Chasse aux Rroms : expulsion imminente des Coquetiers à Bobigny

Publié le par dan29000

La voix des Rroms appelle le maire de Bobigny à retirer son arrêté d’expulsion des Rroms des Coquetiers

 

Ce lundi 20 octobre, un rassemblement a eu lieu devant la préfecture de la Seine-Saint-Denis à l’initiative des Roms qui habitent rue des Coquetiers à Bobigny. Soutenus par un ensemble d’associations, ils demandaient le sursis de leur expulsion. Celle-ci avait été décidée par voie d’arrêté municipal au mois d’août, quelques semaines après que le tribunal de grande instance ait débouté la ville de sa demande d’expulsion en tant que propriétaire du terrain. Une délégation a été reçue dans l’après-midi par le préfet délégué à l’égalité des chances Didier Leschi. A l’obstination coupable du maire, s’ajoute désormais la rigueur glaciale de l’Etat, qui par la voix du préfet a refusé les propositions de bon sens faites par la délégation. Le préfet a en effet clairement exprimé sa crainte, réelle ou feinte, de voir sa responsabilité personnelle engagée en cas d’incendie comme celui qui avait coûté la vie à Melisa, 8 ans, en février dernier et dont la police n’a jamais déterminé l’origine.

 

La mise en place d’un dispositif d’accompagnement social par l’ADOMA pour un nombre limité de familles ne justifie pas qu’on jette à la rue la majorité de celles habitant sur ce terrain depuis de nombreuses années. Le fait que des propositions de relogement sont faites pour la première fois dans le département depuis l’adoption de la circulaire du 26 août 2012 sur les campements illicites ne dénote pas le volontarisme de l’Etat en Seine-Saint-Denis mais plutôt son retard et ses carences persistantes dans l’application du droit, y compris le droit international qui exige que personne ne puisse être expulsé sans solution de relogement.

 

La préfecture exécutera donc très rapidement l’arrêté municipal d’expulsion. Cet arrêté est fondé sur les mêmes motifs de dangerosité que la demande d’expulsion faite par la ville en tant que propriétaire du terrain. En se fondant sur la jurisprudence de la Cour des droits de l’Homme à Strasbourg, le tribunal avait écarté ces motifs et rejeté la demande d’expulsion, au nom du droit à la protection du domicile. Désavoué par le juge civil, gardien des libertés selon la constitution, le maire a alors utilisé son pouvoir administratif pour expulser par arrêté municipal. Saisi en urgence, le tribunal administratif de Montreuil avait confirmé l’arrêté, mais n’est pas encore prononcé sur le fond quant à la légalité de l’arrêté.

 

Depuis longtemps les habitants ont demandé un branchement au réseau électrique et à l’eau et sont prêts à régler les factures. Depuis longtemps ils sont plus de 300 à devoir partager seulement deux cabines de toilettes, ce qui est un traitement dégradant à la fois pour eux et pour les ouvriers qui doivent les nettoyer chaque jour. Depuis longtemps La voix des Rroms a fait savoir au maire, M. de Paoli, qu’elle était prête à contribuer avec son savoir faire et ses réseaux pour la mise en place d’un projet de relogement digne et durable, engagement répété lundi au préfet Leschi. Tout ceci laisse de marbre le nouveau maire de Bobigny, qui maintient son arrêté d’expulsion envers et contre tout, surtout contre la Convention européenne des droits de l’Homme.

 

La voix des Rroms reste aux côtés des habitants des Coquetiers et soutiendra activement toute résistance à cet aveuglement politicien et administratif. Elle appelle encore une fois le maire de Bobigny à retirer son arrêté, qui cherche à défier les droits fondamentaux et la Cour européenne des droits de l’Homme. Pour l'honneur, mieux vaut revenir sur une décision mauvaise que persister. 

 

Contact:

Saimir MILE

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Association "La voix des Rroms"

50, rue des Tournelles
75003 PARIS
http://www.lavoixdesrroms.org

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