La caravane du Tour de France : publicité, laideur, vulgarité soutenus par les institutions

Publié le par dan29000

Tour de France: le piége à con

 

 

Aujourd'hui c'est notre Tour...

 

Samedi 18 juillet, le Tour de France passe dans le village des Vignes, en Lozère. Une portion de la route des Gorges du Tarn a été élargie (3 km environ) pour pouvoir faire passer les cyclistes, pour la modique somme de 1 600 000 € ( 1 000 000 € pour le Conseil Général, 600 000 € pour le Conseil Régional). Ils doivent passer devant notre hôtel-restaurant. On nous a prévenu, ça va être impressionnant... Nous attendons.

 

A 11h00, la circulation est coupée,  et pour l'instant il faut bien le reconnaître, il n'y a personne. A 12h00, une gendarme est déposée sur notre parking pour vérifier que le public respecte bien les consignes de sécurité, mais du public, il n'y en a toujours pas. Chômage technique... Elle cuit doucement sous un soleil de plomb. Jusqu'à 14h00 c'est le calme plat. On vend quelques bières, sodas, cafés. Et puis, une petite foule commence à se former le long des routes, sur notre terrasse. Il paraît que la caravane du Tour est bientôt là. On est venu en famille pour voir ce fabuleux spectacle, ce grand rendez vous sportif. Pas mal de retraités, des parents, des enfants, des adolescents. Ils attendent tous le passage de la mythique caravane du Tour. Quelques motards commencent à débouler à toute vitesse. Un mélange de presse, de gendarmes et puis soudain, comme un éclair arrive une ribambelle de véhicule publicitaire: Vittel sont les premiers, en camion rouge vif. La foule se dresse et s'agglutine au bord du bitume. Sur les camions, de jeunes créatures souriantes et vulgaires se mettent à balancer des échantillons d'eau minérale. Comme une meute de chiens, le public se jette dessus. C'est le début de la curée. Les vieux, les enfants, les ados, les femmes, les hommes se jettent sur les cadeaux, Skoda avec des bobs vert fluos, Festina avec des casquettes, RAGT (semencier industriel) avec des sachets de graines, Haribo avec des sachets de bonbons, Skip avec de la lessive, Le Crédit Lyonnais avec des casquettes jaunes pétard, ERDF avec des portes clefs, Force Ouvrière... Tout le monde est là, les industriels, les syndicats, les cyclistes, le public, ensemble dans cette grande communion commerciale, vide de sens à en gerber.

 

Nous sommes pourtant dans une nature magnifique, avec la rivière sous nos fenêtres, les vautours, des mouflons dans les falaises, des paysans qui s'acharnent à produire des produits de qualité (charcuterie, fromages, légumes, vin) et que j'essaye d'aider à mon humble échelle en proposant leurs produits à la carte de notre restaurant. Et là sous nos yeux, avec le soutien financier de toutes nos institutions, défile toute la merde du monde industriel. C'est consternant, aberrant et affligeant. On a envie de dégoupiller une grenade. Au lieu de ça, je vide mon sac sur cette page. Ca n'enlève pas toute cette laideur, mais ça soulage...

 

SOURCE/ MEDIAPART

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