Les chèvres de ma mère, un film de Sophie Audier

Publié le par dan29000

Une belle histoire de femmes.

De femmes et de chèvres.

De trois femmes et de beaucoup de chèvres...

 

Un plateau isolé dans les gorges du Verdon où vit Maguy depuis les seventies. Une belle époque où il était parfois courant de quitter les cités pour venir s'installer dans la nature afin d'y travailler. Le temps a passé, et le moment de la retraite est venu pour Maguy l'obligeant à céder son troupeau de chèvres.

Elle va alors parrainer Anne-Sophie, jeune agricultrice désirant s'installer.

Pour l'une il s'agit de renoncer, à son métier, à ses chèvres, à toute sa vie.

Pour l'autre il s'agit d'apprendre, d'appréhender sa future vie, avec en commun pour les deux femmes séparées par l'âge, un certain goût pour la nature et pour la liberté.

 

Enfin une troisième femme, la réalisatrice, Sophie Audier, qui va nous permettre de comprendre cette histoire. Avec une position particulière, car elle est la fille de Maguy. Depuis l'âge de cinq ans elle a grandi dans les gorges du Verdon avec sa mère et les chèvres, avant à seize ans de découvrir Aix et le cinéma et de devenir plus tard scripte. Pas une position facile pour elle, filmer sa mère et être aussi celle qui ne reprendrait pas le troupeau familial... Trois ans de travail depuis les premiers repérages, trois ans au fil des saisons où le spectateur assiste aux activités des deux femmes, les naissances, les soins, la lactation, les fromages et les difficultés administratives multiples. Dans les années soixante dix, il fallait surtout une envie forte et aussi une volonté déterminée, aujourd'hui, il faut toujours cela, mais doit s'y ajouter un parcours du combattant face aux administrations et aux banques. Même si cet aspect est évoqué, il aurait gagné à être plus développé. Les jeunes souhaitant s'installer comme agriculteur ou éleveur se heurtent à des pesanteurs insensées, alors que certaines campagnes se désertent chaque jour un peu plus.

 

Un grand humanisme et une belle spontanéité se dégagent de ce documentaire, sans doute parce que Sophie Audier a fait le bon choix, en s'abstenant d'avoir une équipe de tournage, et en filmant souvent caméra à l'épaule. Ses images laissent bien ressentir la douleur de Maguy et parfois les doutes de Anne-Sophie.

 

Une belle histoire de transmission, un documentaire où les animaux et la nature sont mis en évidence, avec un grand respect pour les deux. Une belle réussite qui montre la naissance d'une vraie cinéaste que l'on devrait sans aucun doute revoir.

 

Dan29000

 

LES CHEVRES DE MA MERE

Écrit et réalisé par Sophie Audier

Image et son Sophie Audier

Distribution France : Jour2Fête

2014 / 1 h37 / Sortie le 16 avril

 

 

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