A Gaza, ce n'est plus une opération, mais une guerre

Publié le par dan29000

Israël/Gaza - Le journal de guerre de Danièle Kriegel (1) : "Ce n'est plus une opération, c'est une guerre"

 

Comment l'offensive israélienne sur Gaza est-elle vécue à Jérusalem ? Suivez le journal quotidien de notre correspondante.

 

De notre correspondante à Jérusalem,
 

Jérusalem, lundi 21 juillet, 10 heures locales.

 

"Ce n'est plus une opération, c'est une guerre." Cette analyse sort de la bouche d'officiers de haut rang qui s'expriment sous couvert d'anonymat. En parallèle, on apprend que l'état-major fait monter au front de nouvelles unités, rappelées depuis quelques jours et gardées jusqu'ici en réserve.

"Dimanche noir" ; "Journée sanglante" ; "La plus meurtrière du conflit" ! Ce sont, en ce lundi matin, 14e jour du conflit et 5e jour de l'offensive terrestre, les titres des quotidiens, qui tous publient les photos de cinq des treize soldats tués et une série d'articles sur les opérations d'hier sur le terrain et notamment à Chajaya, ce quartier est de la bande de Gaza, où vivent 100 000 personnes. Cette fois, contrairement aux jours précédents, le côté palestinien n'est pas escamoté. À la une, la plupart des quotidiens mentionnent le bilan des victimes palestiniennes dans ce secteur : plus de 60 tués, dont 20 enfants et 14 femmes.

 

 

Images terribles de corps jonchant les rues, de familles tentant, dans un chaos indescriptible, de fuir les combats pour trouver un refuge. Les centres de l'UNRWA sont débordés - ils accueillent plus de 50 000 personnes déplacées. Images : des centaines de gens se sont regroupés dans la cour de l'hôpital où les morts et les blessés ne cessent d'arriver. Une toute jeune fille en pleurs se met à crier : "Il faut que cela s'arrête, je veux étudier, je veux vivre !"

 

En Israël, dès le milieu de la matinée, la rumeur s'était faite de plus en plus insistante : la nuit a été terrible pour la brigade Golani. Sur les réseaux sociaux, on parle d'abord de 11 soldats tués. Puis de 15. Il y aurait 40, 50, 60 blessés. L'inquiétude du public est partout. À la télé et à la radio, pas un mot. Et cela va durer jusqu'au soir où, finalement, l'armée l'annonce : 13 officiers et soldats tués. 89 blessés, dont 5 dans un état très grave.

 

 

Opération "la plus juste qui soit"

Pourquoi avoir tant attendu ? Selon les médias, une famille a été particulièrement difficile à localiser. C'est la coutume ici. Tant que toutes les familles n'ont pas été prévenues, on ne dit rien. Sur les plateaux de télévision, les va-t-en-guerre, les politiques ou anciens militaires qui réclamaient à cor et à cri l'offensive terrestre ont baissé le ton ou sont remplacés par des commentateurs militaires qui expliquent ce qui s'est passé, ou des spécialistes du Proche-Orient et de la politique internationale qui débattent pour savoir si, au rythme des images effroyables qui parviennent de Gaza, Israël va pouvoir conserver le soutien international dont elle semblait bénéficier jusque-là.

 

 

Publié dans Monde arabe - Israël

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