Les côtes bretonnes ne sont pas à vendre

Publié le par dan29000

Pourquoi c'est important

La Compagnie armoricaine de navigation (CAN), filiale du groupe Roullier, veut extraire dans la baie de Lannion huit millions de mètres cubes de sable coquilier (400 000 m3 par an sur une période de 20 ans) d’une dune sous-marine pour en faire des amendements et fertilisants agricoles. Pour cela, elle arme deux navires sabliers à élinde traînante, le « Côtes de Bretagne » et le « Côtes d’Armor », immatriculés à Paimpol, qu'elle exploite 24 heures sur 24 et 350 jours par an.

Or ce projet présente des risques importants pour l'environnement mais aussi pour le tourisme, le nautisme et les activités liées à la pêche. Le site convoité se trouve être une zone d'habitat privilégié des lançons dont se nourrissent de nombreuses espèces d'oiseaux marins se trouvant ainsi menacées par le projet. Modifier l'habitat des lançons, à la base de l'alimentation de nombreux prédateurs, en prélevant du sable et en rejetant des eaux turbides est dangereux à plusieurs titres. Des espèces de poissons, comme le
lieu jaune et le bar mais aussi des poissons plats tels la barbue et le turbot, pourraient également subir les conséquences de l'extraction de ce sable coquillier.

« Le Peuple des dunes du Trégor », fédère une cinquantaine d’organisations opposées au projet. Chaque organisation possède son propre objet : défense de l'environnement, développement du tourisme et des sports nautiques,
comités des pêcheurs professionnels ou de plaisanciers... mais tous ont intérêt à ce que le patrimoine maritime du Trégor soit préservé.
Il rappelle notamment que le site visé se trouve entre deux zones Natura 2000 (dont celle de la réserve des sept îles, sanctuaire d'oiseaux marins). Ce projet a reçu un avis défavorable de tous les élus de municipalités riveraines du site envisagé, quel que soit par ailleurs leur engagement politique, ainsi qu'un avis défavorable de la Communauté d'Agglomération Lannion/Trégor. Élus et associations souhaitent tous que toute la baie de Lannion soit classée Natura 2000.

Par ailleurs, les dunes sous-marines ont une très grande importance pour contrer l’effet de la houle, et si la hauteur de la dune est abaissée, les vagues frapperont plus gravement notre littoral. Or les tempêtes de ces dernières années ont déjà causé des dégâts considérables en baie de Lannion : habitations détruites, falaises écroulées, port envahi par les galets… si l’autorisation d’exploiter la dune sous-marine est accordée, les effets des futures tempêtes pourraient être plus dramatiques.

Le 14 avril, M. Macron, a accordé l’extraction de sable coquillier en baie de Lannion conditionnée à une autorisation annuelle. Cette décision est un déni de démocratie qui humilie les citoyens et les élus qui se sont exprimés très clairement contre ce projet notamment lors de la manifestation du 24 janvier à Lannion qui a rassemblé 7 000 personnes et les plus de 16 000 personnes qui ont signé la pétition du « Peuple des dunes » (voir leur site : http://peupledesdunesentregor.com/).

Nous appelons les Bretons, où qu'ils résident, à se solidariser avec les Trégorrois qui luttent contre les marchands de sable. Cette pétition est lancée par l'Union des Sociétés Bretonnes de l'Ile de France (USBIF). Elle a été adoptée par les participants à la rencontre de Plourac'h le 13 août 2015). Rappelons que la lutte contre les marchands de sable fut menée victorieusement, voici quelques années du côté d’Erdeven grâce à la mobilisation menée par le « Peuple des dunes ».

SOLIDARITÉ AUX TRÉGORROIS CONTRE LES MARCHANDS DE SABLE

LES CÔTES BRETONNES NE SONT PAS À VENDRE

Les Trégorrois sont vent debout contre les marchands de sable qui entendent s'approprier la dune de la baie de Lannion dans une vue spéculative.

La population concernée et les élus du secteur, toutes opinions confondues, ont dit non à une opération nuisible pour l'écologie, la pêche et la vie économique
du secteur.


Nous assurons de notre solidarité tous ceux qui sont engagés dans l'action pour faire prévaloir la démocratie sur la spéculation. Les Côtes bretonnes ne doivent pas être livrées aux plus offrants.

Avec eux, nous affirmons que la gestion du patrimoine doit être menée avec l'accord des citoyens et non au mépris de la démocratie. Nous souhaitons que les
autorités départementales, régionales et nationales entendent la voix des Trégorrois qui veulent que le respect de leur territoire prime sur la spéculation.


Nous disons fermement : les côtes bretonnes ne sont pas à vendre !

 

 

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