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Pourquoi la ferme des 1000 vaches n'a pas sa place

Publié le par dan29000

Pour une consommation saine, la ferme des 1000 vaches n’a pas sa place

 

 

La modernisation de l’agriculture a été un véritable enjeu qui a permis d’améliorer les conditions de travail des paysans. Cette modernisation mal contrôlée conduit aussi à l’industrialisation et à l’agrobusiness de l’agriculture.

Les normes sanitaires qui sont imposées au monde agricole éloignent de plus en plus la production de matières premières de la transformation de ces matières. Les politiques agricoles, cherchent à agrandir les exploitations agricoles au détriment de la petite agriculture pourvoyeuse de savoir-faire, de main d’œuvre et d’aménagement du territoire.

La « réalité » économique, à travers en particulier le dernier avatar qu’est la loi d’avenir agricole votée en septembre 2014 va supprimer les quotas laitiers, ce qui entraînera une explosion de la production qui passera par des industries fermières géantes.

Dans la Somme, « la ferme des 1000 vaches » produira à terme 9 millions de litres de lait par an vendus à 250 euros la tonne. Un éleveur commence à s’en sortir à partir de 350 euros la tonne, et sans faire de folies. Ce lait sera racheté par la société Agrial qui fabrique et commercialise des yaourts et fromages frais à la marque de distributeurs sur le marché français.

Pendant ce temps la société Senoble qui s’était dans un premier temps engagée à racheter ce lait, vient de céder sa participation à la société Agrial pour se concentrer au marché haut de gamme. Il y aura donc un marché des produits lactés à base de produits sains à un tarif assez élevé et pour le français avec moins de ressources il y aura un marché des produits lactés à bas coûts.

L’impact social sera très important dans une perspective de développement de ce type d’industrie agricole. Aujourd’hui une ferme sur deux n’a pas plus de 50 vaches laitières sur son exploitation. Si le modèle des « 1000 vaches » devait se développer, le nombre d’exploitations laitières passerait de 60 000 à 2 500 en France à un horizon très rapide. Ce serait une catastrophe sociale, environnementale et économique.

La santé animale ne sera bien sûr pas prise en compte puisque ces vaches seront parquées et n’auront pas le droit de voir les prés. Leur vie dans cette industrie de production laitière est établie sur 4 ans… temps accordé à une vache pour être rentable. Toutefois cette ferme ne produira pas que du lait, et même le lait ne sera qu’un sous-produit de cette unité industrielle, puisque le premier rapport se fera sur l’énergie produite. Le méthaniseur le plus puissant du secteur agricole sera en passe de produire 1,3 mégawatt et recyclera les résidus d’herbes, de céréales, de lisier et de fumier, qui une fois transformés en électricité sera rachetés par EDF.

Les résidus d’azote satureront très rapidement les nappes phréatiques et nuiront à la qualité de vie des habitations environnantes. Il y a enfin de forts risques d’épizootie du fait de la concentration animale dans de tels lieux.

Pour la commission Développement Écologique et Social de l’UFAL ce type de choix économique ne répond en rien à ce que l’avenir de notre alimentation et de notre environnement réclame. Nous sommes dans ce cas solidaires de la lutte que mène la confédération paysanne contre ce projet. Nous nous prononçons pour une agriculture paysanne, écologique et pourvoyeuse d’emplois.

 

 

SOURCE / UFAL

Publié dans environnement

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