Résistons ensemble, No 133, petit journal du réseau contre les violences policières

Publié le par dan29000

Bonjour,


Voici dans le texte le No 133, SEPTEMBRE 2014, du petit journal mobile


recto-verso A4


"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de réaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article542



sommaire
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> « Serrer les boulons » et desserrer son pantalon

> USA : La « Self Defense » s’organise

> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
    Morts par la police
    L’État assassine et la police s’en donne à cœur joie
    Plus jamais ça ?
    La Cantine hors les murs
    Les postiers des Hauts-de-Seine
    « Violence en réunion avec flashball »
    Acharnement de la justice sur les manifestant-E-s du 22 février
anti-ayraultport
    La justice ordinaire

> [ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]

> [ A G I R ]

RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 133 / Septembre 2014


« Serrer les boulons » et desserrer son pantalon
Cazeneuve veut « serrer les boulons » avec l’énième loi « antiterroriste
» qui sera discutée en septembre. Sous prétexte d’empêcher le départ de
« centaines » de jeunes pour le jihad, le projet prévoit contrôle
d’internet, espionnage des ordinateurs chez soi, interdiction de quitter
le territoire, retrait de passeport, arrestations préventives… La
méthode est bien rodée : la loi Sarkozy en 2003 prévoyait le fichage ADN
réservé aux seuls pédophiles, maintenant tout le monde est fiché pour la
moindre bricole. L’interdiction des manifs pro-palestiniennes, c’est du
jamais vu depuis la guerre d’Algérie ; il n’y a eu « que » deux manifs
interdites rétorque le pouvoir, mais l’important pour lui c’est d’ancrer
dans la tête des gens que la rue peut être interdite par « la force de
la loi » et par les provocations et violences policières et judiciaires
(tirs de flashball, gazages, interpellations, peines de prison lourdes…).
Une fois les « boulons serrés », le terrain de la répression étatique
étant bien préparé, le petit personnel peut se présenter devant les «
patrons » du MEDEF. Quand on « s’aime » comme Valls et le MEDEF, c’est
réciproque, même Sarkozy n’a pas eu droit eu une telle « standing
ovation ». Une fois leur pantalon baissé, les « socialistes » sont prêts
à tout : la sécu, les 35 heures, les conventions sociales, les droits
des chômeurs, le SMIG « jeune »… tout est offert aux patrons.
On pourrait penser qu’il n’y a pas de place pour deux pieds dans une
même chaussure, mais la gôche et les patrons réussissent cette prouesse
: ils chaussent les mêmes souliers. Valls, lui, s’est chargé du cirage.
Quant au FN, il jubile, normal. Tout fout le camp, UMP, PS, Front de
gauche… Marine Le Pen, en fine politicienne, a compris que le FN n’a
qu’à tendre son escarcelle, le fruit pourrissant de l’État va tomber
dedans. L’hypothèse d’une dissolution fait son chemin dans les esprits
et elle peut se présenter comme la seule à pouvoir sauver l’État des
patrons, d’ailleurs elle-même s’est dite prête à « cohabiter » avec
Hollande. Les uns et les autres font encore la fine bouche, mais quand
il va falloir « sauver la République », (c’est-à-dire l’État) le
patronat crachera dans le bassinet et la soutiendra, comme dans les
années 30 en Allemagne.
C’est vrai, ce n’est pas rigolo, mais le film n’est pas encore fini.
Nous pourrons encore être les plus forts, à condition qu’on se détache,
dans les têtes et dans les luttes réelles, de toute cette pourriture.




