La vie rêvée des autres, un premier roman magique d'Agnès Bihl, Don Quichotte éditions

Publié le par dan29000

Avouons-le, nous sommes assez peu intéressés par les chanteuses qui passent au roman, ou par les acteurs qui nous proposent un livre sur leurs états d'âme ou encore par les sportifs qui tentent d'écrire ! Mais parfois il faut faire confiance aux éditeurs. Enfin pas tous ! Depuis leurs débuts les éditions Don Quichotte ont une politique éditoriale de qualité, ce qui nous décida à lire ce premier roman d'Agnès Bihl qui a déjà à son actif plusieurs albums et un recueil de nouvelles.

 

Au départ, il y a Mado, soixante-dix-sept ans.

Qui vit dans une maison de retraite. Le genre d'endroit qui s'appelait jadis, asile de vieux. Maintenant c'est plutôt, résidence pour personnes âgées. Mais les murs, l'ambiance, l'emploi du temps n'ont pas vraiment évolués. Le genre d'endroit où l'on reste, si on y est vraiment obligé ! Alors notre Mado aimerait bien aller voir ailleurs, ressentant que la vraie vie est ailleurs, même quand on est vieux. Déjà cela nous la rend sympathique !

 

Et quand on est vieux, souvent, on est entouré de vieux, si si. Dont Jacky et Ferdinand, chacun quatre-vingt ans au compteur ! Deux potes de longue date qui vont participer à cette grande évasion qui va permettre à Mado de changer de vie et au lecteur fasciné de comprendre qu'il existe parfois une autre vie après celle perdue à travailler. Ajoutons au tableau, les deux petites filles de Mado, Delphine et Magali, et Fatoumata, camerounaise qui est la seule à donner un peu de chaleur humaine à Mado.

 

Dès les premières pages, le lecteur comprend vite qu'Agnès Bihl a gagné son pari du premier roman. Un pari jamais facile, même lorsque l'auteur est déjà célèbre. Au fil des mots, des phrases, un style s'affirme, un humour délicieux nous caresse, une ambiance se crée autour des personnages. Car l'on ressent assez vite que ces personnages sont aimés par l'auteure, et donc le lecteur, lui aussi, va les aimer et s'y attacher.

 

Le kidnapping va avoir lieu. Une sorte de fuite vers ailleurs. Ailleurs se nommant l'île d'Yeu. On ne vous en dira pas plus. En exergue du roman, deux citations de deux auteurs indispensables, donnant bien la tonalité de ce roman :

Krishnamurti : "Ce n'est pas signe de bonne santé mentale que d'être bien adapté à une société profondément malade."

Pierre Desproges : "Je préfère le vin d'ici à l'eau de là."

 

Si des politiciens n'avaient pas déjà confisqué l'expression, on pourrait dire que ce premier roman, c'est l'humain d'abord ! L'humain, la vie malgré la vieillesse venue, l'humour, la mer, le partage, des personnages secondaires formidables,et un portrait de Madeleine qui va demeurer longtemps dans notre esprit, une fois le livre achevé.

 

La belle surprise de ce printemps.

Un premier roman magique qui nous donne envie de lire les nouvelles d'Agnès Bihl et de découvrir son univers musical, sans doute à l'image de ce conte magnifique.

Faites donc un tour chez votre libraire, en évitant Amazon, et lisez les premières pages... On vous offre déjà les deux premières lignes :

 

"Parait qu'il faut aimer son prochain comme soi-même... encore faut-il s'aimer. C'est bien ça le problème."

 

Dan29000

 

La vie rêvée des autres

Agnès Bihl

Éditions Don Quichotte

2015 / 264 p / 18,90 euros

 

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