L'abstention premier parti de France : un fossé se creuse entre le pays et son élite politique

Publié le par dan29000

L’abstention, premier parti de France

 

Ils auront beau dire « qu’ils ont gagné », « qu’ils n’ont pas perdu » ou bien que « les résultats, quoique décevants sont porteurs d’avenir » ou bien « ne remettent pas en cause la politique gouvernementale »…, il n’en reste pas moins que les résultats des européennes, vu au travers du prisme de la participation électorale, marque un désaveu cinglant de la classe politique et de l’Europe actuelle.

6% du corps électoral a voté pour le PS, 8,6 % pour l’UMP et 10,75 % pour le FN qui se présente comme le premier parti de France : il n’y a pas de quoi pavoiser !

Il n’en reste pas moins que les abstentionnistes ne siègeront pas à Bruxelles et que les chiffres de participation, si étriqués soient-ils, n’empêchent pas le FN d’envoyer quasiment un tiers des élus français au parlement européen, ce qui donne une image particulière de notre pays.

C’est un fait, l’abstention progresse dans notre pays d’élection en élection qu’elles soient locales, nationales ou européennes.

Au-delà de ce constat, encore faut-il en appréhender les raisons :

Une classe politique médiocre et soumise au libéralisme

Les partis de gouvernements nous promettent toujours des lendemains qui chantent, particulièrement lors des campagnes électorales puis oublient leurs promesses dès le lendemain des résultats et continuent d’ignorer royalement les difficultés des français, jusqu’à la prochaine campagne.

Cette classe politique est auto centrée sur elle-même et pratique le jeu pervers du pouvoir qui consistent à se partager les postes, à cumuler les mandats, à grimper dans la hiérarchie des décideurs du parti dans le but ultime d’accéder à des fonctions de gouvernement ou à défaut de conseiller spécial.

Cette classe politique est tout sauf représentative de la société française que ce soit par l’origine sociale, ou bien le cursus d’études, et poursuit un but précis : durer, transformer son premier mandat une carrière hors sol et cultiver son égo à coup de déclarations publiques dans le plus pur style langue de bois.

Dans ce contexte, le F.N. ou plutôt Mme Le Pen peut donner temporairement l’image d’un parti neuf, en ce sens où il n’a jamais exercé le pouvoir et ne s’est donc pas brulé les ailes à la dure réalité de la gouvernance. Les succès municipaux engrangés récemment devraient, si l’on en juge les premières décisions « marquantes » prises par les nouveaux édiles, classer, à terme, ce parti parmi les autres, tant la réalité du pouvoir gomme les différences, face à un pouvoir économique et financier omniprésent.

 Une Europe connotée

Comment faire confiance à une organisation supra nationale conduite par des politiques soit insignifiants (Van Rompuy, C. Asthon,…) soit par un représentant d’un micro état, paradis fiscal (Junker pour le Luxembourg) ?

Comment accepter que l’Europe favorise la dérégulation sociale par des dispositions telles que celle des travailleurs détachés ?

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Comment qualifier le déni ou la duplicité de nos hommes politiques, qui devant le rejet du traité européen en 2005, se sont empressés de contourner ce vote en faisant voter la représentation nationale sur un texte à peine modifié ?

Comment enfin avoir confiance en des élus censés nous représenter à Bruxelles et qui ne sont en fait que des chevaux de retour de la politique nationale placés là en attendant des jours meilleurs ?

Il faut faire l’Europe, l’Europe, c’est la paix, clament en cœur les agents du libéralisme et les journalistes acquis à la cause, sauf que cette Europe n’est pas celle à laquelle aspire la majorité des Français qui veut une Europe sociale et une Europe transparente qui ne soit pas inféodée aux lobbies et qui ne discute pas des traités dans le dos des citoyens (traité commercial avec les Etats Unis).

Et maintenant ?

Le résultat national de cette élection, qui ne changera rien aux équilibres au Parlement européen, va encore attiser la connerie de nos politiques, entre ceux qui réclament déjà une dissolution, ceux qui continuent à dire « ça ira mieux demain » ou ceux qui, engluées dans des considérations politico-judiciaires, émettent des écrans de fumée pour faire oublier leurs propres turpitudes.

Ce résultat va focaliser les commentaires des commentateurs « autorisés » et des économistes qui ne représentent qu’eux-mêmes et qui vont squatter les médias dans les prochains jours, en oubliant l’essentiel : le citoyen.

C’est dire que nous ne sommes pas sortis du marasme et que les débats risquent fort de continuer à ne pas corresponde à nos attentes : c’est pour cela que l’abstention progresse et que le fossé se creuse entre le pays et son « élite » politique.

 

SOURCE / AGORA VOX, MICHEL DROUET

 

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