Alternatives : La coopérative intégrale

Publié le par dan29000

La coopérative intégrale, ou comment répondre aux besoins individuels et collectifs hors des règles du marché

 

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Mettre en réseau des alternatives locales, à l’impact limité, pour poser les bases d’un nouveau système économique, financier et solidaire, capable de répondre concrètement aux besoins individuels et collectifs à grande échelle. Tel est l’objectif de la Coopérative intégrale catalane qui se construit depuis six ans. Coopératives de productions agricoles ou industrielles, épiceries solidaires, centre de santé, réseau d’approvisionnement, structures de prêts et de financement… Entre 3000 et 4000 personnes sont déjà actives au sein de cette coopérative intégrale, qui doit permettre de vivre en dehors du système capitaliste et proposer une alternative à son hégémonie.

Les projets concrets d’alternatives sont souvent limités à une petite échelle. Depuis 2009, le pari de la Coopérative intégrale catalane est de chercher une alternative globale au système actuel. Si le projet est d’envergure, l’idée d’une coopérative intégrale est relativement simple : créer un vaste réseau d’initiatives, de projets concrets et d’entreprises solidaires qui reprendraient l’ensemble des éléments basiques d’une économie, à savoir la production, la consommation, le financement...

En articulant coopératives, monnaies sociales, auto-emploi et action collective, le but est de de mettre en place un ensemble de relations économiques et humaines qui permettraient de répondre à l’ensemble des besoins individuels et collectifs hors des règles du marché et hors du contrôle de l’État. Ainsi, l’idée de coopérative intégrale fait référence au souhait de rendre les alternatives applicables dans toutes les dimensions de la vie et, à long terme, de construire une alternative globale contre-hégémonique.

CIC : vidéo principale from Collectif Engrenages on Vimeo.

La Coopérative intégrale catalane se base sur des noyaux d’autogestion locaux, qui regroupent plusieurs projets autonomes. Ces derniers peuvent être actifs dans le secteur productif (agricoles, industrielles, postindustrielles) ou non productif (d’éducation libre ou de santé par exemple). Ils sont la base de la coopérative. La Coopérative intégrale elle-même n’a pas de cadre juridique. Elle constitue un socle de référence et de coordination, où se créent des outils collectifs (juridiques, informatiques, financiers...) qui serviront à tous les processus locaux.

Sous son aile se sont créées plusieurs coopératives-outils. Celles-ci donnent une couverture légale à toute une série d’activités et permettent en quelques sortes de « protéger l’autogestion » devant la loi. Par exemple, une de ces coopératives-outils cherche à acquérir des bâtiments (dons, achats à prix moindre que le marché, location...) afin d’en faire des projets sociaux ou pour lutter contre les expropriations bancaires. Une autre, CASX1, la coopérative d’autofinancement social en réseau, prête de l’argent sans intérêt.

La Centrale d’approvisionnement catalane, elle, impulse la production et la consommation de produits locaux en alimentant plusieurs petites épiceries et groupes d’achats communs. Tous ces outils permettent la créations d’activités, le développement de circuits courts, l’utilisation d’autres formes de paiement… En bref, ils permettent peu à peu les conditions de possibilités d’un système hors du système.

Entre 3000 et 4000 personnes sont actives, directement ou indirectement, au sein du réseau créé par la coopérative. Si elle est toujours en construction, la Coopérative intégrale catalane a énormément avancé en six ans. La centrale d’approvisionnement par exemple, en mettant en place des épiceries locales, a fortement stimulé l’utilisation de la monnaie sociale eco. L’ambition étant de couvrir l’ensemble des domaines de la vie humaine en vue d’une révolution intégrale, les projets sont nombreux et multidirectionnels.

À l’heure actuelle, plusieurs d ces projets sont stimulés par les besoins que la crise ne permet plus de satisfaire par voie traditionnelle. Des initiatives comme l’ouverture d’un premier centre de santé holistique autogéré à Barcelone ou comme le réseau d’hébergement coopératif répondent donc dès maintenant d’une part à des besoins concrets, d’autre part à la volonté de se mettre à changer concrètement les manières de faire, de se soigner, de manger, de se financer... de vivre.


« Poder sin poder, l’autogestion au quotidien »

La présentation de cette initiative est extraite du webdocumentaire « Poder sin poder (pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien ». Ce webdoc présente douze initiatives qui cherchent à mettre en place un agir radicalement démocratique, un fonctionnement horizontal ou encore qui se revendiquent de l’autogestion, en Espagne, en Argentine et au Venezuela. Réalisé par deux Belges, Johan Verhoeven et Edith Wustefeld, le webdoc se base sur un voyage d’un an en Espagne et en Amérique latine entre 2012 et 2013, à la rencontre de plus d’une vingtaine d’initiatives autogérées. Les lieux présentés sont multiples : entreprises récupérées, coopératives, d’écoles, centres cultures, mouvements sociaux, villages… Mais tous ont en commun de fonctionner sans chefs et sans hiérarchie, en expérimentant d’autres manières de fonctionner ensemble.

L’idée du voyage est née en 2011, au moment des campements des indignés en Espagne. À la Puerta del Sol à Madrid, l’organisation horizontale des milliers de personnes qui participaient au mouvement du 15M achèvent de les convaincre. L’autogestion peut amener des réponses à certaines limites intrinsèques au système actuel. Les hommes et les femmes peuvent se réapproprier leurs vies, participer aux décisions qui les concernent, s’organiser ensemble pour s’attaquer aux problèmes qui les touchent.

Au même moment, ils entendent parler de Marinaleda, un petit village espagnol qui « résiste au capitalisme » (lire notre article). Le chemin est vite fait : s’il existe un lieu comme ça, il en existe certainement d’autres ! Sac au dos et caméra en main, ils partent à la découverte d’autres lieux autogérés afin de s’inspirer de leurs fonctionnements différents et montrer que de tels lieux existent et fonctionnent déjà.

Les facettes de l’autogestion présentées dans le webdocumentaire sont nombreuses. Il n’y a pas une recette, une réponse, mais beaucoup d’inspirations et de potentiel dans ces fonctionnements opposés au système hiérarchique omniprésent. Libre alors au visiteur de suivre le chemin qui l’intéresse dans ce documentaire transmedia organisé en cinq grands thèmes : culture, travail, résistance, éducation et autogestion.

A découvrir ici.

Photos : CC Cooperativa Integral Catalana

 

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SOURCE/ BASTAMAG.NET

 

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