La France doit accorder l'asile à Edward Snowden

Publié le par dan29000

La France doit accorder l'asile à Edward Snowden

 

 

Une pétition, lancée à l’initiative de l’Express et signée par une cinquantaine de personnalités et des centaines d’internautes, demande à François Hollande d’accorder l’asile politique à l’informaticien Edward Snowden, à l’origine de l’énorme fuite de documents de la NSA sur l’ampleur de l’espionnage mondial des internautes par les Etats-Unis. Mediapart soutient évidemment cette initiative.

Nous la soutenons d’autant plus que depuis le début de cette affaire, nous avons à plusieurs reprises réclamé cet asile politique, dénonçant, au moment d’une première demande, début juillet 2013, les « arguties du pouvoir français » pour la refuser. « Les problèmes juridiques invoqués par le ministère de l’intérieur cachent manifestement des considérations politiques et diplomatiques », relevait-on alors. De même que nous avions révélé comment la France avait cédé aux Américains, allant jusqu’à refuser qu’un avion transportant le président équatorien Evo Morales, et soupçonné d’avoir Snowden à son bord, de survoler son ciel (lire Espionnage: Hollande cède sous la pression des Etats-Unis)

Lors de la première demande en 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'intérieur, interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, s’était dit « pas très favorable » à ce que la France accueille Edward Snowden, alors même que, précisait-il, sa demande ne lui était pas parvenue. Il avait opportunément rappelé les « conventions » ainsi que les « relations » entre la France et les États-Unis. »

Une position réitérée ce mardi 4 juin par le même Manuel Valls, devenu entre-temps premier ministre. Celui-ci n’y est (toujours) « pas favorable ». Il y a pourtant urgence à trouver une solution. Comme le rappellent les pétitionnaires, en « juillet prochain, le visa d'Edward Snowden arrivera à expiration en Russie » et « nul ne sait alors ce qu'il adviendra de lui dans le contexte international tendu qui est celui d'aujourd'hui ».

N'en déplaise au patron de France Inter, Philippe Val, qui déclarait récemment devant le Crif que Snowden était « un traitre à la démocratie », les signataires demandent à François Hollande, Manuel Valls et Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères d’accueillir le lanceur d’alerte « sous le statut de réfugié politique en France, pays des droits de l'Homme et de la liberté de la presse ». Une telle éventualité avait déjà été évoquée dans nos colonnes, en juillet dernier, par Gérard Sadik, spécialiste du droit d’asile à la Cimade : « Juridiquement, sa demande n’est pas fantaisiste. Y compris s’il ne risque pas la peine de mort, il pourrait être considéré comme réfugié en raison de ses opinions politiques ou comme “combattant de la liberté” ».

Dès le mois de juillet 2013, Mediapart s’était mobilisé non seulement pour Edward Snowden, mais plus généralement pour tous les lanceurs d’alerte. Ainsi, le 10 août, Edwy Plenel publiait un parti-pris titré « Contre l’Etat d’exception », qui se proposait « de mettre en perspective, au-delà des nouvelles immédiates, l’aventure dont Edward Snowden est le protagoniste, faisant suite aux mésaventures de Bradley Manning et Julian Assange. »

Cette continuité de destin entre les lanceurs d’alerte ne s’arrête pas là. Qu’on pense à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, toujours bloqué, à cette heure, à l’ambassade équatorienne à Londres. Qu’on pense à Pierre Condamin-Gerbier, ancien banquier français en Suisse, retenu plus de deux mois et demi par les autorités helvètes, pour avoir voulu livrer des informations à la France sur le fonctionnement de la banque Reyl, citée dans l'affaire Cahuzac (incarcération contre laquelle nous avons organisé une conférence de presse à l'Assemblée le 17 juillet 2013).

Cette succession de (mauvaises) nouvelles, à l'été 2013, avait amené Mediapart, en association avec RSF, à organiser une grande soirée pour le droit de savoir, sous-titrée : « pour la liberté de la presse, pour la liberté d'expression, pour les lanceurs d'alerte », le 28 septembre. Vous pouvez la retrouver ci-dessous :

 

Pour signer la pétition, c’est ici.

 

SOURCE / MEDIAPART

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