Désintox : Larrouturou, le Testet, et le véritable visage de Nouvelle Donne

Publié le par dan29000

Larrouturou sur le Testet : le véritable visage de Nouvelle Donne

 

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Pierre Larrouturou, leader de Nouvelle Donne, a signé sur Reporterre.net une chronique, finalement expurgée, sur la mort de Rémi Fraisse dans laquelle il en appelait à une répression accrue à l’égard des militants. Où il allait jusqu’à proposer d’interpeller au début des manifestation tous ceux dont le look serait problématique. Cette chronique est abjecte mais guère surprenante de la part de celui dont le parti joue à fond la carte républicaine et se pose en apôtre d’un État fort. Elle montre en fait le vrai visage de Nouvelle Donne : un parti qui séduit en disant vouloir faire de la politique autrement mais qui défend fondamentalement l’ordre établi. Voici quelques éléments de compréhension.

 

Nouvelle Donne, vieilles recettes

Nouvelle Donne est le parti qui descend directement du Collectif Roosevelt. Un groupe formé de personnalités médiatiques (aussi (peu) diverses que Pierre Larrouturou, Stéphane Hessel, Edgar Morin, Michel Rocard, Eric Piolle ou encore Caroline Fourest et Jean-Marc Ayrault [1]) qui proposait aux candidats aux présidentielles de 2012 de se positionner sur 15 questions portant sur les enjeux économiques et sociaux. Le collectif portait dès ses fondements ce qui fait aujourd’hui encore les bases de Nouvelle Donne : une fascination pour les instances républicaines et une stratégie de communication léchée s’appuyant essentiellement sur la renommée de ses soutiens.

En 2012, suite à la victoire de François Hollande, Pierre Larrouturou et Stéphane Hessel, au lieu de s’indigner, décident de rejoindre les rangs du parti au pouvoir pour y défendre leurs révolutionnaires idées. Ils présentent une motion au congrès du parti, celle-ci reçoit 11,8% des suffrages. Mais le PS est ingrat et n’accorde aucune place éligible pour les élections européennes de 2014 à ceux qui ont porté cette motion. Vexé et privé de strapontin d’élu, Pierre Larrouturou claque la porte et part fonder son propre parti, celui où il aura les coudées franches pour faire valoir ses ambitions. Nouvelle Donne est née.

Évidemment, pour espérer être élu, il faut occuper un créneau. Pierre Larrouturou va trouver le sien : il dégaine la corde de la critique de la professionnalisation du pouvoir et vante donc l’implication citoyenne. Les éléments de langage maison alternent donc entre l’exaltation de la citoyenneté, l’apologie des référendums, l’ode à la transparence et l’appel constant à la fin du métier de politicien. Le tout est enrobé d’un verbiage au républicanisme bon teint. Pour ne prendre qu’un exemple, voici ce que l’on peut trouver dans les propositions de Nouvelle Donne : « Les citoyens ont de plus en plus le sentiment que le pouvoir est confisqué par une petite oligarchie : il est urgent que nous, citoyens [2], nous reprenions la main. Pour cela, il faut créer une force politique nouvelle et changer le fonctionnement de nos institutions ». C’est sur ce fond de commerce que Nouvelle Donne va prospérer et recruter, en moins d’un an, 11000 adhérents [3].

L’objectif affiché par Pierre Larrouturou dans un entretien accordé au Parisien le 27 novembre 2013 est de ratisser large : « Nouvelle Donne est ouvert à tous ceux qui ne veulent pas baisser les bras, qui pensent que le progrès social est encore possible. Nous irons aux européennes de mai 2014 avec des citoyens qui s’engagent pour la première fois et avec des militants et des élus venus du Front de gauche, du PS, d’EELV, du MoDem, des patrons de PME et des précaires comme Isabelle Maurer, la chômeuse de Mulhouse qui a montré à Jean-François Copé ce qu’est la pauvreté ! ». On le comprend bien, Nouvelle Donne pense dans le sens du vent en affirmant comme à peu près tous les politiciens aujourd’hui que tout se vaut, que les valeurs politiques (celles qui, justement, séparent la droite de la gauche... le parti ne se revendique d’ailleurs d’aucun côté) n’ont plus de sens, qu’il faut faire avec toutes les bonnes volontés (vaste programme !) et surtout que les intérêts d’un précaire et d’un patron sont compatibles (la bonne blague !).

