A Paris samedi, rassemblement de soutien à la Cantine des Pyrénées expulsée

Publié le par dan29000

samedi 30 août 2014 à 12h30

Rassemblement et repas en soutien à la Cantine des Pyrénées

Lundi 11 août 2014, la Cantine des Pyrénées a été expulsée du bâtiment qu'elle occupait depuis décembre 2012, au 331 rue des Pyrénées dans le 20ème arrondissement à Paris. Toutes les tentatives de pérennisation du lieu ont échoué. Nous étions expulsables depuis le 6 septembre 2013, c'est désormais chose faite : les repas accessibles à tous, les cours de français, les permanences d'entraide et la volonté de solidarité sont maintenant à la rue avec les six habitants qui ne se sont vus proposer aucune solution.

Depuis un an et demi, le collectif de la cantine des Pyrénées essayait de mettre en place un espace de solidarité de classe. Il s'agissait de faire de ce lieu un endroit de rencontre et d'échange pour que toute personne en galère, précaire, sans-papiers, mal-logée ou simplement intéressée puisse participer et s'y organiser. Une trentaine de personnes en avait les clefs, et plus de cent personnes se sont relayées pour y cuisiner. Parmi les actions initiées par la cantine :

La création d'un collectif de Mal-Logés révoltés contre les problèmes de logement. On pouvait aussi y recevoir ou y donner des cours de français sans avoir à se justifier de quoi que ce soit.

Chaque dimanche soir se tenaient des séances de cinéma gratuites.

La Cantine se mobilisait au quotidien pour dénoncer des actes qu'elle estimait inacceptables (affiches pour rendre hommage à une voisine assassinée, victime d'un crime sexiste...).

La Cantine a aussi été mise à la disposition d'un collectif de soutien à d'anciens militants politiques allemands des années 70, extradés en 2011. Les ouvriers de PSA en grève contre leur licenciement y ont collecté de l'argent pour leur lutte au cours d'un repas...

Ce lieu était nécessaire pour beaucoup, car les conditions de vie et de travail dues à la structure même du capitalisme, ne laissent que trop peu d'espace pour résister collectivement.

La Cantine ne cherche pas à faire de bénéfices et le paiement d'un loyer au prix du marché est incompatible avec son action. C'est pourquoi nous avons occupé illégalement un immeuble vide. Nous n'avons eu aucun scrupule à le squatter dans la mesure où ce lieu appartient à un groupe immobilier qui participe à la spéculation en chassant les plus pauvres du centre de la ville. En automne, une élue est venue de sa propre initiative et des vœux ont ensuite été votés au conseil de Paris : « (…) la Ville de Paris étudie toute solution permettant de pérenniser l'activité associative de « La cantine des Pyrénées » dans une autre implantation (...) ». Pendant plusieurs mois, alors que nous avons attiré leur attention sur des locaux qui nous convenaient, les services de la mairie ne nous ont fait visiter qu'un entrepôt sans fenêtres, sans cuisine, ne donnant pas sur la rue, avec accès restreint (digicode). Nous avons évidemment refusé. Au printemps, force a été de constater que rien n'aboutissait, nous leur avons donc demandé d'appuyer notre candidature pour l'accession à un local commercial de Paris Habitat, avec un loyer plutôt modéré. Là encore, on nous a répondu négativement. Ils ont préféré le louer à un vendeur de sandwichs. Après les élections municipales et européennes, ils ne répondaient plus à nos mails, ni à nos appels téléphoniques, et quand nous sommes allés les voir, ils nous ont dit qu'ils ne pouvaient rien pour nous. Depuis qu'elle a été réélue, l'équipe municipale ne veut plus entendre parler de la Cantine, elle se retranche dans le mensonge en affirmant publiquement que nous ne voulons pas payer un loyer alors que des négociations étaient en cours depuis des mois avec la mairie et le propriétaire du lieu. Nos échanges de mail le prouvent. Nos textes distribués et les dossiers de candidatures que nous avons envoyés au cabinet de la mairesse le prouvent aussi.

Nous voulons poursuivre notre action sans « revoir notre modèle économique » selon l'expression de la mairie, car nous refusons de servir des repas plus chers. La mascarade n'a duré que le temps des élections car leurs intérêts ne sont pas les nôtres. Leurs décisions et ambitions reposent sur le pouvoir et sur l'argent. Ils préfèrent voir des gens à la rue, isolés et crevant de faim plutôt que de louer un lieu à des gens qui résistent.

Sortir de l'anonymat des rues parisiennes, se rencontrer, résister côte-à-côte a été l'ambition de la Cantine.

Nous pensons que les habitants d'un quartier ne se rencontrent pas seulement dans une file d'attente au supermarché du coin. La Cantine était un lieu qui permettait de partager non seulement des problèmes, un rythme de vie et une fatigue mais aussi des idées, des colères et des solidarités. Afin de prendre conscience que nous vivons une réalité commune : la condition d'exploité.

Nous considérons le social et nous considérons la solidarité comme l'arme des peuples.

Nous ne comptons pas rester passifs ! Nous revendiquons le droit à occuper l'espace public, bail ou non, la nécessité de lieux de solidarité, de résistance et d'organisation n'est plus à démontrer. Là où l'on nous dit que nous ne sommes pas légitimes à occuper la Cantine des Pyrénées, nous répondons que ce sont plutôt les spéculateurs, marchands et autre capitalistes qui envahissent chaque mètre carré qu'on devrait exproprier.

