Communiqué de la Ferme des Bouillons

Publié le par dan29000

Pour mettre un terme aux provocations des pouvoirs publics,
les Bouillons quittent de leur plein gré leur campement temporaire

Mercredi 19 août, le collectif à l'origine du sauvetage de la ferme des Bouillons était évacué par les forces de l'ordre, sans que son projet de reprise du site n'ait été étudié par les autorités compétentes.


Fidèles à nos principes de non-violence, cohérents dans notre recherche d'une solution qui soit responsable, et afin de couper court aux provocations des pouvoirs publics et à celles des nouveaux propriétaires du site, nous levons aujourd'hui volontairement le camp du terrain communal sur lequel nous étions temporairement installés.

Lors de notre installation faisant suite à l'expulsion, nous revendiquions deux objectifs au maintien de notre présence sur place :
- terminer le travail d'évacuation de notre matériel, notamment agricole, resté sur la ferme,
- disposer d'un lieu de rassemblement pour pouvoir informer nos adhérents et sympathisants sur les évolutions de la situation et mener les nécessaires débats sur les suites à donner à nos actions, dont en premier lieu nos recours contre la Safer.
Ces objectifs ont été communiqués à Mme la maire de Mont-Saint-Aignan et à M. le préfet de Seine-Maritime lors de nos rencontres, et le premier d'entre eux au moins a été reconnu comme parfaitement légitime. Notre demande de protection policière pour mettre un terme aux provocations des nouveaux occupants de la ferme et de leurs vigiles sont cependant restées lettre morte.

La préfecture et l'huissière n'ont pas tenu leurs engagements quant à notre matériel : depuis le 19 août, nous n'avons eu que deux plages horaires sur lesquelles récupérer des affaires, avec un nombre de participants restreint. Reste notamment à récupérer notre serre agricole, une éolienne, ainsi que les structures d'encadrement de nos buttes de permaculture, et le bar de notre salle d'accueil - ces deux derniers éléments ayant été construits avec l'aide de bénévoles lors de chantiers participatifs.

L'arrêté d'expulsion - avec astreinte journalière de 1 000 € - qui a été rendu ce matin au profit de Mme la maire de Mont-Saint-Aignan témoigne d'un véritable acharnement des pouvoirs publics contre notre mouvement, que nous dénonçons avec force. Loin de répondre à nos demandes réitérées de faire la lumière sur les dysfonctionnements de la Safer dans la vente de la ferme des Bouillons, le pouvoir s'emploie à fragiliser et tenter de faire taire notre mouvement.
Le but de nos actions n'étant pas de nous affronter aux forces de l'ordre - dont nous avons pu à plusieurs reprises ces derniers jours mesurer l'embarras au moment d'exécuter des ordres injustes - ni d'entrer dans un cercle vicieux d'occupations/expulsions, nous quittons volontairement le champ commun sur lequel nous sommes installés. En accord avec l'Association pour la Protection du Site Naturel de Repainville, notre Assemblée Générale journalière se tiendra aujourd'hui dans la maison du jardin de Repainville.

Nous sommes désormais un collectif citoyen sans terres à cultiver et à animer.
Nous dénonçons l'acharnement de la puissance publique à l'encontre de notre mouvement malgré notre attitude pacifique et constructive,
Nous maintenons nos exigences quant à la récupération de notre matériel,
Nous alertons le président de la Métropole Rouen Normandie, la maire de Mont-Saint-Aignan et les maires des communes de la métropole sur notre condition de collectif sans terres, et les appelons à se mobiliser pour nous proposer des solutions de court terme, ainsi que des solutions de long terme - celles-ci devant réunir les conditions minimales nécessaires à la poursuite de nos activités et projets.
Nous nous emploierons, avec nos partenaires de Terre de Liens, de la Confédération paysanne et du Conseil Régional, à obtenir que toute la lumière soit faite sur le traitement réservé par la profession agricole et la puissance publique à notre action et à notre projet.

 

Association de Protection de la Ferme des Bouillons

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