Soutenir la presse de résistance : Le Ravi

Publié le par dan29000

Ce mois-ci dans le Ravi

La démocratie touche le Front

L’enquête
le 10/11/2014
 
 

Enquête sur le système FN, le pseudo parti « anti-système » à l’épreuve du pouvoir municipal en Provence-Alpes-Côte d’Azur... Où l’on se rend compte que l’extrême droite, aux fondamentaux idéologiques inchangés, reproduit les pratiques qu’elle prétend combattre.

 

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Samedi 22 octobre, Marion Maréchal-Le Pen, députée d’extrême droite et patronne du Front national dans le Vaucluse, fait sa rentrée politique au Pontet, la municipalité gérée par le FN dans le département. Les médias locaux et nationaux sont nombreux à avoir été conviés à la conférence de presse. Mais lorsqu’il se présente à l’entrée, notre journaliste, Clément Chassot, découvre que son nom est signalé comme indésirable sur une liste noire. Et des « gorilles » du service d’ordre le reconduisent fermement, mais sans heurts, à l’extérieur.

L’incident s’inscrit dans une série. Le 8 octobre, Stéphane Ravier, le sénateur-maire du 7ème secteur de Marseille a préféré suspendre un conseil d’arrondissement plutôt que de laisser Etienne Bastide, journaliste à Radio Galère, exercer son métier en enregistrant la séance publique. Le mois précédent, le 6 septembre à Fréjus dans le Var, Marine Turchi, journaliste de Mediapart a été elle aussi éjectée par le service d’ordre du Front national lors de l’université d’été du FNJ à laquelle assistait David Rachline, le sénateur-maire FN de la ville.

François Bonnet, directeur éditorial de Mediapart, Radio Galère et le mensuel le Ravi ont « rappelé solennellement qu’il n’appartient pas, dans notre République, aux formations politiques de trier les journalistes participant à leurs conférences de presse ou à leurs réunions publiques ». Quatre des clubs de la presse de la Région se sont officiellement associés à cette protestation, les témoignages de solidarité ont été nombreux… La volonté du FN de trier les bons des mauvais journalistes démontre la difficulté que l’extrême droite éprouve à dissimuler son vrai visage. Elle renforce aussi notre détermination, par un travail rigoureux d’enquête, à le dévoiler.

Michel Gairaud

Au sommaire de la grosse enquête « la démocratie touche le Front », dans le Ravi n°123, daté novembre 2014, actuellement chez les marchands de journaux en Provence Alpes Côte d’Azur.
Page 10 & 11 La banalité du mal
Page 11 Le cadeau de « Marine » Joissains
Page 12 le Ravi chez Ravier
Page 12 "Face au FN, dénoncer ne suffit plus" Tribune par Gérard Perrier
Page 13 En Vaucluse, le FN montre les dents

Censure

Edito
le 10/11/2014

Le Front national trie, depuis plusieurs mois, les journalistes en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Et pas n’importe lesquels ! Depuis septembre, dans le Var, les Bouches-du-Rhône puis dans le Vaucluse, trois rédactions ont été tour à tour censurées par le parti de Marine Le Pen  : Mediapart, radio Galère, le Ravi.(Lire aussi ici)

Ce n’est bien entendu pas un hasard si l’extrême droite cible en priorité un site dédié au journalisme d’investigation, une radio libre associative, et un mensuel « pas pareil ». En quête de respectabilité et déterminé à amplifier ses succès électoraux, le FN a un besoin vital d’exposition médiatique. Mais s’il s’accommode volontiers de la presse, ce n’est qu’à la condition que celle-ci le mette en lumière sans l’importuner.

Les journalistes sont-ils responsables de la montée du Front national ? Sans aucun doute oui lorsqu’ils font seulement audience de la démagogie xénophobe de Marine Le Pen, tour à tour banalisée ou maladroitement diabolisée. Sans aucun doute non lorsqu’ils enquêtent sur le système FN, le pseudo parti « antisystème », qu’ils analysent ses fondamentaux idéologiques, qu’ils décrivent ses agissements dans l’exercice du pouvoir municipal, qu’ils décryptent les mécanismes favorisant la progression de l’extrême droite...

Etre « blacklisté » par le FN renforce notre détermination d’informer sur sa nature et ses pratiques.

le Ravi

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