Néapolis, un second roman signé HK, chez Riveneuve éditions

Publié le par dan29000

Si on vous dit H.K. ?

Ou encore Kaddour Hadadi ?

Ou encore HK et les Saltimbanks, cela va mieux ?

 

Nous connaissions déjà l'auteur-compositeur-interprête du très fameux "On lâche rien", mais ce que l'on savait moins est qu'il est aussi écrivain. Déjà un premier roman en 2012 "J'écris donc j'existe", et maintenant un deuxième "Néapolis".

 

Donc une ville, Néapolis, une ville et un hôtel.

Un hôtel où un homme se réveille, sans souvenir.

 

En 23 courts chapitres, l'auteur nous fait partager la vie de cet homme qui tente de comprendre qui il est, où il se trouve, presque une enquête, même si l'on est loin d'un polar. Au fil de sa recherche il va rencontrer plein de gens, dans cette étrange ville entourée de murs et de soldats, une ville déjà ancienne, peuplée de paysans et de marchands. Une ville sous occupation, une ville en guerre, avec des occupants, et donc des occupés qui subissent, chaque jour.

Et dans cette ville, il y a une maison, un peu sur les hauteurs, une maison qui a beaucoup subi la guerre, et dont il ne reste plus qu'un mur, et un escalier. Comme un beau symbole de résistance, résistance-existence, encore debout, comme les gens qui vivent là, toujours là au fil des années et des décennies.

 

Nous n'avons pas lu le premier roman d'HK, mais nous avons un beau coup de foudre pour celui-ci... Beaucoup de dialogues qui sonnent justes, beaucoup de poésie dans les situations et dans les phrases, beaucoup de sentiments résumés dans les deux vers de Paul Eluard au début du roman :

 

"Quoi qu'il arrive nous rêvons

Quoi qu'il arrive nous vivons"

 

Un roman qu'aurait sans nul doute aimé le grand poète palestinien Mahmoud Darwich.

 

Dan29000

 

Néapolis

H.K.

Riveneuve éditions

2014 / 208 p / 10 euros

 

==================================

EXTRAIT :

 

« J'ouvre les yeux. Je me vois, allongé sur ce lit, enfoncé sous une grosse couverture en laine. Confus, nauséeux, j'essaie de rassembler mes esprits... En vain. J'essaie de me souvenir de la nuit dernière et de celles d'avant; d'hier, d'avant-hier, d'avant-avant-hier… Pas de sons, pas d'images. Rien.


 

Je me lève et me dirige vers la fenêtre. J'ouvre grand les rideaux, et j'en aperçois d'autres à l'horizon, des rideaux de pierre et de fer : un interminable mur qui semble s'étendre sur des dizaines de kilomètres, des barbelés tout autour. Plus près de moi, en contre-bas, des maisons anciennes au bord de petites routes. Entre les deux, de vastes champs de terre rouge ; et sur ces champs,  d'innombrables rangées d'arbustes, comme autant de lignes vertes. Il fait chaud. Il fait lourd. J'entends au loin comme des bruits de guerre, mais je ne vois rien. Je ne sais pas d'où ça vient, ce n'est pas tout près, c'est sûr, enfin je crois.

 

 

Publié dans lectures

Commenter cet article