Désinvestir dans les énergies fossiles

Publié le par dan29000

Contre le réchauffement climatique, désinvestissement dans les énergies fossiles !
 
 
19 août 2015
 
 

Selon l’ONU, les émissions de CO2 provenant des énergies fossiles ne devront pas excéder 1100 gigatonnes, si l’on entend ne pas dépasser un plafond de 1,5 à maximum 2° C de réchauffement climatique. Avec le niveau actuel de consommation de pétrole, de gaz naturel et de charbon, ce volume sera atteint déjà dans 25 à 30 ans. On ne parviendra de fait à maintenir les émissions au niveau requis qu’à une condition : à partir de maintenant, les réserves mondiales devront rester dans le sol à raison d’un tiers pour le pétrole, de la moitié pour le gaz et de plus de quatre-vingts pour cent pour le charbon.

Depuis la fin 2012, une campagne mondiale de désinvestissement appelle les étudiants à demander à leurs écoles et universités, ainsi qu’aux institutions religieuses, de désinvestir leur argent des 200 plus grandes entreprises de production d’énergies fossiles du monde. L’initiative s’est très vite étendue au-delà du cercle universitaire. Début 2015, plus de 200 universités, Eglises, fondations philanthropiques, collectivités publiques et même un fonds de pension l’avaient déjà ralliée. Un résultat spectaculaire.

Cette campagne inédite, lancée par l’organisation 350.org, repose sur un constat effrayant : les réserves prouvées de ces 200 entreprises fossiles totalisent un budget carbone au moins trois fois supérieur au budget que le monde doit respecter d’ici 2050 pour ne pas dépasser la frontière de 2° C de hausse de la température. Au-delà de cette limite, il est fort probable que la Terre cessera d’être hospitalière pour l’espèce humaine.

Quelles sont les principales entreprises coupables ?

Nous sommes tous complices, à différents niveaux et souvent par manque d’autres solutions, de la consommation des combustibles fossiles, et chacun d’entre nous devrait s’efforcer de la réduire ; mais les vrais coupables, ceux qui profitent du système, sont les entreprises de l’industrie des combustibles fossiles. Un pourcentage important des réserves mondiales de charbon, de pétrole et de gaz est dans les mains des 200 plus grandes entreprises du secteur. Accessoirement, ces entreprises sont également les principaux bailleurs de fonds des politiciens du monde ; ce sont elles qui rédigent les lois les concernant et empochent chaque année les milliards versés par des gouvernements complaisants.

De nombreuses autres entreprises contribuent au changement climatique de manière indirecte, comme les multinationales qui fabriquent le matériel de forage, posent les oléoducs et transportent le charbon ainsi que les compagnies de services publics qui achètent et revendent l’électricité d’origine fossile. Mais c’est pour le moment sur ces 200 entreprises que se concentrent les efforts.

• Les cinq géantes du charbon : Severstal JSC, Anglo American PLC, BHP Billiton, Shanxi Coking Co. Ltd., Exxaro Resources Ltd.

• Les majors du pétrole et du gaz : Lukoil Holdings, Exxon Mobil Corp., BP PLC, Gazprom OAO, Chevron Corp.

Mais pour l’heure, ce mouvement pour une sortie accélérée des énergies fossiles reste timide en Europe francophone alors que la 21e Conférence des parties sur le climat (COP21) aura lieu, fin 2015, à Paris. Et que la Suisse est une place financière de premier plan. Cette situation peut et doit changer.

Et la Suisse ?

En Suisse, en plus des grandes banques privées, certaines caisses de pension (Publica, etc.), des banques cantonales, la Banque nationale et les fonds SUVA et AVS ont des titres d’entreprises exploitant du pétrole, du gaz ou du charbon ou possédant de telles réserves. Lors du débat au parlement, certaines voix se sont élevées pour un contrôle plus strict des grandes banques par l’autorité de surveillance des marchés financiers FINMA pour ce qui concerne les investissements dans les énergies fossiles. Ces investissements font chauffer le climat et la planète.

La conférence de la COP21 à Paris en décembre va représenter un moment crucial de la mobilisation sociale pour le climat et pour un autre projet de société. Nous devons aussi regarder au-delà de cette date et continuer le combat contre le dérèglement climatique, pour la justice sociale et climatique. Ici, en Suisse, la meilleure manière est de faire nôtre cette campagne, déjà lancée par des associations comme Noé21, 350.org ou la Revue Durable.

 Juan Tortosa 

Pour obtenir plus d’informations sur cette campagne, vous pouvez consulter les sites respectifs de 350.org et, en Suisse, de la Revue Durable.


* Paru dans Solidarité (Suisse), n° 272 (19/08/2015) p. 5 : http://www.solidarites.ch/

Mis en ligne le 31 août 2015

 

SOURCE/  ESSF

Publié dans environnement

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