Résistons ensemble, petit journal du réseau contre les violences policières

Publié le par dan29000

Voici en pdf, le No 130, MAI 2014, du petit journal mobile recto-verso A4


"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de réaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article538



sommaire
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- Bientôt tous noirs et arabes ?

- [ A N T I F A ]

- [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Souvenons-nous du grapheur Mickaël Cohen
Mort en fuyant la BAC
Joseph Guerdner a été assassiné de 3 balles dans le dos…
Pour Amine Bentounsi
La répression par mutilation
Solidarité avec la CREA !
Nouvelles des ZSP
« Fuck austerity ! Les désirs ne chôment pas »
Les Rroms en France
Que fait la police ?…

- [ A G I R ]
La sœur d’Amine Bentounsi…
« Ici comme ailleurs, la police assassine ! »
Appel du comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi
Face aux armes de la police


Bientôt tous noirs et arabes ?
Le 5 avril à Paris, 400 personnes ont marché contre les violences et les
crimes policiers. Les familles de Lahoucine Aït Omghar, d’Amine
Bentounsi, de Wissam El-Yamni tués par la police, ont été rejointes par
des victimes de Flashball, éborgnés, blessés : Pierre de Nantes, le
Collectif 8 juillet pour les 5 de Montreuil…
La manifestation du 5 avril nous rappelle, s’il le fallait, que la
violence est le quotidien de la pratique policière, coup de stress,
claques, insultes… Les morts et blessés en sont l’expression la plus
forte. Pas de bavures, mais la conséquence d’un fonctionnement, d’une
volonté politique, avec l’impunité judiciaire pour enfoncer le clou.
Un autre constat doit être fait en égrainant la liste des morts, celui
d’une police qui tue essentiellement les habitants des quartiers
populaires, le plus souvent noirs et arabes, alors que ceux qui ont été
touchés par la répression pendant qu’ils manifestaient sont, quant à
eux, mutilés. Ce traitement différencié des populations qui donne un
permis de tuer à la police quand elle réprime dans les ghettos révèle le
caractère raciste de son action appuyée par les politiques de division
des gouvernements successifs de droite comme de « gôche ». Islam,
immigration, Rroms… Mais on ne peut se contenter de convoquer le racisme
institutionnel pour expliquer la dureté de la répression. L’oppression
qui vise les habitants des quartiers est double, au racisme s’ajoute la
question sociale : être condamné à une vie de misère, de chômage, de
précarité, de mal-logement… sont autant de raisons de se révolter contre
le renforcement de l’austérité que nous promettent les plans du nouveau
gouvernement Hollande-Valls. Il n’y a rien à attendre du côté des partis
: de gôche comme de droite ou d’extrême droite, tous sont embourbés dans
les magouilles électorales. Le seul espoir reste la rue. Quand, comment,
sous quelle forme le couvercle va sauter… personne ne peut le prévoir.
Le Flashball est le symbole d’un tournant. Testé dans les quartiers
populaires, les « retours d’expérience » des flics, suite aux révoltes
de 2007, ont contribué à la généralisation d’un Lanceur de Balle de
Défense plus puissant. Le 22 février lors d’une manifestation à Nantes,
a notre connaissance 3 personnesw perdent l’usage d’un œil, le directeur
départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique assume cette
nouvelle forme de terreur. « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre
aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels ».
L’État prépare une casse sociale d’une ampleur inégalée en promettant de
mutiler et détruire les corps des révoltés.
Cette année la convergence du combat des familles des tués par la police
et de celui des personnes mutilées au flash-ball annonce que les
insoumis ne se laisseront pas faire.


> [ A N T I F A ]
Le 5 avril le groupement réactionnaire des « Jour de colère » appelait à
de nouveaux rassemblements dans toute la France, à coups de slogans sans
ambiguïté tels que « juifs hors de France », « immigrés dehors », « on
t’entend plus chanter Clément Méric », « la France aux français »… Mais
à Dijon et à Toulouse on ne les a pas laissé défiler tranquillement, des
contre rassemblements ont été organisés sur des revendications «
anticapitalistes, antisexistes, antifascistes, internationalistes, pour
une société égalitaire libérée des classes sociales et du salariat ».
Après Lille le 25 mars (voir RE 129), c’est à Lyon que le lundi 14 avril
une milice « antiracaille » émanant du groupe d’extrême droite
Génération Identitaire s’est lancée dans une nouvelle « opération de
sécurisation » dans le métro. Mais c’était sans compter sur la présence
de militants libertaires du claf qui, avec l’appui de nombreux usagers
du métro et habitants du quartier de la Guillotière ont mis la milice en
déroute. La police et les agents de sécurité du métro ont, quant à eux,
protégé les fachos !


> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Souvenons-nous du grapheur Mickaël Cohen
C’était le 10 avril 2004, Mickaël, dit « ECRO », avait 19 ans. Il
taguait sur un mur de l’autoroute. Il risquait, au plus, une amende.
Pourtant, à la vue des BAC il a paniqué et s’est jeté dans la Marne…et
il s’est noyé sous les yeux des policiers immobiles. Il fuyait, car il
savait qu’avec la police tout peut arriver. Sa famille est allée jusqu’à
la Cour européenne des « droits de l’homme » de Strasbourg. Résultats :
faux-fuyants, mutisme, mensonges, vérité cachée, manœuvres, mépris.
C’est le sort habituel des familles de dizaines et de dizaines de jeunes
et vieux morts entre les mains de la police. Ces quelques mots ne nous
ramèneront pas Mickaël. Sa famille, ses amis méprisés par l’État ne
trouveront réconfort que dans nos efforts pour que sa mémoire vive en
nous et dans notre combat. Le site : http://mickaelecro.fr

Mort en fuyant la BAC
À Marseille un jeune de 17 ans meurt en tombant du balcon alors qu’il
tentait de fuir la BAC qui le poursuivait. L’adolescent aurait été pris
en flag de vente de cannabis. Son avocate veut porter plainte.

Joseph Guerdner a été assassiné de 3 balles dans le dos…
en mai 2008 (voir notamment RE n° 65) par un gendarme alors qu’il
tentait de séchapper de la gendarmerie de Draguignan. Bien sûr n’étant «
qu’un Gitan », son assassin a été acquitté en 2010, par la Cour
d’assises de Draguignan, jugeant qu’il avait accompli « un acte prescrit
ou autorisé par les dispositions législatives ou réglementaires ». Ce
mois –ci, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France
à dédommager sa famille, 50 000 euros d’amende à sa femme et ses trois
enfants… Même si la France exécute ce jugement, son assassin continuera,
armé, tranquille à assurer « la loi et l’ordre ».

Pour Amine Bentounsi
Une centaine de manifestants a parcouru, ce 26 avril les rue de
Noisy-le-Sec où Amine a été abattu le 21 avril 2012 d’une balle dans le
dos par un policier. Son assassin a été mis en examen, mais l’enquête
piétine. « La peine de mort a été abolie, mais pas la mise à mort ;
vérité et justice pour Amine et pour toutes les autres victimes de la
police ». http://www.urgence-notre-police-assassine.fr

La répression par mutilation
Après Quentin et Damien, Emmanuel est la troisième personne connue, qui
ait été blessée à l’œil par un tir de flashball policier lors de la
manifestation à Nantes le 22 février dernier en protestation contre le
projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils sont maintenant 5 (avec
les 2 journalistes également blessés voir RE n°129) a avoir porté
plainte. Un bilan lourd qui marque un tournant, d’autant qu’il reste
provisoire et largement sous-évalué : de nombreux témoignages et photos
attestent de dizaines de blessés dont plusieurs au visage.
À ce type de violence « volontaire avec arme ayant provoqué une
infirmité permanente » passible d’ordinaire de la Cour d’assises,
s’ajoute le harcèlement des policiers face au secours improvisés. Le
directeur départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique
justifie cette violence comme une menace à toute contestation, et
soutient les plaintes déposées par les flics. Valls alors ministre de
l’Intérieur est lui aussi très à l’aise avec cette violence d’État : «
le problème n’est pas de faire mieux que la droite. Le problème est de
répondre au besoin de sécurité ». L’assurance d’une militarisation de la
répression avec laquelle il faudra compter.
http://www.citizen-nantes.com/article-collectif-des-blesse-s-par-la-police-lors-de-la-manifestation-du-22-fe-vrier-2014-a-nantes-123331115.html


Solidarité avec la CREA !
À Toulouse, la Campagne de Réquisition, d’Entraide et d’Autogestion
(CREA) existe depuis trois ans. Le 21 avril deux ouvertures publiques de
maisons ont lieu dans le quartier de la Roseraie. Depuis la veille la
pression est forte sur ces maisons. Jusqu’au moment où les RG, partis
bredouilles après avoir tenté d’interroger plusieurs personnes,
reviennent avec un dispositif impressionnant : plus d’une centaine de
flics de corps différents. Les occupant-e-s décident alors d’évacuer
collectivement les maisons, mais en évitant toute arrestation. Le
déménagement s’organise en urgence, et soudain la BAC attaque des
personnes identifiées comme membres de la CREA. Matraques, lacrymo,
grenades de désencerclement… Un militant prend une balle de LBD 40 dans
la tête, plus de la moitié des os du visage explosent (à quelques
centimètres près, les os du crâne cassés auraient mortellement atteint
le cerveau), nécessitant une opération rapide. Quatre personnes sont
mises en garde à vue (toutes relâchées depuis). Le camarade blessé a
porté plainte, et un rassemblement a eu lieu le 26 avril devant le
commissariat central de Toulouse. Et comme dit la CREA : « Les pauvres
ne disparaissent pas à coups de tonfa magique. Des bâtiments sont vides,
des gens sont à la rue : réquisitionnons ce qui a été construit par le
peuple pour loger le peuple. »
http://creatoulouse.squat.net/

Nouvelles des ZSP
Comme à Gennevilliers(92) avec Résistons ensemble, à Barbès, une ZSP
parisienne, des militants qui y diffusent régulièrement, font l’objet
d’une répression policière en vue d’interdire leur parole en défense des
biffins, sans-papiers… Une militante a été arrêtée le 12 avril et mise
en garde à vue. Elle en sortira avec un« rappel à la loi », pour un
soi-disant « outrage et rébellion ».

