Un jeune Afghan handicapé expulsé

Publié le par dan29000

 

 

 

 

Mustafa Husseini a été expulsé aujourd’hui vers l’Afghanistan, sans attendre l’audience du tribunal administratif de Lille qui devait statuer mercredi sur son dernier recours.

 

Orphelin à l’âge de 4 ans, placé dans un orphelinat en Iran, à Téhéran, il ne connaît pas ce pays où on l’expulse, il n’y a pas de famille, il ne peut y compter sur aucune solidarité qui permet de survivre dans ce pays qui a connu plus de trente ans de guerre. Il va grossir les rangs de ces centaines d’expulsés qui vivent dans les rues de Kaboul faute de pouvoir trouver une place dans ce pays qui n’est plus le leur.

 

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/Afghanistan-des-deplaces-internes-confrontes-la-misere-4724

 

Mais Mustafa souffre aussi de troubles psychologiques importants, il est désorienté, confus, peut difficilement se faire comprendre. Il peinait à se débrouiller dans sa vie quotidienne en France, pays où il vit depuis plusieurs années, il n’a aucune des clés qui lui permettent de le faire dans une société inconnue. Il ne pourra survivre que si des gens le nourrissent, si ses troubles ne rebutent pas les personnes qui pourraient l’aider. Il risque de mourir de misère sur un trottoir de la capitale afghane.

Il est arrivé mineur en France, à l’âge de 15 ans. Il est laissé dans un hôtel jusqu’à sa majorité, sans suivi, sans soins, sans construction d’une démarche lui permettant d’obtenir un titre de séjour. Son état psychologique se dégrade, son errance le conduit deux fois en prison, puis à l’expulsion. Sa situation est un produit de la politique de non-accueil que les autorités mènent contre les réfugiés et les mineurs isolés étrangers. Les autorités françaises ne renvoient pas Mustafa dans son pays, elles exportent en Afghanistan le résultat de leurs turpitudes.

Soutenu, accompagné, soigné, comme tout mineur doit l’être lorsqu’il rencontre des difficultés, Mustafa aurait trouvé sa place dans la société française.

À l’heure où les décisions d’expulsion se multiplient, il est significatif de voir que ce sont les personnes les plus vulnérables socialement et psychologiquement qui en sont les premières victimes.

 

 

SOURCE/ PASSEURS D'HOSPITALITES

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