Au Testet, la mort pour Rémi, 21 ans, manifestant contre le barrage inutile de Sivens

Publié le par dan29000

Un camarade tué au Testet - Appel à manifester contre la violence d'Etat


A Gaillac, dimanche 18h place de la Libération
A Paris, dimanche 19h devant la préfecture

A Albi, lundi 18h devant la préfecture
A Nantes, lundi 18h devant la préfecture, 15h place du Bouffay pour
préparer et informer
A Rennes, lundi 18h devant la mairie
A Brest, lundi 18h Place de la Liberté
A Poitiers, lundi 18h30 devant l'hôtel de ville de Poitiers.
A Rouen, lundi 18h devant la préfecture
A Lyon, lundi 19h devant la préfecture
A Marseille, lundi 17h30 au Vieux Port
A Forcalquier, lundi 16h devant la préfecture


Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de Sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la ZAD du Testet après des mois d'attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d'après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s'en sont pris aux forces de l'ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi.
Elles ont été repoussées à coups de flash-balls, de grenades
assourdissantes ou de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D'après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l'ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l'autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu'ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n'est malheureusement pas surprenant dans ce contexte. A Notre Dame Des Landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d'Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu'ils ne nous feraient aucun cadeau.
Pendant les mois d'expulsion de la ZAD de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flash-balls et de grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flash-balls ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d'autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposant-e-s se sont faits délogé-e-s, notamment des cabanes qu'il-elle-s avaient construites dans les arbres. Pourtant c'est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, àl'occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d'aéroport de Notre dame des landes est aujourd'hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C'est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd'hui l'aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s'exerce face à celles et ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées
- plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et
insoumissions, la démocratie libérale montre qu'elle ne tient pas
seulement par la domestication minutieuse des individu-e-s et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès
demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d'Etat.
Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non létales ». Réagissons avec force pour qu'il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec toutes celles et ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit, barrage de Sivens mais aussi avec toutes celles et ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu'ils rêvent d'anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous n’appellerons pas au calme, nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n'oublierons rien !


-- Des occupant-e-s de la ZAD de Notre dame des Landes --


Rassemblement ce lundi 18h devant la préfecture de Nantes
RDV pour informer et préparer dès 15h place du Bouffay
Une seconde manifestation sera sans doute appelée ce samedi à 14h.

Pour plus d'infos : http://zad.nadir.org ou nantes.indymedia.org


Traductions :

Grec : gr.contrainfo.espiv.net/2014/10/26/france-un-manifestant-tue-au-testet/
Espagnol : es.contrainfo.espiv.net/2014/10/26/francia-manifestante-muerto-en-enfrentamientos-con-la-policia-en-la-zad-de-testet

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