« Fuck austerity ! Les désirs ne chôment pas »
Depuis plus de deux mois, la Coordination des intermittents et précaires
d’Ile-de-France (« chômeurs, intermittents, intérimaires, précaires avec
ou sans papiers ») est en guerre contre la nouvelle convention Unedic,
signée par des syndicats à la botte du Medef. L’État dans sa variante
“socialiste” réprime violemment leurs actions : à Paris, évacuation
policière de l’occupation du Carreau du temple (3ème) le 23 mars, de la
caserne militaire désaffectée de la rue de Reuilly (12ème), gazage et
tabassage le 25 avril devant le ministère du travail… Pourtant le
mouvement ne faiblit pas, s’étend à toute la France et ne lâche rien
fort de slogans qui font mouche tels « nous croirons en leur crise quand
les riches se suicideront en masse ! »

Les Rroms en France
Amnesty accuse la police française de « harceler » les Rroms. Un
courrier du SRPJ de Montpellier à l’intention des professionnels de
l’hôtellerie les enjoint à « signaler l’arrivée dans [leur]
établissements d’individus originaires d’Europe de l’Est, en groupe ou
en famille ». Puis une note interne au commissariat du 6ème de Paris
donne comme consigne « d’évincer systématiquement les familles Rroms »
Bien que la police s’en défende, il s’agit bien là d’une politique bien
réfléchie visant à faire des Rroms des ennemis publics à éliminer.
Personne n’a oublié les propos de Valls l’an passé pour lesquels il
comparaîtra le 5 juin 2014.

Que fait la police ?…
La « Chronique antiautoritaire » dirigée par Maurice Rajfus « prend
momentanément congé de ses lecteurs, avec ce constat : sous la gauche,
comme sous la droite, le comportement policier ne s’est guère amélioré.
» Son premier numéro a démarré après l’assassinat par la police de
Makpumé M’Bovolé en 1994. Ce journal remarquable était animé par deux
militants qui, déjà bien avant 1994, ont marqué leur époque. Maurice
Rajfus, échappé de la rafle de Vel d’Hiv, auteur de nombreux ouvrages
démasquant l’État français de l’occupation et les crimes policiers et
par le regretté Jean -Michel Mension, dit Alexis Violet, celui qui a
tagué sur les quais de la Seine au lendemain du massacre du 17octobre
1961 par la police de centaines d’Algériens : « ici on noie les
algériens ». Journal rebelle, fait par des rebelles. Espérons que ce
n’est qu’un au revoir.


> [ A G I R ]
La sœur d’Amine Bentounsi…
Amal accusée par Manuel Valls, ex-ministre de l’Intérieur de «
diffamation publique envers une administration publique » à cause d’une
vidéo postée sur le site Urgence notre police assassine. Lors de son
procès, le 7 avril, elle-même et de nombreux témoins ont démontré
l’impunité des crimes policiers. Face au vide de la plainte la
Procureure, gênée, a demandé la relaxe, verdict le 28 mai 2014.
http://paris-luttes.info/compte-rendu-du-proces-d-amal

« Ici comme ailleurs, la police assassine ! »
Le 28 mars 2013, à Montigny-en-Gohelle (62), Lahoucine Ait Omghar est
tué dans sa rue de 5 balles par la police. C’est le troisième jeune de
ce quartier abattu par des policiers. Rassemblement mercredi 14 mai à
14h30, devant le tribunal de grande instance de Béthune, afin de
soutenir sa famille. Suivi d’une discussion à l’Insoumise à 19h, au 10
rue d’Arras à Lille. http://www.linsoumiselille.wordpress.com

Appel du comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi
« En juin 2013, Dorsaf et Walid, membres du comité Vérité et Justice
pour Abdelhakim Ajimi ont été condamnés à 4 mois de prison avec sursis
et 300 euros chacun de dommages et intérêts, pour “outrage à une
personne dépositaire de l’autorité publique” lors du procès des
policiers coupables de la mort de Abdelhakim qui s’est tenu à Grasse en
janvier 2012. Dorsaf et Walid ont reçu des peines presque maximales et
comparables à celles des policiers condamnés pour la mort de Abdelhakim
! Ils ont fait appel et le procès aura lieu lundi 2 juin 2014 à 14h à la
Cour d’Appel d’Aix-en-Provence… » Rassemblement devant la Cour, chèque
de soutien pour frais d’avocats à adresser à l’Union locale CGT, 11 rue
Gazan 06130 Grasse.

Face aux armes de la police
Une manifestation de solidarité avec les blessé-e-s par la police et les
inculpé-e-s par la Justice suite au 22 février - entre autre - est
organisée le 17 mai à Nantes : http://nantes.indymedia.org/events/29378
Conseils juridiques aux personnes blessées par des flashball, grenades…
par le collectif Face aux armes de la police :
http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/2014/04/22/conseils-juridiques-aux-personnes-blessees-par-des-flashball-grenades-ou-autres-saloperies/

contact : faceauxarmes@free.fr

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