Chroniques d'un été meurtrier à Gaza, de Ziad Medoukh, chez Kaïros

Publié le par dan29000

Ziad Medoukh a de nombreuses, très nombreuses activités. Palestinien professeur de français, mais est aussi responsable du département de français de l'université Al-Aqsa de Gaza, écrivain ou encore poète ! Ayant obtenu un doctorat à l'université de Paris VIII, il est l'auteur de quatre recueils de poèmes sur Gaza et la Palestine et de nombreuses publications et recherches sur l'enseignement du français en Palestine. Particulièrement attaché aux droits de l'homme, aux principes démocratiques et à la Francophonie, il a gagné en 2014 le premier prix du Concours Europoésie pour son poème A la mère palestinienne, ainsi que le prix de la Francophonie pour ses œuvres. Il devait venir en France à cette occasion, mais malgré les efforts du Consulat français, il n'eut pas l'autorisation de sortir de la prison à ciel ouvert qu'est Gaza !

 

Ziad Medoukh nous l'avions, comme bien d'autres, découvert sur Facebook, lors de la dernière guerre d'Israël contre Gaza où il mettait en ligne chaque jour ses chroniques spontanées sur la situation. Ses mots inspirés et humains étaient alors partagés dans le monde entier selon le principe de FB. Cela dura et devint rapidement une belle et triste habitude quotidienne.

 

Bordure protectrice, opération militaire meurtrière de l'armée israélienne en 2014 eut une fin. Les bombardements continuels durant cinquante jours sont des crimes de guerre pour l'opinion internationale. Notre site s'en fit l'écho. Alors que la reconstruction tarde à débuter à cause du blocus de Gaza, il n'était pas inutile de rassembler l'ensemble de ces chroniques. Tout le monde ne lisant pas FB.

 

Et puis les posts sur FB passent, vite...

 

Un livre reste.

 

C'est pourquoi il faut lire Chroniques d'un été meurtrier à Gaza, car la voix de Ziad Medoukh est la voie de tous les Palestiniens, de toutes les Palestiniennes, de tous les enfants de Palestine, armés ou désarmés, militants ou non, vivants, blessés ou morts... Des chroniques qui ainsi rassemblées demeureront dans nos mémoires, pour les générations à venir, témoignages de la barbarie israélienne toujours recommencée au fil des décennies.

 

Du 6 juillet au 26 septembre 2014, les mots de ce poète furent des gestes de résistance et de solidarité pour nos amis Palestiniens qui luttent depuis si longtemps. Plus de 2000 morts, plus de dix mille blessés, des centaines de maisons détruites, triste comptabilité, mais l'on sent dans les phrases de Ziad Medoukh que le principal est intacte, la volonté de vivre, de résister des Palestiniens, toutes générations confondues.

 

Dan29000

 

Chroniques d'un été meurtrier à Gaza

Récit d'un génocide répété

Ziad Medoukh

Éditions Kaïros / Témoignage

Diffusion régionale du livre

2014 / 94 p / 12 euros

 

 

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POEME DE ZIAD MEDOUKH:

Je suis palestinien, et j’ai un rêve

(extrait)

 

Merci au blog de Chérif Abdedaïm

 

Je suis la dignité d’un peuple colonisé, opprimé, spolié, assassiné en silence, et j’ai un rêve

Je suis la terre volée, déchirée, vampirisée, et j’ai un rêve

Je suis la voix de la résistance et de la clairvoyance, et j’ai un rêve

Je suis la mémoire et les paroles vives de la Palestine, et j’ai un rêve

Je suis les droits inaliénables d’un peuple occupé, et j’ai un rêve

J’habite un peuple digne et débout, et j’ai un rêve

Je suis l’amour de la terre et la lutte pour la survie, et j’ai un rêve

Je suis le pouvoir des mots qui dépasse l’impossibilité d’agir, et j’ai un rêve

Je suis un palestinien qui sait braver son destin et j’ai un rêve

Je suis un palestinien qui hait la haine et j’ai un rêve

Je suis la douleur endurée dans la constance de l’espoir, et j’ai un rêve

Je suis la persévérance d’une population

Qui vit  un insoutenable pérenne et j’ai un rêve

Je suis la ténacité  d’un peuple phare,

Un peuple dont le monde libre se détourne et j’ai un rêve

Je suis la noblesse d’une cause de justice, et j’ai un rêve

Je suis le citoyen qui a subi toute une  histoire lourde et noire, et j’ai un rêve.

Je suis la justice qui ne pourra être étouffée indéfiniment, et j’ai un rêve.

Je suis l’humanité préservée dans l’adversité et le combat, et j’ai un rêve.

Avec force, énergie, foi, et grandeur d’âme, j’annonce  ce rêve.

Avec beauté, fierté et espérance, j’exprime ce rêve.

D’une parole brillante et respectueuse, je révèle ce rêve.

De ma terre tolérante de patience et de fraternité, je dis ce rêve.

Sur la colline des oliviers, je clame  ce rêve.

Sur les feuilles du printemps, avec le sang qui rougit nos visages, j’écris ce rêve.


 

 

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