Quand la canicule sonne le glas du nucléaire

Publié le par dan29000

La canicule sonne le glas du nucléaire


 

Depuis des années, de puissantes campagnes publicitaires et les discours gouvernementaux tentent d’imposer l’idée que le nucléaire, ne dégageant pas de gaz à effet de serre, permettrait de lutter contre le réchauffement climatique.


 

Or, la canicule de cet été a montré une nouvelle fois que c’est en réalité le réchauffement climatique qui s’attaque au nucléaire et non l’inverse !

Comme ce fut déjà le cas pendant la canicule 2003, EDF a été obligée d’importer de l’électricité (non nucléaire) de chez nos voisins. Un comble pour le royaume de l’atome. En effet, la majorité des réacteurs nucléaires sont menacés de fonctionner à bas régime ou même d’être arrêtés car il devient impossible de les refroidir : l’eau des rivières est trop chaude ou en quantité insuffisante.

Par ailleurs, les rejets chimiques et radioactifs massifs des centrales nucléaires sont encore plus dangereux pour l’environnement et la santé publique lorsque les débits des rivières sont très faibles. Et la canicule entraîne une démultiplication des émissions de légionelles (qui sont mortelles par inhalation) par les tours de refroidissement des centrales nucléaires.

Qui plus est, EDF nous fait courir un danger nucléaire maximal en faisant fonctionner "à flux tendu" les 14 réacteurs situés en bord de mer. Justement, pour sauver le nucléaire de la disparition, des gens imaginent que des dizaines de réacteurs nucléaires pourraient être construits le long des côtes. Mais ce serait un échec sur plusieurs plans : en particulier, il serait pratiquement impossible d’acheminer l’électricité dans tout le pays. Cela nécessiterait des milliers de kilomètres de lignes THT (Très haute tension), défigurant le pays bien plus que les éoliennes. Il y aurait aussi d’énormes pertes en ligne et, on revient à la question climatique, une extrême fragilité en cas de tempêtes ou de cyclones qui, nous allons y venir, ne manqueront pas de surgir de plus en plus souvent.

On le voit, le nucléaire est de toute façon dans l’impasse. Il y a peu, la France se moquait de l’Italie qui, grâce à un référendum organisé après Tchernobyl, a décidé de se passer de nucléaire. Eh bien, c’est actuellement cette même Italie qui vend à la France l’électricité nécessaire pour éviter la pénurie.

Mais, c’est une évidence, les pays voisins ne pourront indéfiniment nous céder leur électricité. Et la défaillance du parc nucléaire est inévitable à brève échéance : même si les mesures nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique étaient prises immédiatement (ce qui est loin d’être le cas), on sait que le phénomène va encore s’aggraver pendant des décennies.

Aussi, deux constats s’imposent :

- le réchauffement climatique est un problème bien réel qui va s’aggraver de façon dramatique

- prétendre que le nucléaire constitue une solution, même partielle, est non seulement faux mais nous mène droit à la pénurie, à la catastrophe atomique… ou aux deux simultanément.

Cohérents dans l’irresponsabilité, les promoteurs du nucléaire comme "solution" au réchauffement climatique sont aussi ceux qui ont célébré le Viaduc de Millau et l’Airbus A380… les deux plus parfaits symboles des émissions de gaz à effet de serre. En effet, les transports en sont les premiers responsables, avec 30% des émissions nationales et une croissance rapide de 1,7% par an en moyenne entre 1990 et 2002.

Le secteur résidentiel-tertiaire est une autre source importante d’émissions de gaz à effet de serre, qui a augmenté de 9% entre 1990 et 2002. Le pire est que cela va s’aggraver irrémédiablement avec l’essor… des climatiseurs qui, pour tenter d’apporter un peu de fraîcheur, démultiplient la consommation d’énergie… tout en dégageant des gaz à effet de serre 1300 fois plus dangereux que le CO2.

Alors, la planète est-elle condamnée ? Non : il se trouve que les solutions que nous proposons pour sortir du nucléaire sont, justement, les seules qui permettront de lutter réellement contre le réchauffement climatique.

En particulier, il faut d’urgence lancer un grand plan de rénovation de tous les bâtiments et ne plus construire que des bâtiments dit "passifs" : extrêmement bien isolés, équipés de panneaux solaires et de pompes à chaleur (qui récupèrent les calories dans le sol), ils n’ont pas besoin d’être raccordés au réseau électrique.

De façon générale, les pays riches doivent réduire fortement leur consommation énergétique et, dans le même temps, financer le développement des énergies renouvelables partout sur la planète.

Stéphane Lhomme,

porte-parole du Réseau “Sortir du nucléaire”

 

SOURCE / SORTIR DU NUCLEAIRE (2006)

Publié dans environnement

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