Bouquetins protégés en Haute-Savoie : "nouvelle tuerie" en préparation

Publié le par dan29000

Bouquetins : une « nouvelle tuerie » est en préparation !

 

Les bouquetins sont protégés, et leur abattage est interdit. Pourtant, un bain de sang a lieu en Haute-Savoie, c’est un scandale, et, comme vient de le laisser entendre le président du Conservatoire départemental des espaces naturels, ce n'est pas prêt de s'arrêter. Une manifestation, 42800 signatures ? Peu importe : au niveau politique et médiatique, l'indifférence est générale !

 

Le 15 juin 2014, Thierry Lejeune, président du Conservatoire des espaces naturels de la Haute-Savoie (ASTERS), a déclaré au journal Le Dauphiné Libéré : "Nous ne sommes pas prêts à accepter une nouvelle tuerie, en sachant très bien qu’elle est en préparation…"

Si, en octobre 2013, la décision d'abattre les bouquetins de 5 ans et plus a été très mauvaise sur le plan éthique, elle l'a également été sur le plan stratégique. En pratique, l'âge des mâles est beaucoup plus facile à déterminer que celui des femelles, si bien que depuis plusieurs mois, l'abattage des mâles est privilégié, alors que les femelles sont beaucoup plus touchées que les mâles ! Après avoir éliminé massivement les mâles reproducteurs (dont 89% étaient potentiellement indemnes de brucellose), les jeunes mâles ont eu prématurément accès à la reproduction, et se sont contaminés par voie vénérienne par le biais des femelles séropositives (laissées en vie du fait de la difficulté à déterminer leur âge). Sans l'arrêté d'octobre dernier, il n'y aurait pas eu de boum de brucellose chez les jeunes, car les animaux contaminés auraient continué à se reproduire entre eux sans contaminer les animaux non reproducteurs ; l'infection aurait été contenue. La décision prise par l'Etat n'aurait donc fait qu'étendre la maladie aux classes d'âge qui étaient jusqu'alors épargnées ! C'est ce que le président d'ASTERS semble reconnaître : "On est allé trop vite. On a voulu jouer aux apprentis sorciers et on n’a rien réglé. Aujourd’hui, les études ne sont pas rassurantes."

 

"ON N'A PAS ETE TRES HONNETE"

 

Ce responsable va plus loin et rejoint la ligne que nous défendons : "Mis devant le fait accompli, nous avons validé la moins mauvaise des décisions, mais franchement, on n’a pas été très honnête avec nous. Normalement, toutes les bêtes abattues devaient être analysées. Cela n’a pas été fait. On a simplement envoyé les carcasses à l’équarrissage. On a voulu gérer un problème par l’éradication d’une espèce protégée, au nom du principe de précaution. C’est du jamais vu. Surtout que la situation n’était pas aussi urgente qu’on a voulu le faire croire. Asters défend une position scientifique et non idéologique. [...] Il faut ramener le débat sur un plan rationnel et agir sur la base d’études scientifiques solides."

Le préfet de la Haute-Savoie a convié la FRAPNA et ASTERS à une réunion, le 1er juillet prochain, pour présenter les résultats des analyses (partiales, impartiales ?) menées sur les bouquetins en avril et mai 2014. Suivant le dossier depuis plusieurs mois et nous appuyant sur des sources officieuses, nous craignons sérieusement que le préfet demande l'abattage total des bouquetins du Bargy. De surcroît, d'après un responsable associatif, "d'importants abattages ont eu lieu récemment" ; et pendant ce temps, notre recours en justice attend au sommet d'une pile sur le bureau d'un juge !

Ne restons pas les bras croisés : je demande une nouvelle fois à tous les signataires de la pétition de faire part de leur consternation de deux manières : 1) en écrivant à la Ministre de l'Ecologie 2) en allant sur le Massif du Bargy pour observer (SANS INTERVENIR) les agents chargés des abattages (sauf si la zone est bouclée par arrêté préfectoral). D'après plusieurs sources ayant côtoyé des gardes, la présence du public qui les observe dans leurs actions de terrain met les agents de l'Office National de la Chasse très mal à l'aise. Certains d'entre eux critiqueraient (à juste titre) les décisions de l'Etat. Exécuter un ordre illégal, qu'il soit ordonné par un préfet ou un ministre, n'est-ce pas illégal ? Tous les citoyens sont tenus de respecter la loi. La crédibilité de l'ONCFS dépend du comportement de ses agents. Il ne faut pas oublier que la parole du préfet de la Haute-Savoie a une valeur très contestable (cf. Le massacre des bouquetins du Bargy en 8 points clés, §5).

Le respect de la loi est notre force, pas celui de nos dirigeants. Comme expliqué en détails dans ce dossier soutenu par plusieurs associations, en ordonnant ces abattages, l'Etat semble n'avoir pas respecté les articles L 120-1-1° et L 411-2-4° du code de l'environnement ! De notre côté, n'enfreignons à aucun moment la loi ; franchir cette limite décrédibiliserait l'ensemble de notre travail ! Agissons légalement, servons d'exemple !

 

Pour l'envoi à la Ministre de l'Ecologie, je vous invite soit à sortir votre plume soit à imprimer cette lettre (soutenue par 15 associations) en y ajoutant votre signature : MODELE LETTRE PDF ou MODELE LETTRE WEB . A envoyer, le plus tôt possible, par voie postale à l'adresse suivante : Madame la Ministre de l'Ecologie, Ségolène ROYAL - 246, Boulevard Saint-Germain - 75007 PARIS

 

Abattre des bouquetins, animaux protégés, à l'aveugle, sans savoir s'ils sont malades, n'est pas tolérable ! L'arrêté du 1er octobre 2013 doit être abrogé ; et à l'avenir, comme les autorités scientifiques le demandent, aucun bouquetin non testé ne doit être abattu ! (Texte et photos : MS)

 

SIGNEZ LA PETITION

 

SOURCE / AGORA VOX, Matthieu Stelvio

Publié dans environnement

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