Déforestation et huile de palme : Carrefour et Cargill évoluent enfin

Publié le par dan29000

Déforestation : Carrefour et Cargill vont eux aussi bannir l’huile de palme “sale”

 

 

C’est un nouveau coup dur pour l’huile de palme issu de la déforestation, et un pas en avant pour notre campagne : Carrefour vient d’annoncer une nouvelle politique en matière d’achat d’’huile de palme (voir sur le site de Carrefour). Le deuxième plus grand distributeur mondial vise à ce que les produits de ses propres marques ne contiennent plus d’huile de palme contribuant à la déforestation.

A Cleared Logged-Over Area Inside the Palm Oil Concession

En décembre 2013, le plus grand négociant d’huile de palme au monde (près de 40% des parts du marché mondial de l’huile de palme), Wilmar International, s’est engagé à mettre en place une politique “zéro déforestation”. (Voir notre billet – Wilmar s’engage à mettre un terme à la déforestation)

Après Wilmar, c’est Cargill, autre grand négociant international en huile de palme, qui a pris les engagements nécessaires en faveur d’une politique de non déforestation.

Les immenses dégâts de l’huile de palme 

 


 

Depuis plusieurs années, Greenpeace fait campagne auprès des négociants, des distributeurs, pour les inciter à revoir leur politique en matière d’achat d’huile de palme. Et à ne plus impliquer leurs clients dans la destruction des forêts tropicales. Rappelons que l’huile de palme est l’une des principales causes de déforestation en Indonésie. Un phénomène qui contribue au changement climatique et qui menace l’habitat des 400 derniers tigres de Sumatra.

tiger

Une récente étude publiée par la revue Nature montre à nouveau à quel point il est urgent d’agir. C’est en effet en Indonésie que le rythme de déforestation est le plus élevé. Entre 2000 et 2012, le pays a perdu 16 millions d’hectares de forêt, soit une surface égale à la… Grèce !

 

Et rien qu’en 2012, 840 000 hectares de forêt vierge indonésiennes ont disparu, soit près du double du chiffre recensé au Brésil, qui est pourtant le précurseur historique en matière de déforestation dans les tropiques.

Deforestation in Central Kalimantan

Des solutions existent

Pour pouvoir protéger les forêts, il convient, bien entendu, de déterminer en premier lieu ce qui est une forêt et ce qui n’en est pas une. Avec The Forest Trust (TFT) et l’entreprise indonésienne d’huile de palme Golden Agri Resources (GAR), Greenpeace a mis au point une méthode pour identifier et protéger les différentes zones (forêts, tourbières, zones naturelles précieuses et terres arables de communautés locales) qui n’entrent pas en considération pour le développement de plantations.

Une méthode nommée HCS (High Carbon Stock). (lire le briefing sur le site de Greenpeace International).

Celle-ci permet aux producteurs d’huile de palme de mettre en pratique leur politique de non déforestation.

Avec le soutien de Greenpeace et de WWF, un certain nombre de producteurs se sont associés au sein du Palm Oil Innovation Group (POIG). Tous s’engagent à appliquer la méthode HCS et tous ont établi des critères et des indicateurs sur la base desquels leur politique peut être évaluée. De nombreuses entreprises de consommation, comme L’Oréal et Procter & Gamble, référent d’ailleurs au HCS dans leur politique d’achat d’huile de palme. Tandis que Carrefour soutient clairement l’initiative.

Les entreprises consommatrices d’huile de palme n’ont plus le choix : il faut bouger!

Les producteurs d’huile de palme n’ont dès lors d’autre choix, vu les exigences de nombreuses entreprises, que de proposer une huile de palme “propre”.

Ce qui ne signifie pas qu’on ne doit plus être attentif au greenwashing ! Nous devons rester plus que vigilants.

Au début du mois de juillet, un certain nombre de grands producteurs d’huile de palme, dont Sime Darby, Musim Mas, KLK et Asian Agri, ont présenté le “Sustainable Palm Oil Manifesto“. Un document à travers lequel les signataires s’engagent, selon leurs propres dires, à ne plus contribuer à la déforestation.

Mais “ne plus contribuer à la déforestation” est une notion extrêmement relative pour ces entreprises. En effet, au lieu d’appliquer la méthode HCS existante, les partisans du manifeste veulent d’abord la soumettre à une évaluation. Et refusent, avant d’avoir obtenu son résultat, de mettre un terme à la déforestation. Bien sûr, un affinement du HCS sera certainement le bienvenu mais il ne doit, en aucun cas, constituer un prétexte pour justifier la destruction des forêts.

Pour les entreprises qui ont promis d’exclure la déforestation de leurs produits, le message est limpide : elles ne doivent surtout pas se laisser abuser par des initiatives nébuleuses comme le “Sustainable Palm Oil Manifesto”.

 

Elles doivent, au contraire, utiliser leur puissance, leur influence pour exiger des actions énergiques de la part de leurs fournisseurs d’huile de palme.

A moins qu’elles souhaitent à nouveau mêler leurs clients à la déforestation…

La nouvelle politique de Carrefour en matière d’achat d’huile de palme est quoi qu’il en soit une nouvelle avancée significative pour la protection des forêts. Car désormais, l’ huile de palme “libre de déforestation” devient la norme imposée par les grands acteurs du secteur.

Greenpeace suivra de près la mise en pratique de cette politique, qui doit se concrétiser plus rapidement que prévu dans les plans de Carrefour et qui doit être plus stricte.

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