La petite barbare, Astrid Manfredi, chez Belfond

Publié le par dan29000

Nous poursuivons notre série d'articles sur des premiers romans.

La petite barbare, le premier roman d'Astrid Manfredi, publié chez Belfond, a eu les honneurs de cette rentrée littéraire 2015. Nombreux articles dans la presse, passage à La grande librairie sur France 5, la créatrice de l'excellent blog littéraire Laisse parler les filles, est une des étoiles de la rentrée.

 

Et c'est tant mieux, car La petite barbare est un roman comme nous les aimons, bref, sensible et dur à la fois, un roman qui n'est pas un long fleuve d'eau tiède. Un roman sur une jeune femme qui est en prison. Un roman sur une jeunesse passée dans un gang issu de la banlieue, des quartiers sensibles, comme disent ceux qui n'y habitent pas. Zones de relégation qui parfois produisent des barbares dont se délectent les chaînes d'infos en continu.

 

Dans ce roman, c'est la petite barbare enfermée qui parle.

 

Vingt ans, et à l'isolement. Juste un mur à regarder, le jour, la nuit, et durant les nuits, les insomnies. Alors les souvenirs remontent, quand elle avait six ans, huit ans. Les barbares ont eu aussi une enfance !

 

La petite barbare se raconte... Comment le gang donne de la force, comment il progresse, repère le fric, là où il est, comme sur les Champs-Élysées. Alcool et dope pour celle qui manque de repères sociaux et familiaux. Une vie borderline qui va déraper dans l'irréparable. Ultra violence, sexe, drogues, jouer avec la peur, se brûler pour exister, sortir des grisailles des tours des cités sans espoir, choisir la brillance de l'argent facile et la vitesse d'une vie No futur, comme le punk hier, ou le slam aujourd'hui.

 

D'ailleurs ce premier roman fait parfois penser à un long slam.

 

Comme d'autres, en prison, sont devenus romanciers, la petite barbare découvre les livres. En particulier Marguerite Duras. Les livres qui sont la vie. Même en prison, la poésie existe.

 

Au fil des jours, la sortie approchant, la petite barbare prépare avec le directeur de la prison, sa sortie. Même si elle sait bien que quelque chose en elle "s'est tiré sans espoir de retour."

 

"Il faut ne plus être libre pour comprendre ce que ça fait de ne plus être libre."

 

Un premier roman très près de l'os.

Un premier roman qu'il est impossible d'oublier, une fois le livre refermé.

Un premier roman à lire d'une traite, si possible.

Un premier roman qui fait parler une jeune femme, mais qui "parle" aussi sur notre société. Gang des barbares, ou jeunes terroristes issus des cités ghettos, ils ne sont pas là par hasard. Sous différentes formes, aussi horribles soient-elles, les barbares d'aujourd'hui et de demain, sont le produit d'une société mortifère dans un moment donné. Un premier roman marquant qui annonce une carrière littéraire.

 

Dan29000

 

La petite barbare

Astrid Manfredi

Éditions Belfond

2015 / 158 p / 15 euros

 

 

Le site de l'éditeur

 

Lire un extrait

 

laisseparlerlesfilles.com

 

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