Vive la solidarite ! Ne nous laissons pas faire ! La cantine vivra ! La cantine vaincra !

Rendez vous tous les samedi a partir de 12h en face de la cantine pour dejeuner et discuter .

Pour être tenu au courant de la suite des activités de la cantine, vous pouvez nous envoyer un mail à cette adresse et appeler à ce numéro : 0771161258 contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/34690

Maroc : Lettre de votre camarade Wafae Charaf

Wafae Charaf
Mardi, 19 Août, 2014

Photo : DR

Crédit: 
DR
Le 12 août, la militante des droits humains marocaine Wafae Charaf a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir osé dénoncer la répression policière. Depuis sa cellule de la prison civile de Tanger, la jeune femme écrit un vibrant appel à ses camarades et aux autres détenus "qui croupissent dans les geôles de ce détestable régime".
Traduction de l'arabe au français : Lettre n°2 de la détenue politique Wafae Charaf à ses camarades de l'intérieur de la prison civile de Tanger
 
Lettre de votre Camarade Wafae CHARAF,

Camarades,

J'appartiens aux opprimé-e-s, aux humilié-e-s et aux exploité-e-s qui subissent la détention. Mon emprisonnement est lié à ma qualité de militante des droits humains et à mon engagement politique au Parti la Voie Démocratique ainsi qu'à mon attachement à la lutte aux côtés des ouvrières et ouvriers. Cette classe ouvrière marginalisée, exploitée qui travaille dans des conditions d'oppression, et de despotisme. Une exploration doublement insupportable en particulier pour les femmes qui subissent les licenciements abusifs collectifs et individuels et la totale absence de protection sociale... etc.

Ma détention n'était pas une surprise pour moi car je savais - et dès les premiers instants de mon enlèvement et de la torture que j'avais subit psychiquement et physiquement - que le régime (Makhzen) cherchait à redorer son blason avec une idée préalable visant à falsifier les faits avant même un simple début d'enquête à ce sujet.

Cher-e-s Camarades, du fond des geôles de l'humiliation et du déshonneur, je vous adresse mes salutations les plus respectueuses et considérables et tout particulièrement au corps de ma défense, à toutes les organisations de droits humains et politiques, à tous les prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles de ce détestable régime, à tous les détenu-e-s du glorieux mouvement marocain du 20 février... Je peux mourir dans ma cellule en levant les symboles de la Victoire et de la fierté. Je veux transmettre mes salutations à mon Camarade détenu Oussama, aux jeunes du mouvement du 20 février, aux Camarades de mon Parti la Voie Démocratique et à sa jeunesse combative. Je salue toutes celles et tous ceux qui m'ont soutenu de près ou de loin. Salutations de fierté et de reconnaissance à ma famille qui a subit la douleur, la maladie, la déception (...) après mon enlèvement et la torture dont j'étais victime... Ce ne sont pas des mensonges comme le prétend le régime qui voulait, depuis le début, que je renonce à mes déclarations et les démentir et que ce n'était que hallucinations imaginaires...

Camarades: Mes principes, mes valeurs de droits humains et politiques que j'ai appris et adopté au sein de mon Parti la Voie Démocratique ne me permettent pas de fabuler comme le prétend et le propage le régime dont l'objectif principal est d'étouffer - dans ce pays blessé - toute voix libre revendiquant la dignité, la liberté, la justice sociale et l'égalité.

Mon attachement au combat aux côtés des ouvrier-e-s de Tanger ainsi que mon appartenance politique constituent les raisons principales pour que le régime répressif éteint ma voix, me priver de mon nom et pour que votre camarade Wafae CHARAF se transforme à un N° parmi d'autres.

Mes forces se sont écroulées en cette étape de mon enlèvement et jusqu'à présent. de l’intérieur de ma prison - et malgré mes souffrances des crises de dépressions aigus et en étant sous soins médicaux avec des attestations prouvant la torture féroce dont j'était objet qui dépasse les simples conditions humaines et bafouant toutes les conventions internationales de droits humains pourtant ratifiés par le Maroc - l'Etat Makhzen a fabriqué un dossier avec des accusations fallacieuses. C'est un complot, parmi plusieurs d'autres, contre les militants des droits humains et politiques qui s'opposent à ce régime. Contre les militants de la Voie Démocratique sous l'oppression du terrorisme psychique et policier.

Salutations sincères de votre Camarade Wafae CHARAF

 
رسالة من المعتقلة السياسية وفاء شرف الى رفاقها ورفيقاتها من داخل السجن المدني بطنجة سات فيلاج
رسالة من رفيقتكم وفاء شراف 
رفيقاتي ريفاقي انني أنتمي الى القهر والعار والاستغلال الدي تتعرض له كمناضلات اعتقالي رفيقاتي ريفاقي جاء لكوني مناضلة *
(*) Traduction de l'arabe au français : "Lettre n°2 de la détenue politique Wafae Charaf à ses camarades de l'intérieur de la prison civile de Tanger"
"Je fais le voeu que la lutte et la résistance de mes camarades détenus mettra fin à l'oppression et l'humiliation qu'ils subissent"
 

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