USA : La « Self Defense » s’organise
La police américaine tue en moyenne 400 personnes par an, pour une
grande majorité des afro-américains ou des hispaniques. Le 17 juillet,
Éric Garner s’est retrouvé plaqué au sol, avant de subir une clé
d’étranglement qui lui a été fatale. Son interpellation et sa terrible
agonie ont été filmées par des témoins sans qu’aucun secours ne lui soit
prodigué. Le 9 août, dans la ville de Ferguson, Michael Brown, 18 ans,
est mort après qu’un flic lui a tiré six fois dessus dont deux en pleine
tête, alors qu’il se tenait à une dizaine de mètres de lui, les mains en
l’air. Dès le lendemain des manifestations sont organisées dans tout le
pays. À Ferguson, ville de la banlieue de Saint-Louis dans le Missouri
(dernier État à avoir aboli l’esclavage) dont 63  % des habitants sont
noirs et majoritairement pauvres, la révolte s’est organisée; tous les
jours et toutes les nuits pendant près de 15 jours, l’ensemble de la
communauté s’est rassemblé dans la rue, appelant même les membres de
gangs à abandonner la violence « des noirs contre les noirs » et à
s’unir dans la lutte contre l’oppression. Du côté des flics, la
répression des manifestations a été d’une violence inouïe, faisant
apparaître aux yeux du monde entier les effets de la militarisation
croissante de la police américaine : pistolets, fusils, mitrailleuses,
usage massif de gaz lacrymogènes et de lance-grenades, véhicules blindés
anti-mines… « Nous exigeons qu’il soit immédiatement mis un terme aux
brutalités policières et aux meurtres des Noirs ». Tel était le point 7
du programme du Black Panthers Party for Self Defense. Près de 50 ans
plus tard, celui-ci reste d’actualité : l’État capitaliste américain et
sa police se comportent comme une armée d’occupation vis-à-vis de la
communauté noire et en face, l’auto-organisation par la révolte
collective s’impose à nouveau aux esprits comme la seule stratégie
d’autodéfense valable contre l’oppression raciale et sociale.




> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]

Morts par la police
Le 29 juillet, une patrouille de la police municipale de Montgeron
(Essonne) veut interpeller trois hommes éméchés accusés par les voisins
de tapage nocturne (il est 20h !). Les flics leurs demandent de se
coucher au sol : l’un d’entre eux refuse, qui aurait eu un tesson de
bouteille de whisky à la main. Un baqueux hurle « attention arme
tranchante ! » puis recule, trébuche et, se retrouvant par terre, tire
une balle au milieu du thorax de l’homme de 41 ans qui meurt sur le
coup. C’est ce que la maire de Montgeron a appelé de la « légitime
défense » dans une « zone de non-droit », avant de faire part de ses «
pensées pour le policier forcément affecté par ce drame ».
Loïc Louise, jeune réunionnais de 21 ans étudiant à Orléans, est mort le
3 novembre 2013 à la Ferté-Saint-Aubin après avoir reçu d’un gendarme
une décharge de Taser durant 17 secondes. Le père a pu discuter avec un
témoin direct de la scène : « (…) à aucun moment mon garçon n’a essayé
de les menacer ou de les agresser. Oui, il était saoul et il ne savait
plus ce qu’il faisait. Mais la bagarre était finie et il était retenu
par un copain quand on a tiré sur lui. Il s’est alors réfugié dans les
bras de ses cousines et le gendarme a continué la décharge électrique.
Pour moi, c’est là qu’il est mort. » Les forces de l’ordre ont laissé
Loïc au sol inconscient pendant 20 minutes avant qu’un de ses amis
puisse s’approcher de lui et se rende compte qu’il ne respirait plus. Le
procureur qui a déjà reconnu légitime l’utilisation du Taser a annoncé
début août l’ouverture d’une information judiciaire.
Dernière minute : Paris, il menaçait de se suicider, les policiers l’en
ont empêché à coup de Taser. Finalement, il est mort suite à son «
sauvetage ». Encore une démonstration tragique du « maintien de l’ordre ».