 

Parfois cette ouverture revendiquée pousse même le parti à s’afficher avec des individus peu fréquentables. Nouvelle Donne n’a par exemple pas hésité à inviter Étienne Chouard à son université d’été 2014. Pour rappel, Étienne Chouard est un type qui sous le prétexte idiot qu’il faudrait discuter avec tout le monde s’accoquine avec Dieudonné et Alain Soral, qui se revendique nationaliste, qui croit que le monde se gouverne par les complots et notamment, bien sûr, celui ourdi par les sionistes et qui pense que les antifascistes sont payés par le pouvoir. Parfois, chez Nouvelle Donne, ça sent quand même bien le rance.

Dans un contexte où de plus en plus de gens ne croient plus, à raison, en la politique traditionnelle et en la démocratie représentative, le discours critique sur les professionnels de la politique et les institutions a logiquement séduit nombre de militants, sans doute pour l’essentiel sincères. Sauf qu’il est trompeur et populiste. D’abord parce que la ligne de conduite et la direction du parti sont entre les mains d’un petit nombre de cadres ambitieux (essentiellement ses deux co-présidents, Pierre Larrouturou et Isabelle Attard (députée du Calvados, élue à l’époque sous l’étiquette PS-EELV)). Ensuite parce que les militants ne décident que de détails à la marge, même si le parti leur demande actuellement leur avis via une consultation où ils doivent se positionner sur 85 questions qui permettront de rédiger les nouveaux statuts. Leur action consiste en réalité essentiellement à organiser localement la propagande du parti. Le seul objectif de ce joli discours n’est pas de renouveler la manière de faire de la politique, sans quoi Nouvelle Donne en appellerait sans doute à la fin des partis, mais bien de légitimer la parole des leaders du mouvement par une assise supposément populaire.

Pour ce qui est des idées sur l’économie, sensées être la spécialité de Pierre Larrouturou, rien de bien renversant. Comme son nom l’indique Nouvelle Donne, qui prétend donc innover, s’inspire du New Deal de Franklin Roosevelt (d’où le nom du collectif qui a précédé le parti), un programme vieux de 80 ans et qui, à notre connaissance en tous cas, n’a pas changé grand chose à la bonne marche du capitalisme au 20ème siècle. Le parti ressort donc la bonne vieille recette keynésienne : il faut relancer la croissance par l’investissement public ! Évidemment, il faut bien se mettre à la page, cette fois la croissance est verte. Pour résorber le chômage, le parti suggère une nouvelle réduction du temps de travail. D’autres propositions, aussi consensuelles, mollassonnes et déjà entendues cent fois, complètent le programme : rendre l’impôt plus progressif, boycotter les paradis fiscaux, réguler la finance et construire une Europe « vraiment » démocratique. Rien de bien révolutionnaire donc mais une constante évidente : il faut un État fort !

Des cautions morales, des pros des médias et des pros de la politique : good deal ?

Nouvelle Donne qui prétend lutter contre la professionnalisation de la politique ainsi que sa peoplisation a pourtant ses stars, chargées d’attirer le chaland grâce à leur légitimité intellectuelle ou médiatique (toutes ont la particularité d’un engagement plus ou moins constant dans la gauche molle, notamment au parti socialiste), ses politiciens de métier et son leader charismatique, Pierre Larrouturou.

Comme on l’apprend dans toute école d’ingénieur ou de commerce qui se respecte ou dans n’importe quel institut de sciences politiques (Pierre Larrouturou est ingénieur agronome et diplômé de SciencesPo) ce qui compte c’est le réseau : autrement dit avoir les bons copains au bon endroit et au bon moment. Les cadres de Nouvelle Donne ont bien assimilé l’idée et l’appliquent avec une efficacité redoutable. Ils réunissent donc un casting de choix, mêlant avec un savant dosage personnalités bien insérées dans le monde des médias et cautions morales appréciables (l’idéal étant bien sûrs ceux qui cumulent ces deux caractéristiques), le tout au service des ambitions politiques des leaders du parti.

