Collectif 69 (Intermittents et précaires) : deux textes contre les idées fausses du Medef et du gouvernement

Publié le par dan29000

« Amis de la culture, bonjour ! » Quelques explications sur la réforme de l’assurance chômage

 

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Le Collectif unitaire 69, qui rassemble des intermittents et des précaires, propose deux textes qui tordent le cou aux fausses idées que répand le MEDEF avec la complicité du gouvernement. Ce sont ces textes éclairants sur la réforme de l’assurance chômage qui sont lus sur scène lors des interventions du collectif.


Amis de la culture, bonjour,

Nous tenons aujourd’hui à vous parler sur cette scène d’un sujet sérieux, grave, et bien réel : l’accord sur l’assurance chômage, qui sera soumis à l’agrément du Ministre, M. REBSAMEN le 18 (ou 19 ?) juin. Il nous reste X [1] jours pour l’empêcher d’agréer cet accord.

Nous sommes aujourd’hui sur cette scène pour tordre le cou aux fausses idées que répand le MEDEF avec la complicité du gouvernement grâce à leurs moyens de communications de masse.

Nous demandons d’ailleurs à ceux ici présents qui se sentent concernés par ce sujet de filmer ou prendre en photo avec leur téléphone portable cette intervention et de la diffuser sur toutes les plateformes possibles, presse, sites internet, réseaux sociaux afin de peser dans la balance et de soutenir ainsi notre action.

Les médias répandent l’idée de régime « privilégié » pour les intermittents, mais éludent les spécificités de nos métiers, dont celle de l’emploi discontinu.
Le régime de l’intermittence a été créé pour être adapté à cet emploi discontinu, il n’est pas privilégié : si les chômeurs du régime général étaient soumis à celui de l’intermittence, l’Unedic ferait beaucoup, beaucoup d’économies.
Devant l’augmentation des contrats courts, dans tous les secteurs d’activités, le MEDEF craint que les autres salariés de l’emploi discontinu revendiquent une protection similaire aux intermittents, d’où cette attaque frontale tout azimut.

Par ailleurs la culture, génère des richesses, y compris du point de vue économique puisqu’elle pèse 7 fois plus dans le PIB de la France que l’industrie automobile. Les arguments économiques du Medef ne sont mêmes pas valides.

Le but de cette manipulation médiatique est de diviser et de monter : les intermittents contre ceux qui ne le sont pas, les travailleurs contre les chômeurs, les indemnisés et ceux qui sont au RSA... et vice versa !

Le but de cette manipulation médiatique est un travail de sape afin d’anéantir un système d’assurance chômage basé sur la mutualisation et la solidarité.

Ne les croyez pas quand ils vous disent que nous, les intermittents, sommes responsables d’un quart du déficit de l’Unédic.

C’est faux, nous représentons 3.5% des chômeurs et touchons 3.4% des indemnités.

Ne les croyez pas quand ils vous disent qu’il n’y a pas d’autre choix, à cause du déficit.

C’est faux, nous avons des solutions alternatives qui à moindre coût proposent une réforme plus juste, elles ont été élaborées par un comité de suivi, composé de parlementaires, syndicats, représentants de la profession, chercheurs et économistes. Monsieur Rebsamen, aujourd’hui ministre du travail faisait partie de cette commission et en a signé les propositions le 9 mars.
Aujourd’hui il se désavoue en s’apprêtant à signer cet accord, elles n’ont même pas été étudiées lors de la "négociation" du 22 mars. Est-ce acceptable ?

Ne les croyez pas quand ils vous disent : « Cet accord sauvera l’intermittence. »

C’est faux, cet accord continuera d’exclure des intermittents de toute indemnisation, et il en éjectera d’autres vers le régime général qui est lui-même très attaqué : différés d’indemnisation qui pourront aller jusqu’à 6 mois, des baisses de droits en tout genre, des droits rechargeables très discutables. Les intérimaires sont loin d’être épargnés, ils perdront jusqu’à 300 euros par mois d’indemnités. Est-ce acceptable ?

Déjà 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés.

Quand le MEDEF s’attaque à l’assurance chômage, il poursuit MÉTHODIQUEMENT son programme : liquider l’héritage de la protection sociale solidaire créée par le conseil national de la résistance (1945)

Quand le MEDEF s’attaque aux chômeurs, précaires, intérimaires, intermittents, il s’attaque aux salariés. Il s’attaque à vous, à nous tous !

Au travers de cet accord, le MEDEF met en route SON PROJET DE SOCIETE, avec la complicité de syndicats défendant leurs places à la sueur de leurs doigts, serrant fébrilement le stylo, au moment de la signature.

C’est pour tout cela que cet accord ne concerne pas seulement les intermittents.

C’est pour tout cela que cet accord ne peut pas être agréé.

Comme vous, nous aimons la culture, nous aimons les gens, nous aimons la vie... Ce que nous défendons, nous le défendrons jusqu’au bout.

Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous.

Un deuxième texte est également lu sur les différentes scènes :

Cher public...

Nous nous présentons à vous aujourd’hui au nom du collectif unitaire 69 en lutte comme dans beaucoup d’autres régions de France contre les accords du 22 mars sur l’assurance chômage.

Une fois de plus les travailleurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel sont pris pour cible. Mais nous ne sommes pas les seuls concernés. Des millions de chômeurs, de travailleurs intérimaires, saisonniers, à contrats courts ou flexibles sont fortement touchés et c’est pour tous que nous nous battons. Aujourd’hui 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés, et demain ?
Quand le MEDEF, qui a orchestré cet accord, s’attaque à l’assurance chômage, il poursuit méthodiquement son programme : liquider l’héritage de la protection sociale solidaire créée par le conseil national de la résistance en1945.

Concernant le régime spécifique des intermittents du spectacle, des propositions alternatives ont été élaborées par un comité de suivi composé de parlementaires, de représentants syndicaux et d’experts (sociologues, économistes et travailleurs du spectacle) offrant une protection sociale plus juste et ce, à moindre coût. Ces propositions n’ont pas même été étudiées lors des négociations de l’Unedic et Mr Rebsamen, ministre du travail, qui avait pourtant participé à leur élaboration, qui les avait validées et signées le 9 mars dernier se désavoue aujourd’hui en s’apprêtant à agréer un accord qui va l’encontre de chacune d’elles.
Mesdames et messieurs quand le politique se détourne à ce point du mandat qui lui a été confié, c’est à la société civile, à vous, à nous qu’il revient de réagir !

- Perdre son emploi pour survivre : au théâtre, ça vous fait pleurer ! Mais dans la vie ?
- Se révolter contre l’injustice : au théâtre ça vous donne le frisson ! Mais dans la vie ?
- Dénoncer le cynisme des personnes qui nous gouvernent : au théâtre, vous applaudissez ! Mais dans la vie ?
-  La force d’un mouvement solidaire : au théâtre, vous applaudissez !
Mais dans la vie ? Qu’est-ce que vous faites ?

Merci de ce temps de parole, merci de votre écoute et bon spectacle !

Collectif Unitaire 69
Vous pouvez également regarder les vidéos des interventions devant le public lyonnais.

Notes

[1L’entrée en vigueur de la réforme est prévue pour le 1er Juillet

 

SOURCE / REBELLYON.INFO

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