SNCF en grève : quand le Parti socialiste détruit le service public

Publié le par dan29000

Pourquoi la SNCF est en grève

 

Depuis quelques jours, les employés de la SNCF sont en grêve. Par-delà le désagrément réel des usagers, il faut néanmoins reconnaître que les motifs de la grêve sont légitimes étant donné la nocivité du projet de loi gouvernemental, qui aboutirait à déconstruire plus encore notre service public.

Un très mauvais projet
 
Le gouvernement a un sacré culot. En effet, il affirme que la SNCF (qui gère les trains) et RFF (qui gère le réseau) seraient à nouveau réunis, séparation qui avait sans doute une part de responsabilité dans le cafouillage autour des nouveaux trains trop larges pour quelques quais. Mais en réalité, au lieu de fusionner les deux entreprises, et revenir à la situation qui prévalait il y a des années, le projet de réforme consiste à créer une troisième entité (qui s’appelerait SNCF) qui assurerait la coordination entre les deux entreprises, rebaptisées SNCF Mobilités et SNCF Réseau. Les trois entreprises seraient totalement indépendantes, dans leur gestion et leurs équipes. Difficile de croire qu’en créant une nouvelle entité, cela permettra d’améliorer la coordination entre la partie réseaux et la partie exploitation des lignes…
 
L’autre point, clé de la réforme, c’est la préparation de l’ouverture à la concurrence. Le Monde rapporte que « le gouvernement assure qu’il a donné toutes les garanties pour que tout nouvel opérateur ait, au moment où la concurrence sera ouverte entre 2019 et 2022 pour les transports de voyageurs en France, un accès libre au réseau ferroviaire  ». Bref, il s’agit d’un projet qui prend les français pour des imbéciles en créant trois entités qui auront le nom de SNCF mais qui seront bien distinctes et qui vise à camoufler en réalité la poursuite de la destruction du service public du transport ferroviaire en passant de 2 à 3 entreprises et en préparant l’arrivée de nouveaux opérateurs dans quelques années.
 
Le PS détruit (encore) le service public

Le transport ferroviaire est sans doute une des meilleures illustrations de la décomposition idéologique complète du PS. Voilà un domaine où jamais la privatisation n’a démontré le moindre intérêt, chose bien logique car on peut considérer que le transport ferroviaire est ce qu’on appelle en économie un monopole naturel, un domaine où il fait plus de sens d’avoir un monopole étant donné qu’il serait absurde de ne pas avoir un seul réseau, dont le coût est colossal, ce qui explique que la plupart des pays ont opté pour un service public du transport ferroviaire. Pourtant, ce sont les socialistes qui ont mené la destruction lente mais progressive de ce service public, fleuron de notre pays avec le TGV.

En 1997, ils ont décidé de couper en deux la SNCF, en créant RFF, qui rassemble les actifs (et la dette) et gère le réseau, une séparation contraire à l’esprit du service public. Ensuite, ils ont accepté les traités européens qui prévoient la libéralisation et l’ouverture à la concurrence du secteur. Poutant, cette ouverture est totalement illusoire puisque les nouveaux acteurs ne s’installeront que sur les lignes les plus profitables, ce qui pénalisera bien sûr l’opérateur historique qui devra assurer le service sur les lignes qui ont le plus faible trafic. Et les dépenses de communication aboutiront sans doute à une envolée des tarifs, comme cela s’est passé dans l’énergie. Bref, les Français seront perdants.
 
Voilà pourquoi, malgré les désagréments provoqués, il est difficile de ne pas comprendre la mobilisation des employés de la SNCF qui s’opposent à un mauvais projet qui poursuit l’entreprise de destruction de notre service public, par un parti socialiste qui n’a de socialiste que le nom.
 
SOURCE / AGORA VOX, LAURENT PINSOLLE

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