Appel pour une station de métro, Commune de Paris 1871

Publié le par dan29000

Plus de 150 personnalités de la culture, des médias, du syndicalisme réclament, dans la perspective des travaux du Grand Paris, qu'une future station de métro porte le nom de «Commune-de-Paris-1871»
 

Texte collectif.  Il est temps, plus que temps, que la Commune retrouve toute la place qui lui est due dans la mémoire parisienne et nationale. Certes, des lieux de mémoire en rappellent le souvenir : mur des Fédérés, rares noms de rues, plaques… Il reste que la Commune de Paris n’a toujours pas la visibilité forte dans l’espace public que nous souhaitons. On ne saurait ici résumer tout ce que la Commune a apporté à la République, dont elle fut le premier défenseur en 1871. Les communardes et les communards étaient profondément attachés aux valeurs républicaines, et ils surent inventer des mesures démocratiques et sociales qui sont encore d’une brûlante actualité, de la séparation de l’Église et de l’État à l’école laïque, gratuite et obligatoire, de l’égalité des salaires des femmes et des hommes à la citoyenneté des étrangers, du droit du travail au droit au travail. Le peuple s’est alors exprimé dans le cadre d’une démocratie inédite où les citoyens ne sauraient abdiquer leur souveraineté dans les mains de qui que ce soit. Ces ardents défenseurs du droit et de la justice furent victimes d’une répression terrifiante pendant la Semaine sanglante : des milliers et des milliers d’entre eux furent exécutés sommairement, sans procès, dans des abattoirs. Puis, des milliers furent condamnés, hors de tout vrai droit, à la prison, à la déportation, au bannissement, aux travaux forcés… L’amnistie de 1880, qui permettait aux exilés et déportés de revenir en métropole, ne signifiait pas une révision de leur procès. Aux yeux de la justice, ils demeuraient coupables. Et l’amnistie signifiait aussi l’amnésie. Une chape de plomb devait être mise sur la Commune de Paris de 1871. C’est cette chape de plomb qu’il faut aujourd’hui briser. Nous proposons donc que la Commune de Paris soit enfin présente dans un des lieux les plus symboliques et les plus partagés de la mémoire parisienne : le métro. Le métro, indissociable de Paris et de l’agglomération parisienne, est un lieu de culture dont l’histoire de la capitale est une contribution majeure. Qu’une station fasse référence à la Commune de 1871 est ainsi tout naturel et rétablirait un équilibre plus conforme à l’histoire. Qu’une station de métro prenne le nom de « Commune de Paris-1871 » à Paris paraît actuellement possible avec les projets de développement du réseau de la RATP dans les dix ans à venir, en particulier avec le prolongement de la ligne 14 vers le sud. Mais nous savons que cela ne se fera que si un puissant mouvement favorable à cette initiative se développe. C’est dans ce sens que nous signons cet appel. Quelle force cela donnerait à notre République, si imparfaite et si menacée, que l’annonce de l’ouverture d’une station « Commune de Paris-1871 » !

Les premiers signataires :

Dominique A, artiste, Christophe Alévêque, comédien Pierre Arditi, comédien Arianne  Ascaride, comédienne, Gérard Aschieri, syndicaliste, Etienne Balibar, philosophe, Elisabeth Badinter, philosophe, Françoise Bazire, militante associative, Dominique Blanc, comédienne, Gérald Bloncourt, artiste plasticien, Eliane Breyssol, syndicaliste ,Gilles Candar, historien, Christophe Charle, historien, Jean Pierre Coffe, critique et auteur, Robert Combas, artiste, plasticien, Didier Daeninck, auteur, Jacques Dau, comédien, Etienne Davodeau, auteur-dessinateur, Rosalie Dubois, artiste, Maryse Dumas, syndicaliste, Stéphane Foenkinos, réalisateur, Patrick Fridenson, historien, Gabriel Garran, réalisateur, Claude Gauvard, historienne, Aïnouche Ghilas, caricaturiste, Valentine Goby, auteure, Laure Godineau, historienne, Robert Guédiguian, réalisateur, Alain Guyard, auteur, Jolie Môme, compagnie théâtrale, Pierre Khalfa, militant associatif, Lola Laffont, auteure, Christian Laval, sociologue, Yvan Le Bolloch, comédien, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Laurent Léger, journaliste, Marc Lizano, auteur-dessinateur, Marie-José Malis, directrice de théâtre, Jean-Claude Mailly, syndicaliste, Malte Martin, artiste, Roger Martelli, historien, Philippe Martinez, syndicaliste, Gus Massiah, militant associatif, Albert Meslay, comédien, Jacques Monory, artiste plasticien, Gérard Mordillat, auteur, Nicolas Offenstadt, historien, Patrick Pelloux, médecin, Claude Pennetier, historien, Michelle Perrot, historienne, Michel Piccoli, comédien, Michel Pigenet, historien, Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien, Edwy Plenel, journaliste, Didier Porte, comédien, Michel Quint, auteur, Pascal Rabaté, auteur-dessinateur, Joël Ragonneau, militant associatif, Jack  Ralite, ancien ministre et sénateur, Serena Reinaldi, comédienne, Renaud, artiste, Claudine Rey, journaliste, Rudy Ricciotti, artiste plasticien, Michèle Riot-Sarcey, historienne, Jean-Louis Robert, historien, Utge Royo, artiste, Lydie Salvayre, auteur, Marianne Sergent, comédienne, Denis Sieffert, journaliste, Francesca Solleville, artiste , Anne Sylvestre, artiste, Danielle Tartakowsky, historienne, Pierre Tartakowsky, militant associatif, Bernard Thibault, syndicaliste, Carole Trébor, auteure, Marcel Trillat, réalisateur, Trinidad, comédienne, Michal Tubiana, avocat, Jean Vautrin, auteur, Cédric Villani, mathématicien, Jacques Villeglé, artiste plasticien, Arnaud Viviant, critique, Jean-Luc Wallet, journaliste, Claude Willard, historien

 

SOURCE / L'HUMA

 

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