles-Eric Séralini, François Veillerette, porte-parole de Générations Futures , et Joël Spiroux Président du CRII-GEN, ont dénoncé les pressions aboutissant à la dépublication de l’étude du Pr Séralini sur les rats nourris avec des OGM, dépublication faites en dehors de toutes règles et sur de mauvaises bases car dans son propre courrier adressé à GE Séralini la revue reconnait qu’il n’y a eu aucune fraudes ni erreurs dans les données de l’étude, conditions uniques pour qu’une étude soit dépubliée. La revue décide donc de manière unilatérale et parce que les conclusions ne lui plaisent pas de dépublier l’étude !

Rappel. Le 19/09/2012 sortait l’étude, In Vivo, de GE Séralini publiée dans la revue « Food and Chemical Toxicology », sur l’impact des OGM sur les rats montrant aussi que l’Herbicide Round-Up GT pouvait être mise en cause dans la survenue accrue de tumeurs ainsi qu’à des taux de mortalité plus élevé que les rats non exposés, et ce à des niveaux très bas, de l’ordre de la Concentration Maximale Admissible (0.1 µ/l).

Lire la suite : http://www.generations-futures.fr/pesticides/ogm-un-retour-en-force-du-lobby-pro-ogm/

4 - Inf’OGM - "Sommé de retirer son article scientifique par le journal qui l’a publié, Séralini refuse"

Communiqué d’Inf’OGM du 28/11/13

Le 19 novembre 2013, la revue Food and Chemical Toxicology a écrit au Pr. Gilles-Eric Séralini pour lui demander de retirer son article publié en septembre 2012 et relatif aux impacts sanitaires du maïs NK603 et de l’herbicide RoundUp. A défaut d’acceptation par le scientifique français, le journal précise qu’il opèrera lui-même ce retrait et publiera une note explicative de ce retrait. A l’appui de sa décision, le rédacteur en chef A. Wallace Hayes fait valoir des résultats non concluants. Gilles-Eric Séralini a d’ores et déjà répondu qu’il refusait une telle décision et prépare une possible action en justice.

En septembre 2012, l’équipe du Pr. Séralini publiait un article dans le journal Food and Chemical Toxicology qui faisait état d’impacts sanitaires du maïs NK603 et de l’herbicide RoundUp sur des rats en ayant consommé durant deux ans. Si ce travail a fait l’objet d’un feu nourri de critiques sur son protocole et la nature des rats utilisés, la revue internationale a longtemps défendu la publication de l’article de G.E.-Séralini et de ses collègues. Dans une tribune du 16 octobre 2012 (seule et unique tribune disponible sur son site), le journal expliquait que « la procédure normale de relecture par des pairs a été appliquée à l’article de Séralini. Cet article a été publié après une révision anonyme et objective ». Suite aux critiques reçues, le journal avait publié les courriers faisant état des reproches faits au travail de Séralini, accompagnés d’une réponse de l’auteur. Il fut ensuite indiqué que le journal pourrait être amené à considérer des changements à opérer dans sa procédure de relecture. Aucune mention n’avait été faite alors d’un éventuel retrait de l’article.

Lire la suite : http://www.infogm.org/spip.php?article5568

5 - GM Watch - ’Journal retraction of Séralini study is illicit, unscientific, and unethical’

Article publié le 27/11/13

The editor of the journal Food and Chemical Toxicology (FCT), Dr A. Wallace Hayes, has decided to retract the study by the team of Prof Gilles-Eric Séralini, which found that rats fed a Monsanto genetically modified (GM) maize NK603 and tiny amounts of the Roundup herbicide it is grown with suffered severe toxic effects, including kidney and liver damage and increased rates of tumours and mortality.

GMWatch believes FCT’s retraction of Prof Séralini’s paper to be illicit, unscientific, and unethical. It violates the guidelines for retractions in scientific publishing set out by the Committee on Publication Ethics (COPE), of which FCT is a member.

Lire la suite (en anglais) : http://www.gmwatch.org/index.php/news/archive/2013/15184-journal-retraction-of-seralini-study-is-illicit-unscientific-and-unethical

6 - Independant Sciences News - "L’affaire Goodman : Monsanto cible le coeur de la science"

Article publié le 20/05/13 sur Independent Science News, traduit par Nadia Collot

Richard Smith, ancien rédacteur en chef du British Medical Journal (BMJ), a un jour dit sous forme de plaisanterie que son rival The Lancet, au lieu d’un système de contrôle scientifique par des pairs, préfèrait la méthode consistant à jeter une pile d’articles dans l’escalier et publier ceux qui arrivaient jusqu’en bas. En une autre occasion, alors qu’on avait lancé le défi à Smith de publier un numéro du BMJ consistant exclusivement d’articles ayant été refusé par les pairs, pour voir si on s’en apercevrait, il avait répondu : « Comment savez-vous si je ne l’ai pas déjà fait ? »

Comme le montrent les anecdotes de Smith, les rédacteurs en chef de revue ont beaucoup de pouvoir dans le monde de la science – un pouvoir qui porte avec lui des occasions d’abus. L’industrie des sciences de la vie le sait bien, et a oeuvré pour accroître de plus en plus son influence et son contrôle sur l’édition scientifique.

Lire la suite : https://docs.google.com/document/d/1dieA_Q93r_pD14wKZNa-W6Sw0AsB0nEaR5emdqYMb9M/edit?pli=1

Le texte original (en anglais) : http://independentsciencenews.org/science-media/the-goodman-affair-monsanto-targets-the-heart-of-science/

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SOURCE / MILLEBABORDS.ORG

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