L’État assassine et la police s’en donne à cœur joie
Abdelhak est algérien. Charmant lui est congolais. Tous deux sont sans
papiers depuis plusieurs années et pères d’un enfant né en France.
Cependant ils connaîtront tous les deux l’acharnement étatique et les
violences policières qui rythment le quotidien des sans-papiers retenus
ou pas. Ils subiront plusieurs tentatives d’expulsion auxquelles ils
réussiront à échapper au prix de violences extrêmes. Charmant appelle à
l’aide, voir
http://larotative.info/quand-l-etat-s-acharne-a-expulser.html. Abdelhak
est mort le 21 août à Roissy sous escorte policière musclée par «
asphyxie et régurgitation gastrique ». Suite à son décès des coretenus
avaient lancé une grève de la faim pour dénoncer les conditions de
rétention et les violences policières qu’ils subissent au quotidien.
Aucun des policiers concernés n’a été inquiété à ce jour…

Plus jamais ça ?
En Tunisie, la « transition » n’a pas d’effet sur la police. Pour les
trois dernières années, les arrestations et détentions arbitraires avec
tortures, jusqu’aux assassinats, se comptent par dizaines. Les
habitant-e-s de quartiers populaires et militants pour la justice
sociale sont les premières cibles. Parmi d’autres, l’histoire d’Amani
Youssefi : à 19 ans, elle vend du prêt-à-porter à la foire de Sfax,
c’est une militante de la Ligue des droits de l’Homme. Le 21 juin, deux
flics contrôlent ses papiers, l’insultent, la tabassent et l’embarquent
avec un ami à elle au poste de police, où ils continuent à la torturer.
Elle résiste et s’évanouit, crachant du sang, puis est emmenée à
l’hôpital, où sous la pression d’un flic elle renonce au certificat
médical prouvant son agression. Enfin, après deux jours de garde-à-vue
et un en prison, elle prend un mois avec sursis pour outrage et violence
à agent… le 25 juillet elle retourne au commissariat pour récupérer les
marchandises et les 650 dinars qu’on lui avait confisqués. Face au
refus, elle s’immole devant le poste. Des manifs ont lieu les jours
suivants, exigeant l’arrestation des flics.

La Cantine hors les murs
Le 11 août, la Cantine des Pyrénées (331 rue des Pyrénées, Paris 20e) a
été expulsée et murée dans la foulée. Ce squat ouvert début 2013 dans un
ex-bar tournait autour d’une cantine tenue tous les midis du lundi au
vendredi, proposant menu complet et boissons pour quelques euros. Très
vite se sont ajoutés des ateliers toujours gratuits (cours de français
et autres, permanence d’entraide pour les sans-papiers, permanence du
collectif des Mal-logéEs révoltéEs, cinéma, repas ponctuels de soutien à
diverses luttes de la région parisienne…). Une manif d’une centaine de
personnes a eu lieu le lendemain de l’expulsion. Et depuis, un repas est
organisé devant les locaux murés tous les samedis midi, pour exiger sa
réouverture.

Les postiers des Hauts-de-Seine
ont lutté contre les politiques postales de précarité et de suppression
d’emplois du 29 janvier au 18 juillet et ont réussi à gagner la
sympathie et le soutien de nombreux travailleurs bien au-delà de La
Poste par leur combativité exemplaire (prises de parole dans les centres
postaux non grévistes, actions et AG quotidiennes, occupations…). Mais
c’est cette même combativité qui a fédéré tous les pouvoirs contre elle,
des dirigeants de La Poste aux instances gouvernementales et policières.
Ainsi 13 postiers, grévistes du 92 et soutiens parisiens, ont été
traduits dans des conseils de discipline qui votèrent systématiquement
leur licenciement, licenciement à chaque fois refusé par l’inspection du
travail, sauf pour un collègue qui n’avait pas de mandat légal le
protégeant, Thibaud, et qui demande aujourd’hui sa réintégration aux
prud’hommes. Des militants de la grève furent aussi convoqués dans les
commissariats, parfois placés en garde à vue sur des accusations
totalement infondées d’agressions et de violences physiques - et même de
vol ! À l’heure où nous publions, deux camarades parisiens attendent
toujours la décision officielle prise à l’issue de leur conseil de
discipline, et trois autres postiers militants comparaîtront encore en
conseil de discipline.

