Incendies de Morlaix, ne pas se tromper de cible

Publié le par dan29000

Incendies de Morlaix : Ne pas se tromper de cible

 

 

22.09.2014 Deux bâtiments publics incendiés, des forces de l'ordre qui laissent faire, des responsables syndicaux qui approuvent… Les évènements qui se sont déroulés à Morlaix vendredi sont inacceptables. Ils contribuent à dégrader l'image du monde agricole. S'attaquer aux outils collectifs, c'est refuser que la MSA* traite les dossiers maladie ou accident des paysans, ou que les impôts financent les services publics des communes rurales. C'est refuser la mutualisation comme principe de fonctionnement de la société.


 

En faisant de la compétitivité, de l'exportation, des cours de bourse, les seules réponses à la crise économique en général et à la crise agricole en particulier, les pouvoirs publics se rendent implicitement responsables de cette colère dirigée contre les outils collectifs de mutualisation, de redistribution, et de règlementation. Ils devraient au contraire avoir le courage politique, en tant que représentants du peuple, de les défendre.

La région Bretagne est une des premières bénéficiaires du budget fruits et légumes de l'Organisation commune des marchés (OCM*). La colère des producteurs démontre donc bien qu'une politique qui vise à concentrer l'offre et à se tourner à tout prix vers l'export n'est pas une solution.

Les paysans doivent aujourd'hui se battre ensemble pour s'assurer un avenir. Mais se battre, ce n'est pas détruire ce qu'il nous reste de commun (même s'il apparaît judiciairement moins risqué d'incendier un centre des impôts que de démonter une usine à vaches…). Se battre, c'est peser, c'est pointer du doigt les véritables responsables et profiteurs de la dérive de l'agriculture, c'est chercher des alliés chez nos concitoyens, c'est refuser les chimères qui nous enchaînent à chaque fois un peu plus, c'est considérer notre métier comme une part essentielle du fonctionnement de la société.

 

 

SOURCE / CONFEDERATION PAYSANNE

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