La chambre blanche, de Martyn Waites

Publié le par dan29000

Si le roman de Martyn Waites débute en 1946 à Newcastle, lors du retour de guerre de Jack qui a connu le camp de Bergen Belsen, il se situe essentiellement durant les sixties où l'une des relations de Jack, Dan Smith, personnage qui a réellement existé, est un leader travailliste ayant conquis la mairie. Jack, employé dans un abattoir va bientôt se retrouver à travailler dans le bâtiment avec Ralph, l'entrepreneur.

 

Car il s'agit de reconstruire, d'en finir avec la pauvreté, d'édifier l'utopie socialiste, et donc de raser des vieux quartiers plus ou moins insalubres, d'ériger des tours. Une alliance entre politiciens et syndicalistes qui motive Jack, un Jack révolté par la misère qui sévit à Newcastle.

 

Il y a aussi Brian, petit truand qui a réduit un des fils de Ralph à l'état de légume après une bagarre. Il a fui, mais hélas va revenir. Il y a aussi Monica, qui a sept ans, qui vit avec son papa, lequel parfois l'emmène rencontrer un homme... Les temps sont durs à Newcastle ! Sans doute le plus beau et le plus fort personnage de ce thriller social. Monica va grandir, malgré les sévices, grandir et se transformer. La mystérieuse et angoissante chambre blanche, ce sera avec elle, une chambre avec un Christ... Là encore, Monica est inspirée de la réalité, elle se nommait alors Mary Bell.

 

Au-delà de la vie réaliste de ces personnages, Martyn Waites nous brosse un tableau terrible de l'histoire de Newcastle de 1946 à 1974, un tableau en forme de Desolation row, dirait Dylan, un tableau où l'utopie socialiste d'après-guerre a laissé la place à la corruption généralisée, où les nouveaux logements modernes n'évitent pas violence et prostitution sur fond de rock and roll, des Rolling Stones d'Aftermath à Jimi Hendrix en passant par le grand Éric Burdon et ses Animals.

 

Après son surprenant roman précédent Né sous les coups, Martyn Waites nous offre un thriller social du plus haut niveau, celui d'un David Peace dans G 84. Le tragique le plus dur qui est la ligne rouge de tout son roman, va néanmoins s'achever sur une superbe bouffée d'espoir. Les dernières pages sont aussi émouvantes que superbes décrivant une séance d'art-thérapie sur fond de Neil Young.

Du grand art !

Une personne totalement démolie qui démolit à son tour, peut, parfois, s'en sortir. Ce qui n'est sans doute pas le cas d'une ville ou d'un pays.

Martyn Waites confirme ici son grand talent, il prend place parmi les très grands du thriller britannique.

 

Dan29000

 

La chambre blanche

Martyn Waites

Traduit de l'anglais par Alexis Nolent

Éditions Rivages / thriller

2015 / 432 p / 22 euros

 

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« Brutal et hypnotique. » Ian Rankin

« L'une des étoiles les plus brillantes au firmament du roman policier britannique. » Michael Connelly

 

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