Arles : lettre des familles Rroms aux pouvoirs publics

Publié le par dan29000

Lettre des familles Rroms d’Arles aux pouvoirs publics

 

 

 

Nous sommes quinze familles Roms originaires de Roumanie, du même village, Barcanesti, près de la ville d'Urziceni. Trois générations sont présentes sur le campement : les grands parents, les parents et plusieurs enfants en bas-âge. Ceux qui sont en âge d'être scolarisés le sont depuis septembre 2009. Certains d'entre nous sont arrivés en Arles en 2007. On cherchait une ville tranquille parce que nous sommes des gens tranquilles. Cette année-là, nous avons d'abord habité le bâtiment de Bricomarché dont nous avons été expulsés. Certains sont allés vivre à Barriol, d'autres avenue Victor Hugo d'où nous avons été à chaque fois expulsés. Nous avons quitté ces habitations pour nous installer dans le Hangar maritime, où nous sommes restés quelques mois et à nouveau menacés d'expulsion. Nous sommes partis avant l'expulsion pour ne pas traumatiser les enfants, et nous nous sommes installés quai de la Gabelle, dans des maisons abandonnées et sur un terrain où nous avons construit des cabanes.

À nouveau, nous sommes menacés d'expulsion, un procès doit avoir lieu le 15 mai au tribunal de Tarascon, et nous ne voulons pas revivre tout le temps cette situation d'instabilité et de menace. Notre volonté est de mettre nos enfants à l'école et de trouver du travail. Nous voulons habiter un endroit où la police ne rentre pas chez nous bille en tête. Nous respectons la loi, nous respectons la police et nous voudrions que les autorités nous respectent. On veut être traités comme des citoyens français et roumains parce que nous sommes des citoyens européens.

Nous avons tous un métier, nous savons tous travailler et nous travaillons comme tout le monde. Nous savons construire une maison d'un bout à l'autre, jusqu'à la moindre serrure.

Nos enfants parlent parfaitement le français, plusieurs mères de famille suivent des cours de français des adultes, et nous sommes nombreux à avoir appris cette langue.

Notre projet est donc de rester sur Arles : ensemble sur un terrain qu'on peut aménager et entretenir, ou dans des logements séparés.

Avant tout, notre volonté est de travailler. On s'est inscrit à Pôle emploi, on a fait des CV et certains d'entre nous travaillent déjà.

Nous manquons d'eau, c'est une situation compliquée pour les femmes et les enfants.

Nous avons décidé de créer une association, « Roma Baxtale », afin de pouvoir établir un bail, même précaire, qui nous protège des expulsions.

Les familles roms du quai de la Gabelle, à Trinquetaille

 

SOURCE / MEDIAPART

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