« Violence en réunion avec flashball »
Le 8 juillet 2009 à Montreuil, suite à l’expulsion d’une ancienne
clinique occupée, les flics tirent au flashball, sans sommation et à
hauteur de visage. Ils touchent six personnes, Joachim, atteint à l’œil,
s’effondre devant eux (voir RE no 78). Début juillet 2014 la juge
d’instruction a décidé le renvoi devant le tribunal correctionnel des
trois policiers mis en examen.
« Le procès qui s’annonce est l’occasion de rappeler la fonction réelle
des nouvelles armes de la police, qui repose sur la peur et la
mutilation – en un mot la terreur. Et plus généralement de mettre en
lumière les violences qu’exerce quotidiennement la police, et l’impunité
quasi systématique qui les accompagne. »
Extrait du communiqué du collectif 8 juillet :
http://collectif8juillet.wordpress.com/ contact : huitjuillet@riseup.net

Acharnement de la justice sur les manifestant-E-s du 22 février
anti-ayraultport
Lors des procès des 19, 20 et 27 juin, et des 7, 10, 16 et 18 juillet,
la condamnation à des peines de prison ferme « très lourdes pour des
faits mineurs, montre encore une fois que les tribunaux fabriquent de la
chair à prison sur la base de dossiers vides de preuve et de profils
préconstitués par la DGSI (ancienne DCRI). Cette pratique n’est pas
nouvelle, elle est couramment utilisée à l’encontre des populations en
butte à l’injustice sociale. » Extrait du communiqué du Comité Anti
Répression Issu de la Lutte Antiaéroport (CARILA) / « Legal Team »
http://zad.nadir.org/spip.php?article2572

La justice ordinaire
Un jeune homme de 23 ans est arrêté alors qu’il marche avec son petit
frère et un ami à Barbès bien loin de la manifestation du 13 juillet en
soutien au peuple palestinien. Ils avaient un keffieh autour du cou, «
leurs traits étaient masqués ». Les flics, sous prétexte de « loi
antiburqa », se sont jetés sur eux : « Ils m’ont plaqué au sol, ils
m’ont étranglé. Ils m’ont dit : tu n’as rien à faire en France, si tu
veux te battre pour la Palestine, va en Palestine. » La comparution
immédiate qui l’attend finira le travail des pandores. La présidente du
tribunal, face au jeune homme encore marqué au visage par les coups
policiers, se moque de son nom de famille en préambule. Lorsque le jeune
homme évoque les auditions de son petit frère ou de son ami « blanc »
qui n’a pas été contrôlé, elle le coupe d’un ton sec : « Je lis les
témoignages que je veux. » Conclusion : quatre mois fermes pour «
rébellion » avec incarcération immédiate.



> [ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]
Le 26 août Houcine Bouras, 23 ans, détenu de la prison de l’Elsau à
Strasbourg, est abattu d’une balle dans la tête pendant son transfert
vers un juge d’instruction de Colmar. Selon le procureur « on est dans
le flou », « il y a peut-être eu un début de bagarre et un coup de feu
est parti ». Mais selon un journaliste qui s’est rendu sur place, une
large tâche de sang est visible sur la chaussée laissant penser que le
coup de feu a été tiré en-dehors de la voiture. Sa famille et ses amis
réclament la vérité : le 31 août une première manif a rassemblé 150
personnes, une deuxième devait avoir lieu le 7 septembre.



> [ A G I R ]
En juin 2013, Dorsaf et Walid, membres du comité Vérité et Justice pour
Abdelhakim Ajimi, ont été condamnéEs à 4 mois de prison avec sursis et
300 euros chacunE de dommages et intérêts, pour « outrage à une personne
dépositaire de l’autorité publique ».
Rencontre autour du délibéré de l’appel de Walid et Dorsaf /
Présentation du livre Permis de Tuer, Chronique de l’impunité policière,
lundi 8 septembre à 19h à la librairie Transit, 45 bd de la Libération,
13001 Marseille.
Contact : comite_hakim_ajimi@riseup.net

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ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

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