Une famille décimée à Gaza, par Nabila Kilani

Publié le par dan29000

Une famille décimée, comme tant d'autres, à Gaza

 

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Nabila Kilani habite à Beit Lahia, au nord de la Bande de Gaza. Elle travaille au Beit Lahia Educational & Training Center qui permet à des enfants de bénéficier de soutien scolaire et à des femmes de faire des broderies, robes, etc. pour les vendre et gagner un peu d'argent. Ces broderies sont acheminés en France par l'intermédiaire de militants, et un site est en cours de construction à cet effet : http://figaza.com/index.php Témoignage recueillie par Rose Blanche.

 

Depuis le 10 juillet, date à laquelle a été créée l'initiative militante "Ftoor pour Gaza", suite début de l'attaque sioniste contre Gaza du 8, Nabila a spontanément accepté de faire partie des 10 membres palestiniens de l'équipe sur place : aller chercher les fonds envoyés depuis la France, constitution de colis alimentaire/eau et distribution des colis ou des fonds aux familles qui ont tout perdu ou qui ont dû fuir leurs maisons pour tenter d'échapper à la barbarie sioniste. Elle nous disait d'ailleurs hier que le manque d'eau est une catastrophe. Une de ses prochaines missions sera d'utiliser les fonds pour installer une citerne d'eau dans une école où des familles du nord de la Bande de Gaza se sont réfugiées.

Une famille décimée, comme tant d'autres, à Gaza

Ibrahim et sa famille massacrés dans la tour Israa, où 8 autres personnes ont été tuées
Dès les premiers jours de l'offensive criminelle, elle nous a fait part des SMS qu'elle avait reçu de l'armée israélienne la prévenant qu'il y allait avoir une attaque terrestre sur Beit Lahia et lui demandant de quitter la zone...

Ensuite, elle nous a fait part du décès de son beau-frère et du fait que l'armée sioniste n'avait que mépris pour le deuil des familles et bombardait les cortèges de funérailles.

Puis ce fut l'annonce de la mort des frères Youssef, 13 ans et Omar Hamouda, 7 ans, deux enfants qui venaient au Centre culturel de Beit Lahia. Elle nous dit qu'ils étaient la fierté du Centre, ils avaient énormément progressé et étaient un modèle de réussite...

Malgré toutes ces difficultés, cette immense épreuve, Nabila nous disait au téléphone : "on continue, jusqu'au bout pour aider", ceci malgré les risques qu'elle prend, comme les autres, pour se déplacer, chercher l'argent, distribuer l'aide, etc.

Car à Gaza, l'aide internationale officielle, ON NE LA VOIT PAS. La population manque de tout, d'eau, de nourriture, de vêtements, de carburant, de médicaments. Les gens errent, des milliers de personnes qui ont fui Shejaya et le nord de la Bande se sont réfugiées dans les écoles, les hôpitaux, les jardins publics. Nabila, qui devait à l'origine apporter l'aide sur sa commune de Beit Lahia, retrouve maintenant ces personnes dans divers endroits de Gaza... elles n'ont plus rien, ont tout perdu.

Et aujourd'hui, Nabila nous apprend qu'hier, son cousin, son épouse, leurs 2 fils et leurs 3 filles ont tous été massacrés. Un peu avant la rupture du jeûne, "Ftoor", l'armée d'occupation a à nouveau pilonné... Son cousin était venu avec sa famille de Beit Lahia pour se réfugier à Gaza-ville, et c'est là qu'ils ont trouvé la mort ! Une mort omniprésente à Gaza, aucun endroit où être vraiment protégé.

Son cousin, le martyr Ibrahim, avait la double nationalité - palestinienne et allemande, il avait fait ses études d'ingénieur en Allemagne. Il avait souhaité revenir en Palestine, à Gaza, pour servir son peuple.

Nabila dit que les sept corps étaient tellement déchiquetés, pulvérisés, qu'ils ont été enterrés dans trois tombes...

Aujourd'hui, Nabila n'a la force de rien faire... mais elle a quand même eu le courage de me livrer son témoignage, pour le faire connaître au monde.

"Malgré les difficultés, l'omniprésence de la mort et les souffrances,si je pouvais juste porter cette souffrance en moi afin qu'on laisse mes enfants et mon peuple tranquilles."

Elle termine en me disant : "En Palestine, on a essayé de répandre la culture et la langue françaises parce qu'on a aimé la devise Liberté, Egalité, Fraternité. Nous sommes très choqués de la position du gouvernement français, qui soutient une tyrannie malgré la transparence des images, qui parlent d'elles-mêmes. Nous sommes choqués de voir que ce pays veut interdire au peuple de soutenir la cause palestinienne et de dénoncer les crimes barbares israéliens. A ce titre, je souhaite remercier chaque français qui a pris une position de soutien du peuple palestinien et de sa juste cause, et a montré son humanité en dénonçant les crimes.

Continuez à vous mobiliser. Je lance un appel à toutes et tous, continuez à sortir dans les rues, cela nous donne de la force.
"

 

Photo
Nabila Kilani et sa fille Yara, 8 ans
 
SOURCE / ISM-FRANCE.ORG

Publié dans Monde arabe - Israël

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