Pour faire des paillettes et s’assurer une bonne réception dans la sphère médiatique, qui de mieux que Bruno Gaccio ? C’est un habitué de longue date des plateaux télés, il est surtout connu pour avoir été le parolier des Guignols de l’Info. Il est identifié comme étant « de gauche » et associé au fun et à l’impertinence de la culture Canal actuellement célébrée unanimement par tous les médias français. Notons que Bruno Gaccio est aussi un soutien actif de Dieudonné avec qui il a même écrit un livre sur la liberté d’expression.

La caution morale est assurée par des intellectuels connus du grand public (sinon à quoi ça sert ?) et ayant tous en commun de s’être toujours trouvés du côté de ceux qui ne pensent, ne parlent ou n’écrivent pas trop mal mais ne sont ni trop virulents ni trop actifs en tant que militant. Le plus valeureux d’entre eux est sans aucun doute Edgar Morin, sociologue reconnu et soutien mondain d’à peu près tous les causes et toutes les ONG qui n’engagent pas à grand chose [4].

A Nouvelle Donne, il est accompagnée par Dominique Méda, sociologue aux prétentions philosophiques aimant disserter sur la transition et la prospérité et par Christiane Hessel, la « femme de » qui assure le service minimum alors que son mari, l’auteur du révolutionnaire pamphlet Indignez-vous !, est mort avant la création de Nouvelle Donne (la recherche de validation intellectuelle médiatique de Nouvelle Donne prend ici un jour assez pathétique). Enfin, quelques éléments comme Susan Georges (militante altermondialiste plus très en verve, présidente d’honneur du moribond mouvement Attac) ou Isabelle Maurer (surtout connue pour être la chômeuse qui « s’est faite » Jean-François Copé sur un plateau de télé) ou Patrick Pelloux, urgentiste médiatique en colère, assurent une caution de gauche nécessaire mais pas trop voyante quand même.

Pour le reste, Nouvelle Donne compte quelques élus ou ex-élus, pour la plupart arrivés après une rupture avec leurs anciens partis. C’est le cas des députés Isabelle Attard (ex-EELV), des ex-eurodéputées Malika Benarab-Attou et Françoise Castex (toutes deux ont rejoint Nouvelle Donne après que leurs partis respectifs, EELV et le PS, leur ait refusées l’investiture pour les élections de 2014), du conseiller régional d’Aquitaine Patrick Beauvillard (ex-MoDem), du conseiller général du Jura Patrick Viverge (ex-PG) ou du maire de Fleury-Mérogis, David Derrouet (ex-Ps). C’est le cas aussi du fondateur du parti, Pierre Larrouturou.

Lui se présente (et est généralement présenté ainsi par la presse) comme économiste. C’est que ça fait plus classe et plus légitime pour l’ouvrir que se présenter comme appartenant à la catégorie des politicards. Pourtant, c’est plutôt dans cette dernière que sa carrière le place. Une carrière qui ferait passer Jean-Vincent Placé pour un modèle de sincérité et de fidélité. Car si c’est bien en tant que spécialiste des questions d’économie - il est un ardent défenseur du partage du temps de travail et de la semaine de quatre jours - qu’il s’est fait connaître, il n’a depuis les années 1990 eu de cesse de chercher à être dans la lumière médiatique et à s’approcher du pouvoir. Quitte à ce que son arrivisme, qui le conduit à changer régulièrement de crémerie politicienne, soit un peu voyant. Ainsi en fonction du sens du vent et des possibilités d’obtenir un strapontin et un peu de visibilité, Pierre Larrouturou a changé de stratégie régulièrement. Il a notamment adhéré et quitté le PS trois fois (la dernière il y a moins d’un an), est passé par Europe-Ecologie-les-Verts, a bossé avec Gilles de Robien (UDF) et a tenté à deux reprises de se présenter aux élections présidentielles [5]. C’est le 28 novembre 2013, après une énième rupture avec le PS, qu’il a fondé Nouvelle Donne.

