Les neuf cercles, R.J. Ellory, Sonatine éditions

Publié le par dan29000

Dans toutes guerres, il y a deux périodes, enfin pour ceux qui en reviennent. La première est le temps de la guerre, les combats et la mort qui rôde. La seconde étant l'après-guerre qui devrait être plus paisible, un temps de reconstruction de soi, de réinsertion dans la société. Hélas la réalité est autre. En 1974, John Gaines, de retour du Vietnam, vient d'accepter un poste de shérif dans le Mississippi. La guerre est toujours dans son esprit, chaque jour et chaque nuit.

Ses hantises vont se renforcer quand le cadavre d'une adolescente, Nancy, va être découvert, enterré sur les berges d'une rivière locale. Cela pourrait être un assez banal début de thriller si ne venait s'ajouter un fait morbide, la disparition du cœur de la fille, et qu'elle était disparue depuis déjà vingt ans !

 

Nancy, en 1954, était alors au centre d'une petite bande d'adolescents constituée des quatre frères et sœurs de la famille Wade, famille importante de la région. La puissance de ce clan va vite devenir un gros problème pour le shérif. Un shérif qui au fil des jours voit resurgir les neuf cercles de l'enfer vietnamien et son cortège de questions souvent sans réponse.

 

Où se situe la part d'ombre en chacun de nous ?

Pouvons-nous y échapper ou la contenir ?

Un thème qui revient en force dans la plupart des romans de R.J. Ellory, dont c'est déjà le sixième traduit en français.

Si la violence est dans tout le Mississippi, et en particulier à Whytesburg, la violence du racisme, la violence de la cupidité, la violence dans les familles, elle semble aussi faire écho à la violence contenue dans l'esprit encore torturé de John Gaines. Un esprit dont une partie est toujours au Vietnam !

 

Certes Ellory nous offre une fois de plus un magnifique thriller, mais le lecteur assidu y trouvera également une réflexion pertinente sur le mal, sur la nature du mal, sa banalité et sa facilité. Il n'y a pas que les guerres qui propagent le mal, le retour au pays est souvent plus que difficile, comme pour un autre des personnages de ce roman qui fut le seul survivant de son unité à Guadalcanal.

 

Si parfois il y a des passés qui ne passent pas, souvent les guerres ne finissent jamais, sauf pour ceux qui y sont morts, comme nous le rappelle John Gaines.

 

Nous ne pouvons que conseiller de lire tous les romans de R. J. Ellory, en lire un premier oblige à lire les cinq autres publiés en format de poche.

 

Dan29000

 

Les neuf cercles

R.J. Ellory

Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Fabrice Pointeau

Sonatine éditions

2014 / 450 p / 22 euros

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EXTRAIT :

 

Il avait de nouveau la gorge serrée, comme si une main s’était refermée autour. Il avait la nausée, la bouche pâteuse. Ses yeux étaient si desséchés qu’il n’arrivait pas à battre des paupières.

 

Doux Jésus, que foutait cette fille ici ? Et cette vision fit ressurgir le souvenir d’un autre enfant… L’enfant qui n’avait jamais existé…
 Il entendit Hagen parler dans sa radio. Des renforts arriveraient – Jim Hughes et ses deux fils aînés, le frère de Hagen –, et des photos seraient prises. Gaines examinerait la zone à la recherche du moindre signe de violence, puis ils creuseraient la vase noire et en extirperaient la jeune fille. Et alors, seulement alors, ils comprendraient le sort qui lui avait été réservé, le sort qui lui avait valu de finir enterrée au bord d’une rivière avant même que sa vie ait vraiment commencé.

 

 

 

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