Vodka, pirojki et caviar, un polar nordique de Monica Kristensen, chez Gaïa éditions

Publié le par dan29000

Si Godard, parlant récemment de l'Europe culturelle, constatait l'impossibilité de voir en France (hormis à Paris) un film norvégien, il n'en est heureusement pas de même pour la littérature. Il est vrai que depuis quelques années, le polar nordique a le vent en poupe, et c'est tant mieux vu sa qualité.

 

Si elle est née en Suède, Monica Kristensen est une éminente scientifique norvégienne où elle a passé presque toute sa vie. Après un doctorat en glaciologie, elle a mené plusieurs expéditions en Arctique et Antarctique, recevant même la médaille d'or de la Royal Geographical Society.

 

Elle sait donc de quoi elle parle, et cela se ressent dans son nouveau roman traduit en français chez Gaïa, Vodka, pirojki et caviar.

 

L'action se situe dans l'archipel du Svalbard, entre la mer de Barents et l'océan glacial arctique. Plus précisément dans deux villes Longyearbyen et Barentsburg. L'archipel est gouverné par les Norvégiens, mais Barentsburg, ville minière, est russe.

Un accident mortel vient d'arriver dans cette ville.

Knut, policier à Longyearbyen va devoir aller vérifier si ce décès n'a rien de suspect.

Si les deux villes sont proches, elles ne sont pourtant accessibles que par hélicoptère, quand le temps le permet.

L'endroit se révèle assez vite inquiétant.

D'abord la nuit noire, presque en permanence, ensuite un lourd passé des habitants, et aussi les kilomètres de galeries souterraines des anciennes mines. Certains savent, mais ne parlent pas.

Et si cette mort n'était pas vraiment un accident ?

Difficultés et angoisse vont bientôt se liguer contre Knut, sans parler des Russes qui tentent de l'endormir à coups de vodka, pirojki et caviar. Quand survient la tempête et que la neige recouvre tout, et que son téléphone portable n'est plus rechargeable, Knut commence à se sentir très isolé, un peu en trop, dans cette communauté qui pourrait bien avoir quelques secrets inavouables.

Très vite le lecteur se sent en phase avec les lieux, avec l'enquêteur, et devient impatient d'avancer dans cette histoire prenante

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Une fois la lecture achevée, une seule envie, lire les deux autres romans de Monica Kristensen déjà parus chez Gaïa en 2012 et 2013 "Les sixième homme" et "Opération Fritham", tous deux disponibles en format poche chez Babel.

 

Un auteur à suivre que ses lecteurs pourront rencontrer à Caen en novembre prochain lors du passionnant Festival Les boréales de Normandie.

 

Dan29000

 

Vodka, pirojki et caviar

Monica Kristensen

Traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon

Gaïa éditions

2014 / 304 p / 21 euros

 

 

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