On le comprend, Pierre Larrouturou est prêt à bosser avec tout le monde tant que ça peut lui profiter et que ce n’est pas trop à gauche. On lui concède quand même un point de constance : son attachement à la république et sa revendication d’un État fort.

 

La chronique de Pierre Larrouturou ou la contre-insurrection sauce Nouvelle Donne

On ne s’étonne donc guère que l’ambitieux républicain essaie de tirer profit, comme beaucoup de ses petits collègues d’un bord ou de l’autre, de la mort de Rémi Fraisse. Le 30 octobre 2014, il signe ainsi sur le site Reporterre.net un article, intitulé « Plus jamais ça », où il dénonce la construction du barrage et... en appelait, avant d’être expurgé, à une répression accrue envers les militants. Un article qui a au moins le mérite de mettre à jour ce que sont vraiment les pensées de Pierre Larrouturou soit son amour pour les forces de répression de l’État et son mépris réel pour tout ce qui peut en réalité être populaire ou, comme il le dirait, « citoyen ».

Ainsi, plutôt que de reconnaître que les véritables coupables de la situation au Testet sont seulement ceux et celles qui ont décidé de la construction de ce barrage (c’est-à-dire essentiellement les élus du Tarn), Pierre Larrouturou, en bon républicain, fustige les « blacks blocks ». On se demande où il a rangé ses beaux discours sur la rénovation des institutions et la place des citoyens. En tous cas, ce qui est clair, c’est que la figure de l’ennemi intérieur fait manifestement toujours recette. Nous reproduisons ici ses propos, dépubliés par Reporterre en fin de matinée le 30 octobre 2014, ils sont édifiants.

« Les Black Blocks, parlons-en. Le 22 février, lors de la grande manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, nous étions nombreux à être scandalisés par la façon dont les forces de l’ordre, pourtant supérieures en nombre, les avaient laissé saccager une partie du centre-ville de Nantes et les avait laissés repartir sans chercher vraiment à les interpeller.

Le 22 février, quand une poignée de casseurs a mis le feu à la boutique de Vinci, il y avait plusieurs dizaines de CRS à moins de cinq minutes à pied du lieu du délit. Pourquoi sont-ils restés sans agir ? Et pourquoi, à la fin de l’après-midi, alors qu’il était très facile d’interpeller ces groupes d’extrémistes en les coinçant dans les rues de Nantes, les a-t-on laissés partir si facilement en interpellant seulement une petite quinzaine d’individus et pas du tout les plus actifs ni les mieux préparés au combat de rue ?

Dissimuler son visage est interdit par la loi : même s’ils n’ont encore rien cassé, ceux qui arrivent masqués de noir peuvent être interpellés en début de manif et conduits au poste pour un contrôle d’identité qui dure quelques heures… Pourquoi les centaines de CRS présents à Nantes n’ont-ils pas agi avec plus de force pour prévenir les violences ?

S’ils l’avaient fait, si les casseurs avaient été empêchés de nuire, les journaux de 20 heures auraient tous parlé d’une grande manifestation pacifique et du sondage qui affirmait que 80 % des Français ne voulaient pas d’un deuxième aéroport à Nantes. Mais l’action des casseurs a « permis » au gouvernement de donner une image très négative de la manifestation et de fuir le débat de fond [6].

Et si, le 22 février, on avait arrêté un bon nombre de Black Blocks et si la justice avait envoyé en prison ceux qui méritaient une telle peine, qui peut croire qu’ils auraient été aussi nombreux dans les bois de Sivens samedi dernier ? »

Renseignement pris cette première version de l’article a été dépubliée suite à un débat en interne. L’équipe de Reporterre nous dit l’avoir publié trop rapidement et sans trop d’attention, dans le feu de l’actualité et du travail. Elle a invité l’auteur à retravailler son texte. On peut s’interroger sur la qualité de la relecture de Reporterre et sur la confiance aveugle qu’ils accordent à Pierre Larouturou. Confiance qui se double d’un coup de pub sur le long terme puisque l’article en question est la chronique mensuelle que le patron de Nouvelle Donne publie sur le site.

