Israël bombarde un hôpital de Gaza

Publié le par dan29000

Mediapart INTERNATIONAL


A Gaza, « on est des gens normaux, on n'aurait pas dû être pris pour cible »


21 JUILLET 2014 | PAR YANNICK SANCHEZ

 

Au quatorzième jour de l'opération “bordure de protection”, un hôpital du centre de la bande de Gaza a été touché par une frappe israélienne, tuant 5 personnes et faisant au moins 70 blessés. Victimes des bombardements, des Gazaouis témoignent.

Il n'y a pas de trêve. Après deux semaines de bombardements et alors que dimanche 20 juillet 2014 fut le jour le plus meurtrier du conflit avec 140 Palestiniens et 13 soldats israéliens tués, l’État hébreu a poursuivi ses frappes sur la bande de Gaza. Le bilan total depuis le 8 juillet est de 508 morts côté palestinien et de 3 150 blessés selon le ministère palestinien de la santé.

Lundi 21 juillet, malgré les appels au cessez-le-feu, un hôpital du centre de la bande de Gaza a reçu une roquette israélienne faisant cinq morts et 70 blessés, rapporte le quotidien Haaretz. Les Nations unies avaient pourtant réitéré dans la nuit leur appel à « cesser immédiatement les hostilités » et « au respect des lois humanitaires internationales, notamment sur la protection des civils ». Selon le porte-parole de l'office de secours et de travaux des Nations unies pour la Palestine (UNRWA), 87 000 habitants palestiniens ont trouvé refuge dans 67 bâtiments de l'ONU à Gaza, où femmes et enfants sont installés à même le sol faute de place.

Présent sur place, Médecins sans frontières affirme dans un communiqué que « la plupart des urgences qui arrivent sont des femmes et des enfants » et exhorte l’État hébreu à cesser les bombardements. Selon Nicolas Parus, coordinateur du projet MSF à Gaza, « le discours officiel soutient que l’offensive terrestre a pour but de détruire les tunnels. Ce que l’on voit sur le terrain, c’est que les bombardements sont indiscriminés et que ceux qui en meurent sont des civils ».

François Hollande est revenu sur sa déclaration du 9 juillet dernier, dans laquelle il avait « exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza » sans évoquer les pertes civiles du côté palestinien. Au cours d'un entretien avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, le président français a déclaré que « tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza ». Le président américain Barack Obama a de son côté annoncé que son chef de la diplomatie John Kerry, attendu au Caire, devrait pousser à un cessez-le-feu « immédiat ».

Israël a par ailleurs été la cible d'une soixantaine de roquettes qui n'ont pas fait de victimes, portant le total à plus de 1 500 projectiles depuis le début de l'offensive contre Gaza. Le ministre israélien chargé du renseignement, Youval Steiniz, a estimé que les « combats risquaient de durer longtemps », le ministre des communications affirmant de son côté que ce n'était « pas le moment de parler d'un cessez-le-feu ». Le premier ministre, Benjamin Netanyahu, a jugé que l'opération « dépassait (les) attentes » concernant la destruction des tunnels, et souligné « le soutien très fort au sein de la communauté internationale » à cette offensive.

Nous avons contacté plusieurs Gazaouis par téléphone, ils confirment être la cible quotidienne des bombardements de l'armée israélienne. Zeinab Abdoukarim est professeure de français à l'institut français de Gaza, elle s'est réfugiée dans une des écoles de Khan Younes, non loin de la frontière égyptienne. « Nous, on n'a pas d'alarme pour nous prévenir des bombardements, on n'a pas vraiment de refuge, on ne peut que se soutenir moralement. Tous les jours, on entend les témoignages de familles qui ont été visées par les tirs israéliens. La fille d'un collègue de mon mari est morte. Elle avait invité sa famille à rompre le jeûne (du ramadan) et ils ont été terrassés dans son appartement. Il n'y a que le père qui a survécu. Aujourd'hui, on ne peut plus rester cloîtré chez soi. Si vous restez chez vous, vous risquez de mourir, si vous sortez c'est la même chose. Moi, je suis dans une salle de classe avec les proches de mon mari. J’essaie de leur amener ce que je peux, de la nourriture. Ils sont 1 200 personnes dans une école qui n'est censée en accueillir que 500. »

Ahmad Al-Massry travaille lui dans une ONG. Depuis que les bombardements se sont intensifiés, il a cessé de travailler pour s'occuper de ses proches. Dernièrement, il a quitté la ville de Beit Hanoun, cible de tirs israéliens. Il raconte sa fuite sous les bombardements pour rejoindre le camp de Jabalya, à une heure de marche. « Ce matin, on se croyait en pleine guerre mondiale. À Beit Hanoun, on a été encerclés totalement par les chars. On n'a pas eu le choix de partir. On a divisé la famille en groupes. Avec ma femme, on a marché sous les bombardements, un vrai cauchemar. Ça nous a pris plus d'une heure, ma femme était terrifiée, on a dû s'arrêter plusieurs fois en cours de route à cause des roquettes. Désormais, on est sans nouvelles de Beit Hanoun, j’ai essayé de contacter des amis mais ça ne répond pas. »

Raed Issa vivait dans le camp de réfugiés de Breij, en plein centre de la bande de Gaza. Il y a trois jours, sa maison a été détruite par un bombardement israélien, comme la plupart des maisons voisines. Hébergé chez des proches, il raconte : « Nous étions chez nous lorsque des voisins nous ont avertis d'un bombardement imminent. On s'est dépêché de sortir et à peine une minute plus tard, un missile a explosé à côté de chez nous, faisant quelques dégâts alentour. Trois minutes plus tard, notre maison a été complètement rasée. On ne comprend pas, on est des gens normaux, on n'aurait pas dû être pris pour cible », hurle-t-il au téléphone afin que sa voix ne soit pas couverte par les bombardements.

Même en pleine guerre, les Palestiniens que nous avons contactés ont tous pris le temps de nous questionner sur la situation en France et sur la position du gouvernement. Zeinab, professeure à l'institut français de Gaza a eu vent des heurts qui ont eu lieu lors de la manifestation du week-end dernier à Paris. « Ça nous a fait mal que le gouvernement interdise la manifestation. Quand vous êtes là à affronter la mort, ça fait du bien de savoir qu'il y a des gens qui vous soutiennent. »

Ce lundi 21 juillet, plus d'une trentaine de Palestiniens ont été tués et des dizaines de corps ont été retrouvés dans les décombres.

Publié dans Monde arabe - Israël

Commenter cet article

mehdi mountather 05/10/2015 15:55

Après ces crimes d'israél en Palestine normal ALLAH punit israél Usa la France la Russie l'Europe les pays qui ont des relations avec israél par des ouragans des inondations des séismes plus 6 tsunami déluge de Noé les météorites astéroïde les foudres les tornades glissement de terrain engloutissement d'heure a heure les pays musulmans ne seront pas épargner pas ces punitions d'ALLAH pour leurs silence sur la mosquée Al-Aqsa pour éviter ces cataclysmes la fin d'israél le 5.10.2015.