Légion d'honneur, non merci : Berlioz, Monet, Curie, Sartre, Camus, Brassens, Ferré, Prévert, Ravel, Courbet et Piketty !

Publié le par dan29000

Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en
1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté
entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me
fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »

Pierre et Marie Curie ont été plus sobres dans leur manière de
repousser la prestigieuse distinction : « En sciences, nous devons
nous intéresser aux choses, non aux personnes », justifiait Marie
Curie. « Je n'en vois pas la nécessité », avait pour sa part commenté
Pierre Curie. Le couple n'a toutefois pas échappé à l'hommage
post-mortem, puisqu'il repose dans le sanctuaire du Panthéon.

La romancière George Sand a usé d'humour pour refuser l'insigne au
ministre qui le lui proposait : « Ne faites pas cela cher ami, je ne
veux pas avoir l'air d'une vieille cantinière ! »

Les écrivains et philosophes Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre,
ci-dessus sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, en 1960, ont aussi dit non à la Légion d'honneur. En 1945, Jean-Paul Sartre argue de la liberté : « L'écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas. » Il refusera également le prix Nobel de littérature en 1964.

L'écrivain et dramaturge Marcel Aymé a adopté une posture plus
directe. A ceux qui la lui proposaient, il répondit en 1949, dans un
article, qu'ils pouvaient « se la carrer dans le train »

L'acteur Bourvil, ici avec Annie Cordy en 1966 à Paris, avait refusé
par modestie cette distinction que le général de Gaulle se proposait
pourtant de lui remettre en personne

« Ce petit hochet à la boutonnière/Vous le condamne à de bonnes
manières/Car ça la fout mal avec la rosette/De tâter, flatter, des
filles les appas… ». Le chanteur-compositeur Georges Brassens, ici en 1972, a consacré une satire à la Légion d'honneur, dans laquelle il
dénonce « le fatal insigne qui ne pardonne pas ».

Léo Ferré, ici lors de la première de son tour de chant au Théâtre
Dejazet, à Paris, le 25 avril 1988, a chanté et décrit la Légion
d'honneur dans Il n'y a plus rien : « Ce ruban malheureux et rouge
comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage. »

Le comédien et humoriste Coluche avait prévenu : « Si on voulait me
donner la Légion d'honneur, j'irais la chercher en slip pour qu'ils ne
sachent pas où la mettre. »

Philippe Séguin, ministre puis président de la Cour des comptes, ici
devant une photo du général de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises, avait refusé la Légion d'honneur, car son père, Robert Séguin, mort au combat en 1944, ne l'avait pas reçue

C'est pour dénoncer l'« indifférence » qui touche la santé au travail
et l'impunité des « crimes industriels » que la spécialiste des
cancers professionnels Annie Thébaud-Mony a refusé la Légion d'honneur que lui avait décernée la ministre du logement Cécile Duflot à l'été 2012.

En 2013, l'auteur et dessinateur de bande dessinée Jacques Tardi
expliquait ainsi son refus : « Je ne suis pas intéressé, je ne demande
rien et je n'ai jamais rien demandé. On n'est pas forcément content
d'être reconnu par des gens qu'on n'estime pas. »


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http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/01/l-economiste-thomas-piketty-refuse-la-legion-d-honneur_4548309_3246.html#AdFHZlCvjwVMfFO0.99
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