Mascarade de dimanche : On peut pleurer de tout, mais pas avec n'importe qui !

Publié le par dan29000

Les citoyens sont invités à prendre le gratin en marche

 

La grande marche convoquée pour défendre les « valeurs républicaines » a subitement pris, vendredi soir, une toute autre tournure. Celle d’une très mauvaise blague faite aux « anars » de Charlie hebdo qui brocardaient tous les pouvoirs et tous les obscurantismes. L’atterrante controverse politicienne autour de la présence ou non du Front national, et la mainmise des partis politiques sur l’organisation de ce rassemblement avait déjà confisqué l’émotion et le sursaut citoyen qui s’étaient manifestés à travers le pays sitôt connu le raid meurtrier des frères Kouachi. Comme si cela ne suffisait pas, après le dénouement des deux prises d’otages de Damartin-en-Goële et Paris, plusieurs chefs de gouvernement européens et dirigeants de l’Union européenne se sont invités dans le cortège. Avant que François Hollande confirme qu’il en serait.

Marcheront donc autour de François Hollande et Manuel Valls, entre République et Nation, dimanche :

  • la chancelière allemande Angela Merkel,
  • le premier ministre britannique David Cameron,
  • le président du conseil italien Matteo Renzi,
  • le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy,
  • le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,
  • le président du Parlement européen, Martin Schulz,
  • le président du Conseil européen Donald Tusk,
  • le chef du gouvernement danois Helle Thorning-Schmidt,
  • le chef du gouvernement belge Charles Michel,
  • le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutt,
  • le président ukrainien Petro Porochenko...

L’Afrique sera représentée à cette Garden party par les présidents malien Ibrahim Boubacar Keïta et nigérien Mahamadou Issoufou, l’Amérique du Nord par le ministre américain de la Justice Eric Holder et le ministre canadien de la Sécurité publique Steven Blaney.
Plusieurs dirigeants d’institutions internationales (Organisation internationale de la Francophonie, Bureau international du Travail, Ligue arabe) ont également annoncé leur présence.
Cerise sur le gâteau, il y aura même le secrétaire général de... l’Otan Jens Stoltenberg. Sans doute pour mieux nous faire comprendre que « nous sommes en guerre », comme l’a martelé Manuel Valls.

Eux devant, le bon peuple derrière. Le gouvernement invite les citoyens à prendre le gratin en marche.

Avec un tel aréopage et ses mots d’ordre guerriers, l’unité nationale à laquelle nous appelait mercredi soir le président de la République ressemble furieusement à l’union sacrée qui précède les grands engagements martiaux. L’année Jaurès n’est plus qu’un souvenir.
« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » Le mot bien connu de Desproges trouve, avec cet épilogue de l’effroyable attentat qui a frappé Charlie hebdo, une nouvelle déclinaison. Il nous faut dire aujourd’hui qu’on peut pleurer, manifester son émotion, mais pas avec n’importe qui.

SOURCE / POLITIS

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