Elle a été republiée le 1er novembre, expurgée de la partie ci-dessus. Néanmoins le passage dans lequel Pierre Larrouturou déclare sa flamme aux CRS (le tout avec un pathos à peine croyable) et prend ses lecteurs pour des truffes en jouant au pseudo naïf est, lui, bel et bien resté...

« J’ai passé un an à Matignon et je faisais une heure de footing tous les matins avec les CRS. J’en ai gardé une très haute estime pour toutes celles et ceux qui sont prêts à donner leur vie pour protéger les valeurs et les institutions de la République. C’est justement parce qu’ils ont un rôle fondamental à jouer pour protéger la République qu’on ne peut pas accepter que leur rôle soit perverti en leur demandant de protéger ceux qui veulent passer en force pour des grands travaux inutiles. »

On rappelle donc ici pour Pierre Larrouturou et tous les mal-comprenants dans son genre que ceux qui passent en force pour des grands travaux inutiles ce sont les élus de la république et leur alliés industriels. La mission des CRS est, précisément, de défendre leurs intérêts. Elle n’est donc ici en aucun cas pervertie mais parfaitement normale. Quiconque voudrait nous faire croire l’inverse serait soit idiot soit malhonnête.

Le patron de Nouvelle Donne se livre donc là à un véritable exercice de contre-insurrection. Dans l’excellente interview qu’il a récemment donné à Apparté, Mathieu Rigouste revenait précisément sur ce sujet. La chronique de Pierre Larrouturou semble d’ailleurs avoir été écrite comme un cas d’école pour illustrer ces explications.

« La contre-insurrection repose (...) sur des méthodes d’action psychologique, parmi lesquelles des protocoles visant à diviser les résistances en désignant des « ennemis intérieurs » dont il faudrait se méfier voire purger. En l’occurrence, la figure des « casseurs » et des « violents » (...) permet de diaboliser les actions directes non conventionnelles, de masquer la violence structurelle du pouvoir et de promouvoir face à cela des mobilisations inoffensives et facilement gérables.

Les doctrines de contre-insurrection appellent ce mécanisme « schismo-genèse » : développer un schisme, une séparation dans la « population » résistante. Cette forme d’« action psychologique » rénovée repose sur l’existence de caisses de résonance pour cette propagande dans les médias dominants et parmi les appareils politiques et syndicaux supplétifs.

Au Testet comme dans les quartiers populaires, la police est chargée de soumettre tout ce qui résiste à l’expansion du système impérialiste. Elle doit balayer tout ce qui gène le mouvement de conquêtes ainsi que les programmes de déplacements et de dépossession des territoires et de leurs habitant.e.s, que le capitalisme met en œuvre pour se restructurer. »

Conclusion : Nouvelle Donne, un parti répressif et autoritaire... comme les autres

Franchement, si vous êtes membre de ce parti ou si son discours a pu vous séduire, déguerpissez vite fait… et abandonnez définitivement l’idée de parti politique. Vous verrez, vous vous porterez mieux.

Et toi, Pierre, si t’as un peu de temps dans ta vie d’élu feutrée (ou de merde c’est selon) va donc écouter Renaud.

Moi j’ crache dedans, et j’ cris bien haut
Qu’ le bleu marine me fait gerber,
Qu’ j’aime pas l’ travail, la justice et l’armée.
C’est pas demain qu’on m’ verra marcher
Avec les connards qui vont aux urnes,
Choisir celui qui les f’ra crever.
Moi, ces jours là, j’ reste dans ma turne.
Rien à foutre de la lutte de crasse,
Tous les systèmes sont dégueulasses !
J’ peux pas encaisser les drapeaux,
Quoi que le noir soir le plus beau.
La marseillaise, même en reggae,
Ca m’a toujours fait dégueuler.

Les marches militaires, ça m’ déglingue
Et votr’ République, moi j’ la tringle…

Où c’est que j’ai mis mon flingue/ Renaud 1980

Pierre Laroutativ & Samira Drexler

P.-S.

