Répression à Maubeuge : le courrier d'un militant CGT mis en examen

Publié le par dan29000

Cher(e)s Camarades,

 

Je m’adresse rarement à vous pour exposer ma situation personnelle. Le 09 septembre 2014 j’ai été mis en examen par une juge d’instruction dans une affaire de soi-disant diffamation.
Les conditions de cette mise en examen sont rocambolesques, le lundi 8 septembre par un coup de téléphone du commissariat de police, je suis informé qu’un mandat d’amener est délivré à mon encontre. Si je ne me présente pas au commissariat de Maubeuge le lendemain matin, la juge délivrera un mandat d’arrêt international je pourrai donc être arrêté a tout moment et en tout lieu.

Le mardi 9 septembre au matin je me présente donc spontanément au commissariat de Maubeuge, lecture m’est faite du mandat d’amener, pour une affaire sur laquelle j’ai déjà était entendu quelque mois auparavant.

Dans la foulée je suis déféré aux juges d’instruction à Avesnes sous commission rogatoire d’un juge d’instruction de Montluçon (Allier). Je suis menotté et amener en véhicule de police au Tribunal de Grande instance d’Avesnes sur Helpe.

Sur place deux minutes avant de rentrer dans le bureau du juge d’instruction, on me présente une avocate commise d’office. Qui n’a aucune connaissance de mon dossier.

Je suis entendu par la juge, je n’ai pas d’autres solutions que de répondre aux questions, si non je suis déféré directement sur Montluçon en véhicule de police.

A la fin de l’interrogatoire par la juge cette dernière me signifie ma mise en examen, j’échappe à une mise en détention et à un contrôle judiciaire.

Que me reproche t’on ?

D’avoir par voix du blog Cgt Action Sociale Santé Sambre Avesnois écrit un article en soutien à la camarade Sylvia Garcia, militante Cgt, qui a dénoncé une maltraitance envers une personne handicapée mentale. A savoir cette personne handicapée mentale mais valide a été attaché dans un fauteuil roulant sur un baby-foot dans le réfectoire d’un foyer de vie pendant douze heures.

Sylvia a ensuite subit des brimades et discrimination, elle à porté l’affaire devant le conseil des prud’hommes, Conseil qui a condamné l’employeur pour discrimination syndicale et prononcé la résolution judiciaire du contrat de travail aux torts exclusifs de l’employeur !

L’employeur a voulu faire appel de la décision exécutoire du jugement devant la cour d’appel qui a rejeté sa demande !

A ce jour peu de camarades ont répondu à mon mail, les responsables de l’Union Locale Cgt de Maubeuge pratique le silence radio.

Des camarades déterminés et combatifs de Lille mais aussi de Maubeuge m’ont apporté un soutien moral et se sont dit déterminés à me soutenir dans cette pénible affaire.

Mercredi 17 septembre je rencontre l’Union départementale du Nord pour exposer la situation.

Je m’adresse donc à tous les syndicats de la Sambre Avesnois pour connaître leur intention dans cette affaire et demander un soutien.

Je demande à être invité à la prochaine Commission exécutive de l’Union Locale pour exposer la situation et quelle soit inscrite à l’ordre du jour.

J’assumerais mes responsabilités jusqu'au bout, j’attire votre attention sur le fait qu’à travers moi, toute la Cgt est visée, il en va de notre liberté d’expression et du futur de nos luttes syndicales.

J’espère que j’obtiendrais des réponses à ce courrier, j’attire votre attention sur le fait que si notre UL ne réagit pas. Tout les syndicalistes pourront être poursuivi pour délit d’opinion et que nos jeunes camarades auront toutes les raisons de s’inquiéter pour la solidarité qu’ils sont en droit d’attendre de la Cgt. Tant il est dur et risqué de militer dans notre époque.

 

Fraternellement
Maubeuge le 15 septembre 2014
Fabrice Preux

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