Nous avons écrit cet article en réaction aux propos dégueulasses de Pierre Larrouturou mais aussi parce que nous croisons, à Tours comme ailleurs, souvent des personnes convaincues et qui tentent de nous convaincre du bien fondé de Nouvelle Donne. Des personnes avec qui nous partageons nombre de valeurs et que nous sommes énervés de voir perdre leur temps, et bientôt leurs idéaux, dans le militantisme pour un énième parti qui promet de changer les choses. Nous voulons leur dire qu’elles se trompent, qu’elles se font berner par de beaux parleurs médiatiques, et qu’il est dommage qu’elles gâchent leur énergie dans un telle entreprise alors qu’il existe mille autres moyens de faire de la politique autrement.


Notes

[1La liste complète, qui compte aussi nombre de députés, parmi lesquels Jean-Patrick Gille, est disponible sur le site du collectif.

[2Ce « nous citoyens » n’est pas sans rappeler le nom d’un parti fondé en même temps que Nouvelle Donne et surfant sur la même vague idéologique tout en se situant plus à droite sur l’échiquier politique traditionnel : Nous Citoyens (l’équivalent de Pierre Larrouturou y est Denis Payre. Il est moins expérimenté en politique mais est très fier d’être un entrepreneur et un ancien exilé fiscal.).

[3Selon le site du parti.

[4Il a d’ailleurs emboîté le pas à Pierre Larrouturou en signant une tribune dans le Monde dans laquelle il hurle avec les loups en dénonçant la violence des « casseurs » et joue la division entre gentils écolos pacifistes et méchants « violents se disant anarchistes ». On peut notamment y lire qu’ « à part les violents se disant anarchistes, enragés et inconscients saboteurs, les protestataires, habitants locaux et écologistes venus de diverses régions de France, étaient, en résistant à l’énorme machine, les porteurs et porteuses d’un nouvel avenir. » ou encore que « ce ne sont pas les lancers de pavés et les ­vitres brisées qui exprimeront la cause non violente de la civilisation écologisée dont la mort de Rémi Fraisse est devenue le ­symbole, l’emblème et le martyre. » Au passage, Edgar Morin ne se gêne pas pour conclure que Rémi Fraisse était un « communiste candide » (autre façon de dire un rêveur idiot ?).

[5La première adhésion de Pierre Larrouturou au PS c’était en 1988, son premier départ en 1991. En 1993, il crée le Comité d’Action pour le Passage rapide à la semaine de 4 jours sur 5, qu’il anime avec Gilles de Robien (à l’époque député UDF de la Somme). En 1995, il tente une première fois de se présenter à l’élection présidentielle mais échoue, faute de signatures. Il mène la liste « Union pour la Semaine de Quatre Jours » aux élections législatives de 1997 et aux élections européennes de 1999. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il échoue à nouveau à se présenter aux présidentielles en 2002. Il ré-adhère alors au PS et y anime divers tendances. En 2008, il est élu au conseil national du parti. Il quitte pourtant le PS une deuxième fois en 2009. Séduit par le haut score du parti aux élections européennes, il adhère alors à Europe-Ecologie-les-Verts (EELV) dont il devient membre du bureau exécutif. C’est ce parti qui lui permet d’être enfin élu, en 2010, comme conseiller régional dans les Hauts-de-Seine. En 2011, n’ayant pas réussi à négocier une candidature à la députation, il quitte EELV en critiquant l’alliance du parti avec le PS. Un parti qu’il va pourtant rejoindre pour la troisième fois en 2012, espérant sans doute tirer un bénéfice de l’accession de François Hollande au pouvoir. Las, c’est sans effet, et il quitte à nouveau le PS le 28 novembre 2013 pour fonder Nouvelle Donne.

[6Rappelons au passage à Pierre Larrouturou, ainsi qu’à tous les politiciens supposément de gauche ou écologistes qui n’aurons bientôt plus assez de salive à force de courir les médias pour dénoncer les violences, que sans l’action de ces fameux « casseurs », « black blocks » et autres « anarco-autonomes » et « zadistes extrémistes », on ne causerait plus de la question depuis bien longtemps puisque le chantier de l’aéroport serait largement entamé.

 

SOURCE / larotative.info

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